Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


Recherche dans SWAPS avec google
   

SWAPS nº 9

vers sommaire

Feed back

De certains désagréments engendrés par la méthadone.

par Jimmy Kempfer

Depuis que la méthadone est utilisée en traitement de substitution, les usagers se plaignent principalement de deux types d'effets secondaires : la transpiration et la constipation.

La plupart des consommateurs d'opiacés connaissent le problème de la transpiration excessive. Celui-ci n'est pas particulier à la méthadone mais se retrouve également chez les héroïnomanes, surtout chez ceux qui shootent le mauvais " brown ". Mais la plupart du temps, accaparé par la quête du produit, on s'appesantit moins sur ce genre de désagrément.

Une fois stabilisé à la méthadone, la vie prend souvent un nouveau sens et une transpiration excessive peut, dans certains cas, être un sérieux handicap. Chez les femmes, à cause du maquillage, le problème est parfois particulièrement aigu et pose souvent des problèmes en termes de vie quotidienne (recherche de travail, relations).

Traitements

En Suisse, quelques médecins spécialisés dans la substitution des opiacés (héroïne, morphine, méthadone) préconisent, pour les cas graves, un traitement " explosif ", vu qu'ils prescrivent parfois un médicament à base de nitroglycérine : la Trinitrine, un vasodilatateur périphérique et spasmolytique qui relaxe également les parois veineuses. Parfois, ils prescrivent également de la Nifedipine 20 mg, un médicament pour l'hypertension artérielle, inhibiteur calcique qui inhibe le tonus artériel et provoque également une vasodilatation (1)

Ces médicaments sont en général utilisés pour les problèmes cardiaques. Il va de soi qu'il ne faut en aucun cas les utiliser sans avis médical.

Dans un centre parisien, pour les cas graves, on donne du Ditropan, un anticholinergique dont il ne vaut mieux pas abuser. Dans tous les cas, il faut se conformer rigoureusement à la prescription.

Pour ceux qui cherchent des méthodes plus douces, il existe une méthode qui peut fonctionner pendant quelques heures. Il s'agit de prendre un bain tiède dans lequel on aura mis à dissoudre une poignée d'amidon de maïs (la substance contenue dans le Subutex) et au terme duquel on ne se rincera pas.

La consommation d'alcool augmente sensiblement la transpiration. Certains racontent qu'il faut se frictionner à l'alcool. Cela ne marche que quelques minutes puis ça recommence en pire. De plus l'alcool enlève la pellicule protectrice sur la peau et provoque un déséquilibre qui peut provoquer des allergies et des mycoses.

Sinon il reste les anti-transpirants, vendus dans le commerce, assez efficaces en application locale. Mais de toute façon, il faut garder à l'esprit que la transpiration est une fonction naturelle et qu'il ne faut pas trop contrecarrer la nature sinon gare aux conséquences. Chez certaines personnes, la transpiration diminue ou disparaît en dessous d'un certain dosage de méthadone. A partir de 40/60 mg, il peut y avoir une amélioration sensible.

Il faut cependant garder à l'esprit que la méthadone, comme tous les opiacés, ralentit certaines fonctions métaboliques du corps et que l'organisme alors doit évacuer les toxines par d'autres moyens dont la transpiration.

Constipation

Ce ralentissement métabolique est également responsable chez certains de constipation. La méthadone ralentit en effet les mouvements péristaltiques de l'intestin, d'où une diminution du transit intestinal. Certaines infirmières conseillent un laxatif très doux tels que le Duphalac®, un liquide vendu en sachets doses individuelles assez faciles à prendre.

En tout cas, il faut éviter d'avoir recours à des laxatifs forts et de prendre trop souvent du Microlax®. Il existe cependant deux méthodes naturelles assez efficaces, qui ne semblent pas poser de problèmes sur le long terme : il s'agit des suppositoires à la glycérine et de l'huile de paraffine. Une cuillère à soupe par jour suffit en principe.

Les méthadoniens les plus avisés prennent leur sirop après avoir fait leur devoir matinal. Un café et une cigarette à jeun peuvent suffire à déclencher le processus.

Concernant la constipation, les problèmes se résolvent parfois également de façon sensible lorsque les dosages diminuent un peu. Une activité physique comme le vélo, stimule efficacement les intestins paresseux. Mais la priorité doit toujours être un dosage confortable qui vous permet de vous sentir bien quitte à donner un petit coup de pouce à la nature.


(1) André Seidenberg, Ueli Honegger, Methadon, Heroin und andere Opioide, Hans Huber Verlag, Berne, 1998.