TranscriptaseRevue critique
de l'actualité scientifique internationale
sur le VIH
et les virus des hépatites

   
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n°110 - septembre 2003

 


Edito n° 110

 

Gilles Pialoux


 








 

 

Nous nous y étions engagés. TranscriptaseS revient donc sur le contenu de la 2e Conférence de l'International AIDS Society (IAS) organisée conjointement avec l'ANRS du 13 au 16 juillet dernier à Paris.
Où l'on a vu que l'économique se hissait au même niveau d'audience que les sciences dures tant le cautionnement coût-efficacité des programmes d'accès aux antirétroviraux dans les pays du Sud a marqué cette conférence internationale (lire TranscriptaseS n° 109). Où l'on s'est, légitimement, inquiété que le discours politique (Nelson Mandela, Jacques Chirac, Bertrand Delanoë, Romano Prodi et coll.) puisse masquer les avancées épidémiologiques, cliniques, thérapeutiques ou vaccinales de la lutte contre le VIH. Au Nord comme au Sud.

On a vu aussi, cet été - mais l'image n'était-elle pas déformée par le prisme médiatique ? -, la lutte contre le sida rejoindre, avec la lutte contre le VHC, les questions de santé publique du moment. Ni plus. Ni moins. Juste une priorité parmi d'autres (VIH, VHC, Alzheimer, urgences, coup de chaleur, biorisques, veille sanitaire, etc.). D'aucuns considéreront que c'est une bonne nouvelle pour la lutte contre le sida - en France tout au moins, "coincée" (politiquement s'entend) entre insuffisances gériatriques et incompétence de la veille vis-à-vis des catastrophes naturelles. Est-ce ainsi que les histoires d'exception finissent ?

Ce 110e numéro de TranscriptaseS revient sur les données économiques de l'accès aux antirétroviraux dans les pays en développement ainsi que sur le passage à l'étape supérieure pour ces pays qui ont connu l'accès pilote aux traitements anti-VIH. Par ailleurs, la revue exhaustive sur les traitements simplifiés tout comme la revue de détail des infections opportunistes observées en Afrique et du risque materno-foetal attestent de la richesse clinique, des stratégies thérapeutiques innovantes que l'on observe désormais au Sud. Sans compter les espoirs suscités par la recherche vaccinale anti-VIH, même si celle-ci reste cependant cantonnée à la sphère d'influence de l'administration Bush - exception française mise à part.

A l'heure où TranscriptaseS bouclait, un tableau pour le moins inquiétant de la solidarité internationale - "90 % des médicaments en Afrique sont payés par des individus et non par des programmes gouvernementaux" - était présenté à une séance spéciale de l'Assemblée générale de l'ONU, à New York. Au même moment, en ouverture de la dernière Cisma, à Nairobi, Stephen Lewis, envoyé spécial de l'ONU, parlait même d'"obscénité du monde moderne".
C'est sans doute cela qui fait que la lutte contre le VIH demeure, encore, un combat d'exception.