TranscriptaseRevue critique
de l'actualité scientifique internationale
sur le VIH
et les virus des hépatites

   
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n°112 - novembre 03

 


Syndicats, entreprises et institutions : un tour d'horizon des initiatives

 

Agnès Durmort

Crips, Paris

 



(Extraits de la revue de presse hebdomadaire du Crips Ile-de-France)

République démocratique du Congo
Au terme de 4 jours de débats sous la double direction de M. Kabore, Coordonnateur de l'ITF (International Transport Workers' Federation) pour l'Afrique francophone et de M. Kukugedila, Coordinateur sous-régional pour l'Afrique Centrale, les syndicats encadrant les travailleurs dans le secteur du transport en Afrique centrale disposent désormais d'un ensemble de recommandations qui doivent leur servir de tableau de bord dans la lutte contre les injustices sociales et le VIH/Sida sur le lieu du travail.
(Le Phare, 21 avril.)

France
Treize entreprises françaises d'envergure internationale, Air France, Air Liquide, CFAO (groupe Pinault-Printemps-Redoute), La Compagnie fruitière, EDF, Merck Sharp & Dohme, Optorg, Pechiney, Somdiaa Vilgrain, Thales, Total et Vinci ont créé l'association SIDA-Entreprise. Avec, à sa tête, Alain Viry, PDG de CFAO, l'association constituera un cadre pour des actions coordonnées qui seront validées par un comité scientifique présidé par le Pr Willy Rozenbaum. Elle poursuivra ainsi les échanges d'expérience sur le sida, déjà initiés par le Conseil des investisseurs en Afrique (CIAN). Ses objectifs sont de contribuer à la production d'outils d'analyse économique et d'aide à la décision, d'encourager les regroupements des entreprises sur place ou d'autres formes d'actions innovatrices de partenariat public-privé. Elle entend fournir un relais fiable et efficace au service des bailleurs de fonds qui soutiennent les entreprises dans leur lutte contre le sida.
(Le Quotidien du Médecin, 3 juin.)

Burkina Faso
La Coordination nationale des organisations syndicales membres de l'ISP (Internationale des services publics) qui regroupe trois syndicats, la Fédération des concierges, gardiens et gens de maison du Burkina (FCGMB), le Syndicat national des travailleurs des industries polygraphiques du Burkina (SYNATIF-B) et le Syndicat autonome des infirmiers du Burkina (SAIB) a procédé au lancement de la campagne de sensibilisation sur la lutte contre le VIH à l'intention de ses militants. La cérémonie d'ouverture, qui a eu lieu le samedi 6 septembre 2003 à 9 h à la Bourse du travail de Ouagadougou, a été marquée par une conférence sur l'impact de la pandémie sur le monde du travail.
(L'Observateur paalga, 9 septembre.)

Guinée-Konakry
En vertu d'un accord signé le 17 septembre 2003 entre le Comité national de lutte contre le sida et la Chambre des mines de Guinée, les compagnies minières en activité dans ce pays s'engagent désormais à apporter au CNLS les moyens nécessaires pour la bataille contre le sida et les maladies opportunistes. Le programme, qui s'étale sur six mois, est constitué de six projets qui sont entre autres : la mise en place d'un comité de pilotage du programme, la prévention de la transmission mère-enfant, l'étude de l'impact économique et financier du sida au sein des sociétés membres de la Chambre des mines.
(La Lance, 28 septembre.)

