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sur le VIH
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n°132 - mars/avril 07

 


Avancées thérapeutiques

 

Catherine Bailly


 








 

 

Les nouvelles stratégies antirétrovirales ont été évoquées en session plénière par Bernard Hirschel1. Les résultats de l’étude SMART ont montré l’infériorité des traitements intermittents sur les traitements continus, avec une absence de bénéfice significatif en termes d’événements graves et un rapport coût-efficacité plus élevé. Pour autant, les données de SMART laissent penser qu’un arrêt de durée limitée n’aurait pas de conséquence délétère en termes d’événements.

Deux essais récents (Windows et Trivacan) vont dans ce sens. La monothérapie par lopinavir/ritonavir (LPV/r, Kaletra) a été évaluée dans l’étude Monark en alternative à une trithérapie (LPV/r+ZDV/3TC) chez des patients séropositifs naïfs de tout traitement antirétroviral. Les résultats intermédiaires montrent une réponse virologique prolongée, avec cependant un plus faible pourcentage de patients obtenant une virémie suboptimale. D’autres résultats d’essais menés avec Kaletra suggèrent qu’il existe des différences d’efficacité selon que la monothérapie est débutée d’emblée ou après trithérapie. La monothérapie a des avantages en termes de coût et de tolérance ; "dans le futur, suggère Bernard Hirschel, elle pourrait constituer un traitement de seconde ligne dans les pays en voie de développement".

Nouvelles molécules

De nouvelles molécules sont en cours de développement avancé : il s’agit du maraviroc, un antagoniste du CCR5, et du ratelgravir, un inhibiteur d’intégrase. Tous deux ont été étudiés chez des patients en échec virologique en association avec un traitement antiviral optimisé. Ils font preuve d’une bonne tolérance. "Le plus intéressant semble être le ratelgravir" estime Bernard Hirschel, "le maraviroc nécessitant de tester le caractère R5 du virus". La rilpivirine (un NNRTI) est actuellement en phase II de développement ; elle présente une efficacité comparable à d’autres antirétroviraux et une bonne tolérance a priori.

L’ensemble de ces nouvelles molécules devrait aider à traiter, entre autres, les patients devenus résistants. La gestion de l’échec thérapeutique reste en effet cruciale. Car, comme l’a rappelé Christine Katlama, coprésidente de la conférence, "l’échec n’est pas une fatalité"2. Y compris au Sud : "à l’avenir, concluait-elle, il faut que nous impliquions davantage les pays du Sud dans la recherche clinique visant à évaluer des molécules nouvelles adaptées à ces pays".



1 - Hirschel B
"Nouvelles stratégies antirétrovirales",
10PL#42
2 - Katlama C,
"Echec thérapeutique",
10PL#43