TranscriptaseRevue critique
de l'actualité scientifique internationale
sur le VIH
et les virus des hépatites

   
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Les archives contiennent les articles parus dans les N° 1 à 137.
Les articles des n° 138 et suivants sont publiés sur
www.vih.org


n°110 - septembre 2003

 


Les armées africaines face à l'épidémie VIH

 

 


 








 

 

Afrique australe
Intervenant lors de la première conférence militaire africaine sur la pandémie, un général de l'armée botswanaise a estimé que les forts taux d'infection par le virus du sida en Afrique pourraient mener à des guerres inter-Etats. "Si les forces de sécurité s'affaiblissent du fait de la maladie, les constitutions des pays pourraient facilement être remises en question. Les structures politiques qui garantissent la démocratie pourraient être menacées", a notamment estimé le général Oitsile. Durant quatre jours la conférence a traité des moyens à mettre en œuvre
pour améliorer la recherche sur le virus du sida, responsable chaque année de jusqu'à 60% des décès parmi les personnels militaires des 14 pays composant la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC).
AFP

Démobilisation
Le site du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) propose, depuis décembre 2002, un texte intitulé "Le VIH/sida : une menace pour la stabilité et la sécurité des pays". Parmi les facteurs identifiés comme déstabilisants, la forte prévalence du VIH dans les forces armées africaines (jusqu'à 75% au Kenya), y compris dans les contingents africains de maintien de la paix (d'origine nigériane ou sud-africaine le plus souvent). L'accent est mis sur l'attitude des soldats séropositifs, qui n'ont aucun intérêt à accepter cessez-le-feu et démobilisation, sachant qu'ils ne pourront payer soins et médicaments une fois retournés à la vie civile.
www.undp.org

"Facteurs de vulnérabilité"
Le médecin-colonel Cheikh Diagne, directeur de la santé des armées sénégalaises, a présenté en juillet le plan stratégique (2002-2006) de lutte contre les IST/sida, ayant pour objectif de "maintenir la prévalence au-dessous de 3 % d'ici à la fin de l'année 2006 aux niveaux militaire, paramilitaire et en milieu carcéral".
Extraits : "Grâce aux actions de sensibilisation et aux campagnes d'information, d'éducation et de communication qui ont permis des dépistages volontaires, les militaires devraient bientôt parvenir à une maîtrise plus globale de la situation. Le changement de comportement recherché s'obtiendra certainement avec une dotation suffisante de préservatifs et le regard systématique des relais (gradés de contact à qui il a été assigné de surveiller les camarades). L'armée doit également conjurer ses "facteurs de vulnérabilité" : sa jeunesse, dont la vulnérabilité s'explique par le goût du risque, sa mobilité (séjours prolongés loin des foyers), l'entretien de rapports sexuels pour remédier au stress, la solitude ou l'ennui."
www.lesoleil.sn

"A vos préservatifs"
Selon une dépêche de l'agence PANA, le sida serait la "première cause de décès dans les rangs des forces armées congolaises". Intervenant à l'occasion du lancement de la 4e campagne d'information et de prévention des infections sexuellement transmissibles (IST) et du sida sur le thème "Agents de la force publique : à vos préservatifs et mort au sida", le général Pierre Oba, ministre de l'Intérieur et de la sécurité, a indiqué que 35% des lits dans les hôpitaux militaires sont occupés par les malades du sida et que 400 cas de IST ont été enregistrés en 2001 à l'infirmerie de l'aéroport international de Brazzaville. La prostitution et les viols pendant les conflits sociopolitiques auraient également augmenté la propagation de l'épidémie des IST et du sida au Congo. Plus de 50000 personnes (officiers, sous-officiers, soldats, gendarmes, policiers, personnels civils et familles) auront accès aux informations nécessaires pour réduire leur vulnérabilité à l'infection par le virus du sida et aux IST à l'issue de 370 séances éducatives.
www.congopage.com

Test systématique
Malgré la désapprobation de l'Onusida, les forces armées zambiennes, soutenues par le gouvernement, ont décidé en mars 2003 d'effectuer un test systématique du VIH sur les nouvelles recrues, afin de refouler les candidats séropositifs. Les soldats déjà recrutés qui s'avèreraient séropositifs seront, eux, rétrogradés. Les responsables de l'armée justifient cette nouvelle mesure par les ravages déjà causés par le virus dans ses rangs.
www.afrik.com

Matériel pour soldats
Selon le quotidien Fraternité Matin (Abidjan), le Fnuap (Fonds des Nations unies pour la population) a effectué en avril 2003 un don de matériel de plus de 11 millions de francs CFA à l'ONG ivoirienne Espoir Fanci, une association de soutien psychosocial des militaires et de leurs familles vivant avec le VIH : le matériel consistait en 43200 préservatifs masculins, 5000 dépliants, 5000 pochettes d'information, 1000 kits IST et un apport financier de près de 3 millions de francs. Des kits-soldats (dépliants, préservatifs et pochette d'informations) et une dotation de préservatifs pour deux mois seront également remis à chaque soldat.
www.fratmat.co.ci

Atelier de sensibilisation
A l'occasion d'un atelier de sensibilisation sur le VIH/sida organisé au centre de formation de l'armée à Benguema, près de Freetown, le président de la Sierra Leone, Ahmad Tejan Kabbah, a procédé à la distribution de 100000 préservatifs aux forces armées du pays et a assuré que les soldats infectés par le VIH ne seraient pas renvoyés. Il a par ailleurs promis l'équivalent de 50000 dollars américains à l'armée pour développer la sensibilisation, renforcer les capacités et promouvoir le dépistage volontaire.
www.lesoleil.sn

Programme de prévention
Considérés comme l'un des principaux groupes à risque, les hommes en tenue avaient toujours affiché des taux de prévalence du VIH jusqu'à 3 fois supérieurs à ceux de la population générale camerounaise. Depuis 2002, ce n'est plus le cas : la prévalence dans le secteur de la défense est désormais moins élevée (9,8%) que celle de la population générale (12%). Des progrès en partie attribués à la mise en place du projet Presica (Prévention du sida au Cameroun), financé par l'Institut français de recherche et de développement (IRD) et qui, grâce à l'implication de Médecins sans frontières, a permis de prendre en charge quelque 400 patients pendant deux à trois ans à l'hôpital militaire de Yaoundé.
www.cameroon-tribune.cm

Auditions
La Defence Intelligence Agency (DIA) américaine a rendu public en octobre 2002 un compte-rendu des auditions faites par le comité spécial du Sénat sur le renseignement. Une question abordait plus précisément l'impact de l'épidémie sur les armées africaines. Selon la DIA, "Le VIH/sida produira son impact le plus fort sur les capacités militaires et les économies de pays africains. La fréquence du VIH chez les militaires de l'Afrique subsaharienne est actuellement de 20% à 60%. L'impact sur les capacités militaires varie d'une région à l'autre du fait de la politique militaire relative au VIH/sida, du niveau de la technologie militaire, des moeurs spécifiques et des croyances propres au pays, et des capacités des services de santé. Les capacités militaires du Botswana, du Burundi, du Cameroun, de la Côte d'Ivoire, du Gabon, du Kenya, du Lesotho, de la Namibie, du Rwanda, de Sao Tomé, d'Afrique du Sud et de Tanzanie seront modérément dégradées. Les capacités militaires du Nigeria, du Swaziland, de Zambie et du Zimbabwe seront plus sévèrement affectées."
www.infocrise.org