TranscriptaseRevue critique
de l'actualité scientifique internationale
sur le VIH
et les virus des hépatites

   
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n°105 - décembre 02


Edito n° 105

Gilles Pialoux
Rédacteur en chef








Inexorablement les deux histoires, celles de la lutte contre le sida et du combat sanitaire contre le VHC, se rejoignent, parfois, se ressemblent bien souvent.
Dernier avatar de cette fausse gémellité, le retour sur la réalité de terrain des traitements de l'infection par le virus de l'hépatite C. Là où, il y a à peine deux ans, d'aucuns vantaient, dans le sillage des essais thérapeutiques menés avec la bithérapie peg-interféron + ribavirine, un traitement visant, purement et simplement, à l'éradication du VHC dans plus de 80% des cas, la vrai vie - celle de la clinique, de l'intolérance aux traitements, des rechutes et des cofacteurs de morbidité - a conduit à réviser les chiffres à la baisse. Comme cela fut le cas dans l'histoire du VIH après l'avènement des inhibiteurs de protéase et des multithérapies anti-VIH à partir de 1996.
Comment interpréter - pour ne citer qu'un exemple - les données préliminaires issues des deux essais thérapeutiques conduits chez les coinfectés VIH/VHC (Ribavic en France, ACTG A5671 aux Etats-Unis), qui font état d'une réponse deux fois moindre au traitement en cas de coinfection et d'un arrêt pour intolérance dans plus de 30% des cas ?
C'est dans ce contexte si singulier, et propre sans doute aux maladies émergentes transmissibles, que s'inscrit l'attente de nouveaux traitements contre le VHC. Et qui dit attente, souvent très forte pour les personnes atteintes en situation d'impasse thérapeutique, dit risque fort de désillusion une fois les premières annonces évanouies.Ainsi paré d'autant de précautions éditoriales, le lecteur attentif par définition de Transcriptase se rapportera au compte-rendu efficace et percutant sur de nouveaux traitements contre le VHC (notamment le BILN 2061, lire "Le BILN 2061, molécule anti-VHC novatrice, pointe son nez"). Une information couchée sur le papier par Stéphane Lévy, à peine descendu de l'avion qui le ramenait de Boston, siège de la dernière conférence mondiale sur les maladies du foie (AASLD). Dire que ces antiprotéases inhibant la réplication du VHC étaient attendues est un euphémisme. Dire qu'elles sont là serait mentir. Juste une poignée de volontaires traités (8 ici, 25 là-bas) et ce pendant une très courte période (moins de 15 jours). C'est sans doute au regard de la brièveté de cette thérapeutique que les résultats en notre possession sont si spectaculaires : plus de 3 log de décroissance de la charge virale VHC en quelques jours, là ou les traitements actuels n'apportent que quelques balbutiements antiviraux...
Mais qu'on ne s'y trompe pas. Personnes atteintes et prescripteurs devront vivre encore de longues années avec les traitements actuels. Une attente, parfois mortifère, qui renvoie dos à dos l'histoire du VIH et celle de l'hépatite C.