TranscriptaseRevue critique
de l'actualité scientifique internationale
sur le VIH
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n°130 - Décembre 06

 


Edito n° 130

 

Gilles Pialoux


 








 

 

Autant le préciser tout de go, Transcriptases s’efforce de respecter un minimum de parité. Tout au moins au sein de son comité de rédaction qui compte, à ce jour, 13 hommes et 12 femmes...
Il en va différemment du contenu éditorial de cette 130e livraison, consacrée pour l’essentiel aux femmes - transmission mère-enfant (dans le sillage du numéro spécial Toronto) et accès au traitement, et aux transsexuel(le)s. Il n’est pas là seulement question de faire genre autour de la "valeur différentielle des sexes" chère à Françoise Héritier, mais d’adapter notre analyse critique à la féminisation de l’épidémie mondiale du VIH. Et, au passage d’interroger sur le "mainstreaming* de genre" appliqué à la lutte contre le VIH/sida.
Les femmes représentent en effet 42% des personnes vivant avec le VIH dans le monde, 58% en Afrique subsaharienne et 38% en France (BEH du 28 novembre 2006). La question du genre semblait jusqu’ici se réduire quasi exclusivement - en dehors de la transmission mère-enfant - à celle de la "vulnérabilité des femmes", vulnérabilité sociale, économique, muqueuse, physique... vis-à-vis du VIH, tant en termes de risque de contamination que de répercussions bio-cliniques et sociales.

L’article de Ashley Ouvrier - qui n’est pas le fruit d’une cooptation endogamique au sein du comité de rédaction mais l’une des (trop) rares soumissions spontanées - éclaire du regard de l’anthropologue la question spécifique des femmes dans les filières de soins, dans les programmes d’accès aux antirétroviraux en Afrique, mais aussi au sein des essais cliniques. Sans oublier, ce qui constitue aussi l’actualité du moment, le versant féminin de l’accès au test de dépistage et de l’annonce de la séropositivité. Il est notable qu’en Afrique plusieurs programmes d’accès aux antirétroviraux** traitent d’avantage de femmes que d’hommes, sans que l’on connaisse tous les déterminants de ce renversement de hiérarchie constitutive du genre. S’agit-il, par exemple, d’un meilleur accès des femmes aux filières de soins, ou, à l’inverse, d’une vulnérabilité en miroir des hommes ?
De genre, il est aussi question avec la présentation de Nicolas Hacher sur le transsexualisme, où sont discutées les interactions entre traitements hormonaux et antirétroviraux - ce qui ne saurait, bien sûr, résumer la problématique du transsexuel(le) séropositif(ve) à laquelle Transcriptases ne saurait se limiter en 2007.

* ou "approche intégrée de l’égalité entre les hommes et les femmes" inscrite notamment dans le traité d’Amsterdam
** exemple dans une cohorte de 2600 patients suivis à l’hôpital de jour de Bobo dont 72% sont des femmes