TranscriptaseRevue critique
de l'actualité scientifique internationale
sur le VIH
et les virus des hépatites

   
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n°132 - mars/avril 07

 


Edito n° 132

 

Gilles Pialoux


 








 

 

Cette livraison de Transcriptases consacre un dossier à la 4e conférence Francophone VIH/sida, qui s’est déroulée à Paris du 29 au 31 mars. En prélude à la conférence, une journée interassociative (Aides, Sidaction, TRT 5) donnait le canevas de ce que furent 20 ans de lutte contre le sida, et soulignait "l’implication de la société civile dans les champs de la prévention, des soins et de la recherche". Axés Nord/Sud, les échanges donnaient aussi un aperçu de ce que sera indiscutablement la lutte contre le sida des années à venir. Ainsi, la présence médicale à cette journée, des plus maigres, présage-t-elle une évolution dans l’histoire des liens entre associations de personnes atteintes, soignants et chercheurs ?
L’un des objectifs affichés par les coprésidents, Jean-François Delfraissy et Christine Katlama, était bien de "permettre l’échange des données médicales, thérapeutiques, épidémiologiques, sociales sur la prise en charge du VIH/sida au Nord comme au Sud". Car, rappellent-ils, "rien n’est réglé, ni au Nord ni au Sud".
Sur ce point, la conférence est une totale réussite au vu de la participation des pays du Sud, notamment de l’Afrique subsaharienne. Mais cette première conférence francophone sise en Ile-de-France était également l’occasion de travailler sur la question des personnes atteintes venant du Sud et vivant en France, grâce, notamment, aux résultats de l’enquête ANRS/VESPA : là où l’échec immunologique concerne 10 à 13% des hommes et des femmes nés en France, cet échec concerne 27 à 37% des hommes et des femmes migrants.
Notre dossier revient aussi sur les discussions qui ont entouré à cette conférence la très problématique question des données qui confortent la circoncision comme outil de prévention de la transmission sexuelle du VIH dans le sens femme/homme. Sur ce point, on aura pu constater à la conférence de Paris que les réserves dans la promotion de la circoncision sont pour le moins éclatées.
Enfin, à la rubrique "à tout seigneur, tout honneur", on ne peut que rappeler le message de Jacques Chirac, encore à cette date président de la République, à l’occasion de cette 4e conférence francophone VIH/sida : "l’égalité des droits des personnes malades est une question de dignité humaine". Et de rappeler, plus prosaïquement, que 300 millions d’euros ont été alloués par la France au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ce qui fait de notre pays le deuxième contributeur à cet organisme. Sans compter l’initiative Unitaid, qui a permis d’engager 50 millions de dollars pour les antirétroviraux pédiatriques et 55 millions de dollars pour les antirétroviraux de seconde ligne dans les pays du Sud.