TranscriptaseRevue critique
de l'actualité scientifique internationale
sur le VIH
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n°113 - décembre/janvier 04

 


COLLOQUE AFRICITE 3
Yaoundé / 2-6 décembre 2003

Développement local et services essentiels : les associations oubliées

 

Abdon Goudjo

Crips (Paris)

 








 

 

Organisé par le Partenariat pour le développement municipal, instance créée en 1991 pour promouvoir et accompagner les politiques de décentralisation en Afrique, le colloque Africités 3 s'est tenu à Yaoundé du 2 au 6 décembre 2003, avec pour thématique l'accès aux services essentiels comme moyen privilégié d'améliorer les conditions de vie et de lutter contre la pauvreté, les inégalités et les discriminations.
Faire de l'accès aux services essentiels le point de départ de l'articulation des politiques nationales et des politiques locales en matière d'offre de services, tel était l'objectif de cette rencontre. La thématique de l'accès aux services essentiels était donc déclinée en fonction des différentes problématiques de la décentralisation : transferts de compétences et de ressources, réorganisation des politiques sectorielles, partage des responsabilités, renforcement des économies locales, aménagement du territoire, et renforcement de la démocratie locale.
Dans ce cadre de référence, la santé - et plus spécifiquement la lutte contre le VIH/sida - a occupé une part importante des débats, à côté des questions portant sur l'assainissement, l'eau potable, l'éducation, les transports ou encore la sécurité...
Le constat est posé : malgré les positions de principe affichées par la plupart des gouvernements, la situation sanitaire de l'Afrique est alarmante. Les causes en sont multiples : persistance des endémies "classiques" comme le paludisme, progression du VIH/sida et de la tuberculose, mais aussi augmentation de la pression sur les équipements sanitaires du fait de la croissance démographique et de l'exode rural.
Les politiques nationales sectorielles mises en oeuvre directement par l'Etat, souvent sans prendre en compte réellement les collectivités décentralisées, ayant montré leurs limites, les participants se sont interrogés sur les nouvelles stratégies des collectivités locales, notamment en matière d'information et de prévention, mais aussi sur les politiques municipales et sur la participation des municipalités aux dépenses de santé des ménages et à l'aide sociale.
L'Etat, les collectivités locales, et les municipalités, sont certes des acteurs essentiels dont il est nécessaire de mieux coordonner les actions. Mais il existe un quatrième niveau d'action, tout particulièrement dans la lutte contre le VIH : l'action associative. On peut donc regretter que, malgré la volonté affichée d'ouvrir l'action des collectivités territoriales aux communautés, les associations africaines de lutte contre le sida n'aient pas été invitées à apporter leur contribution à ces travaux. Une occasion ratée de faire dialoguer autorités locales et acteurs de terrain. S'il est vrai que les associations, qui ont longtemps été seules à porter le combat de la lutte contre la pandémie et contre la stigmanisation des personnes affectées, ont souvent du mal à reconnaître quelque légitimité aux autorités locales dans cette lutte, il apparaît utile pour une action efficace, coordonnée et durable sur le terrain, qu'une concertation s'organise au niveau local. Il est de la responsabilité des élus locaux africains de faire cette démarche d'ouverture vers les associations.