TranscriptaseRevue critique
de l'actualité scientifique internationale
sur le VIH
et les virus des hépatites

   
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n°131 - janvier/février 07

 


Edito n°131

 

Gilles Pialoux


 








 

 

Nous l’avons déjà écrit et re-écrit : l’épidémie VIH progresse avec des rémissions insuffisantes, de nouvelles contaminations qui s’accroissent, des pratiques à risque qui augmentent dans certains groupes de transmission en Europe comme aux Etats-Unis, sans compter les diagnostics tardifs, toujours aussi fréquents. Cet indiscutable constat impose depuis quelques années une réflexion quant aux outils de santé publique disponibles pour lutter contre la pandémie, au premier rang desquels figure bien sûr le dépistage, que certains voudraient à l’instar du test durant la grossesse, "systématiquement proposé".
Les dernières recommandations du CDC en matière de dépistage avec une simplification des procédures pour obtenir le consentement de la personne dépistée donnent l’occasion d’une revue de cette problématique récente (voir l'article de Stéphane Le Vu). C’est en effet un changement drastique qu’opère le développement de la méthode "opt out" basée sur la notion que le consentement du patient est implicite et que seule son opposition doit être exprimée. Une méthode opt out qui peut se traduire par "option de retrait", "consentement présumé" ou "tacite". En filigrane, un débat inévitable sur l’adaptation de cette méthode aux populations, aux régions et aux pays qui n’ont pas accès aux antirétroviraux. Mais c’est aussi poser la question du counseling pré-test dont le rapport coût-efficacité n’est toujours pas clairement établi.
Autre facette de l’actualité de la lutte contre l’épidémie de par le monde, la question des enjeux des législations spécifiques qui voient le jour au Mali, au Bénin, au Tchad et en Guinée. Nouveau cadre législatif qui donne l’occasion à Stéphanie Tchiombiano (Solthis, Niger) de dresser une analyse du contenu et des enjeux politiques de cette question. Des textes législatifs qui veulent définir les droits et les devoirs des personnes atteintes : obligation de l’annonce au conjoint et aux partenaires sexuels dans un délai de six semaines à compter de la date de l’annonce de statut sérologique, protection contre la discrimination et garantie de la confidentialité, mais aussi pénalisation de la transmission volontaire du VIH. Un dossier jamais refermé dans les colonnes de Transcriptases.