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n°129 - Automne 06
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De façon récente, lOMS a intégré la surveillance virologique des patients traités par antirétroviraux dans ses recommandations dévaluation des programmes de mise à disposition des antirétroviraux dans les pays en développement. Le travail présenté en late breaker par Ramadhani et coll.1 montre lintérêt dinstaurer une telle surveillance sur lexemple dun centre clinique en Tanzanie. En Tanzanie, laccès aux antirétroviraux est gratuit depuis septembre 2004.
Le but de ce travail était dévaluer la prévalence et les facteurs de risque de léchec virologique et de la résistance après au moins 6 mois de traitement antirétroviral par une association de d4T, 3TC et névirapine. Létude a inclus 150 patients venant pour un suivi entre juin 2005 et août 2005. Le questionnaire standardisé a exploré les caractéristiques sociodémographiques, économiques, notamment le paiement ou non des antirétroviraux (avant septembre 2004), lobservance, les sentiments et connaissances sur linfection et ses traitements, le fait davoir révélé son statut à au moins une personne, et laccès aux soins.
Deux tiers des patients inclus étaient des femmes, lâge médian était de 41 ans, le nombre de CD4 médian à linstauration du traitement était de 113/mm3, la durée médiane du traitement de 12 mois, 16% des patients déclaraient une observance incomplète (< 100%). Au total, 32% des patients avaient une charge virale >= 400 copies/mL et 23% une charge virale >= 1000 copies/mL (n = 35). Lâge, le sexe, le niveau déducation, la distance entre le logement le centre clinique, la durée du traitement et le revenu nétaient pas associés de façon significative au fait davoir une charge virale détectable. Deux facteurs étaient en revanche significativement associés au fait davoir une charge virale détectable :
- le fait davoir dû payer soi-même les antirétroviraux était associé à un risque augmenté davoir une charge virale détectable (Odds ratio (OR) de 4,2 avec un intervalle de confiance à 95% (IC95%) : [1,7 ; 10,5]) ; ce facteur était aussi associé à une plus mauvaise observance ;
- le fait davoir révélé son statut sérologique à au moins une personne en dehors du centre de soins était associé à un risque plus faible de charge virale détectable (OR = 0,11, IC95% [0,02 ; 0,7]).
Sur les 35 patients avec une charge virale >= 1000 copies/mL, une séquence a pu être obtenue chez 27 dont 15 (56%) avait un virus porteur dau moins une mutation de résistance, le plus souvent au INNTI et dans quelques cas au INTI. Ainsi 10 (n = 15) à 20% (n = 35) des patients ont besoin dun traitement de seconde ligne après un an de traitement antirétroviral débuté par une trithérapie incluant de la névirapine.
Concernant le pourcentage de patients avec une charge virale < 400 copies/mL, à titre de comparaison, dans la base de données hospitalière française, chez les patients traités par antirétroviraux depuis au moins 6 mois, 72% présentent une charge virale < 500 copies/ml. Les résultats sont donc très comparables, compte tenu de la différence de seuil de charge virale. En effet, ainsi que la montrée une autre étude présentée en séance de discussion daffiches2 et publiée en août dans le JAMA3, lobservance observée dans les pays dAfrique subsaharienne (pourcentage dobservance : 76%, IC95% [62 ; 87]) est meilleure quen Amérique du Nord (pourcentage dobservance : 56%, IC95% [49 ; 63]).
Laccès payant aux antirétroviraux est associé dans cette étude à un plus grand risque davoir une charge virale détectable, ce qui apporte un élément explicatif aux résultats observés dans létude ART-LINC4 qui avait mis en évidence une association entre laccès payant au antirétroviraux et un sur-risque de mortalité au cours de la première année de traitement dans le cadre dune étude multi-cohortes dans les pays du Sud.
Enfin, au plan individuel, la mise en évidence de limportance de ne pas vivre sa séropositivité dans le secret pour bien suivre son traitement rappelle limpact du vécu de la séropositivité sur la prise en charge efficace de linfection, et incite à développer la prise en charge globale, incluant les aspects sociaux et médicaux, des patients infectés par le VIH au Sud comme au Nord.
1 - Ramadhani H.O. et al.,
"Predictors of virologic failure and HIV drug resistance among patients receiving fixed dose combination stavudine/lamivudine/nevirapine in northern Tanzania",
THLB0213
2 - Mills E. et al.,
"Adherence to antiretroviral therapy in Africa versus North America : a meta-regression analysis",
TUPDB03
3 - Mills E.J. et al.,
"Adherence to antiretroviral therapy in sub-Saharan Africa and North America : a meta-analysis",
JAMA, 2006, 296(6), 679-90
4 - Braitstein P. et al.,
Antiretroviral Therapy in Lower Income Countries (ART-LINC) Collaboration ; ART Cohort Collaboration (ART-CC) groups,
"Mortality of HIV-1-infected patients in the first year of antiretroviral therapy : comparison between
low-income and high-income countries",
Lancet, 2006, 367(9513), 817-24.
Erratum in : Lancet, 2006, 367(9526), 1902