Côte d'Ivoire
En 1992, la CIE (Compagnie ivoirienne d'électricité) lançait un programme de prévention auprès de ses employés. Constatant, en 1997, que l'impact sur la santé des employés, et par ricochet sur les résultats de l'entreprise, était insuffisant, le Dr Eholié et son équipe on mené une étude sur les causes de décès dans l'entreprise et démontré la rentabilité de la mise sous antirétroviraux des employés (voir Transcriptase Sud n°6). Mis en place en 2000, un comité comprenant des représentants des salariés et des syndicats gère une caisse de solidarité d'accès au traitement financée par les cotisations des salariés d'un montant d'environ 80 millions, qui peut bénéficier non seulement aux employés eux-mêmes mais aussi à leurs partenaires.
Médecins, infirmiers et travailleurs sociaux de l'entreprise sont formés à la prise en charge, afin de renforcer la garantie de confidentialité lors de l'accès aux soins au sein de l'établissement. Encouragées par cet exemple de prise en charge réussie, d'autres entreprises ivoiriennes, comme Unilever, la Sodeci, la Sotra ou le Port autonome mettent en place des initiatives similaires.
(Libération, 17 juillet, Fraternité matin, 4 octobre)

Burkina Faso
L'Office national des télécommunications (Onatel) et le Centre d'information, de conseil et de documentation sur le sida et la tuberculose (Cic-doc) ont scellé un partenariat à travers la signature d'un protocole d'accord le 9 octobre 2003.
L'Onatel mettra en circulation, une édition spéciale de cartes Nanan d'une valeur faciale de 5000 francs CFA à côté des autres cartes de même valeur. Chaque fois qu'un client va décider d'acheter la spéciale Cic-doc, il aura délibérément, volontairement, décidé qu'une collecte de fonds doit être faite pour lutter contre le sida et la tuberculose. Car pour une carte Cic-doc achetée, l'Onatel remettra 100 francs CFA à Cic-doc, pour des actions de sensibilisation, de dépistage et de prise en charge de malades. 120000 cartes téléphoniques nanan seront mises à la disposition du public.
(Sidwaya, 15 octobre.)

Afrique du Sud
Les grandes compagnies minières, dont 30% des salariés sont séropositifs, qui avaient annoncé la mise sous traitement de leurs employés, peinent à remplir leurs promesses. Seuls 50 à 60 employés de la De Beers (sur une estimation totale de 800 séropositifs) et 441 salariés d'AngloGold (soit 8% du nombre estimé de séropositifs) - toutes deux filiales de la multinationale Anglo American - sont sous trithérapie. Le principal obstacle invoqué est la réticence à se faire dépister par crainte de la stigmatisation.
Selon un récent sondage, 73% des entreprises sud-africaines interrogées n'offrent pas de couverture médicale à leurs employés séropositifs. "C'est plus facile pour les grosses entreprises, qui offrent déjà une couverture médicale à leurs employés, que pour les petites. Et les mentalités évoluent encore trop lentement", estime David Macaskill, directeur de la Disease Management Foundation qui conseille les entreprises dans ce domaine.
Aujourd'hui, les syndicats - qui font pression sur les pouvoirs publics - réclament aux entreprises des garanties en matière de traitement. Idem pour les investisseurs étrangers. La Bourse de Johannesburg prévoit de mettre en place un index pour calculer l'engagement dans la lutte contre le sida des sociétés cotées en bourse. (Libération, 24 octobre, Le Monde, 25 novembre.)
Site de la Disease Management Foundation : www.dmfmarketing.co.za

Angola
La Société financière internationale, bras armé de la Banque mondiale pour le financement de projets privés, a mis en place le programme "SFI contre le sida". Pour aider à l'émergence du secteur privé, elle prête à des clients qui travaillent dans des pays en développement. Or le remboursement de ses prêts dépend en grande partie de la bonne santé des entreprises qu'elle finance, qui peut être compromise faute de prise en compte du facteur maladie.
Le programme "SFI contre le sida" consiste donc à inclure une composante sida dans les prêts qu'elle accorde.
Le cas de la société Odebrecht est désigné par la SFI comme l'exemple à suivre. En 2003, la SFI a accordé un prêt de 280 millions de dollars à ce groupe brésilien de construction, dont un million a été réservé à la lutte contre le sida en Angola. Face aux risques liés à la progression de l'épidémie pour le personnel, un programme d'éducation, de prévention et de soins a été lancé, ciblant au total 30000 personnes.
(Le Monde, 26 novembre.)