TranscriptaseRevue critique
de l'actualité scientifique internationale
sur le VIH
et les virus des hépatites

   
Recherche dans les archives Transcriptases avec google.
Les archives contiennent les articles parus dans les N° 1 à 137.
Les articles des n° 138 et suivants sont publiés sur
www.vih.org


n°112 - novembre 03

 


Edito n° 112

 

Jean-Baptiste Guiard-Schmid


 








 

Dans la lutte contre le sida, l'urgence est telle qu'il faut faire face sur tous les fronts. Dans les pays du Sud, où le financement des dépenses de santé revient quasiment en intégralité aux malades eux-mêmes, les entreprises privées se rendent enfin à cette évidence qu'il faut prendre en charge les personnes vivant avec le VIH. Le mouvement amorcé par certaines compagnies comme Alucam au Cameroun ou la Compagnie ivoirienne d'électricité est maintenant largement relayé sur le continent africain.
Bien du temps aura cependant été perdu, en Afrique australe par exemple, pour que les compagnies privées identifient l'accès aux soins pour leurs employés infectés par le VIH comme une démarche économiquement profitable, éthiquement incontournable et tout simplement indispensable à la préservation de leur "capital humain".
C'est cette démonstration qui est reprise et détaillée dans ce nouveau numéro de TranscriptaseS, dont le dossier est consacré à l'accès aux soins dans le secteur privé. L'impact économique considérable de l'épidémie est rappelé par Florence Ribadeau Dumas et Mélanie Heard, au triple plan des Etats, des entreprises et des familles. Elles font le point sur les travaux disponibles, qui montrent que l'accès aux soins - et particulièrement aux médicaments antirétroviraux - est une option rationnelle et efficace en termes de coût pour les entreprises privées.
Mais l'accès aux soins dans la médecine d'entreprise se heurte cependant à bien des obstacles, détaillés ici par Henriette Meilo et Marie Mendene, à travers la riche expérience camerounaise. Elles abordent en particulier les thèmes fondamentaux du dépistage de l'infection à VIH et de la confidentialité de l'information et du respect des personnes atteintes.
Après des années d'hésitation, de nombreuses compagnies internationales implantées dans les pays en développement financent donc enfin des activités de lutte contre le sida, à travers des programmes de prévention et d'accès aux soins. Certaines ont même annoncé tout récemment leur intention de participer au financement du Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, créé en 2001 par Kofi Annan.
C'est dans un intérêt bien compris que ces compagnies s'engagent désormais, mais les professionnels de santé et les associations à base communautaire doivent tout particulièrement veiller à ce que les orientations prises par ces compagnies en matière de prévention et d'accès aux soins respectent les droits des personnes et ne soient pas exclusivement assujetties aux impératifs de rentabilité propres au monde néolibéral.