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SWAPS nº 9

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Etats des lieux : Dossier Sport, dopage et toxicomanie

Chargés comme les étudiants

par Frédéric Nordmann

"Ben, oui, on prend des trucs comme les politiques, les types du show-bizz ou les étudiants! "

Coupe du Monde, Tour de France, athlétisme, l'actualité sportive est traitée dans la rubrique " Faits divers " ou " Société " des médias.

Des pratiques occultes ont été dévoilées, jetant le discrédit sur les sportifs, engendrant une suspicion légitime sur les performances d'untel ou unetelle, y compris après leur décès.

Mais revenons sur le " comme les étudiants ". Le système de défense de ces sportifs, de leurs entraîneurs, mais aussi de leurs employeurs, qui cherche à banaliser une pratique, parce que d'autres ont la même, est un vieux système.

Le procédé est un peu gros, certainement pas efficace. Il est surtout vicié à la base. Il n'est écrit nulle part que la prise de produit par un politique, un artiste, ou un étudiant, est contraire à l'éthique politique, artistique ou estudiantine.

Les élections, un concert au " Grand Stade ", les examens n'ont pas de grandes similitudes avec une étape de cinq cols, un 100 m, une finale de Coupe du Monde.

Se doper, c'est-à-dire utiliser des produits pour améliorer ses performances physiques, en vue de l'entraînement ou de la compétition, est réservé par définition aux sportifs.

" Comme les étudiants " disent-ils... L'affirmation dessert ceux qui la font, mais pour autant, est-elle dénuée de tout fondements ?

L'apparition de pubs pour des produits supposés développer la mémoire, rendre plus intelligent, diminuer les effets de la fatigue avant et pendant les examens, tendrait à faire croire à la justesse du propos.

Les yeux cernés, les nuits blanches, les feuilles griffonnées en tous sens, cendriers pleins, tasses de café vides, et puis ces boîtes de médicaments, vides aussi, dans les huit jour qui précèdent la période d'examens sont des mirages classiques de la vie d'un étudiant.

La période dite " de charge " est donc limitée dans le temps, extrêmement ponctuelle. Elle n'en demeure pas moins inutile, dangereuse et stupide.

Méthodes empiriques: le " prends-ça, ça marche ", les prescriptions abusives: " docteur, je peux pas être fatigué, un petit coup de vitamine " ou " j'ai besoin d'être plus calme, je stresse à l'oral ".

L'idée, largement répandue que pour y arriver, il faut prendre quelque chose, est une mauvaise idée. Parce que l'utilisation de speed pour rester éveillé paraît incompatible avec la gestion du stress et de l'angoisse, qui seront, eux, combattus avec des calmants, des cocktails (d)étonnants, aux effets secondaires non mesurés, mais qui seront, à long terme, pénalisant pour la santé de celui qui les aura pris.

Et pour parler du résultat instantané, l'effet positif n'est pas démontré: la fin n'a pas justifié les moyens. Si l'échec est envisageable à un examen, il est plus intéressant d'en connaître les causes et de les traiter, que de croire à des potions magiques qui le rendraient impossible.

Un étudiant peut subir un échec, mais celui-ci est aussi l'échec du système de contrôle des connaissances. La somme des matières à ingurgiter puis à régurgiter est énorme et paraît anachronique à l'époque de l'information instantanée.

Trouver l'information, l'analyser, puis la synthétiser, c'est ce qui sera le quotidien de chaque étudiant quand il aura eu la chance de trouver un emploi.

Il existe des moyens d'apprendre à mieux gérer ces périodes d'échéances limites, faites de stress, d'angoisses, d'accumulation de fatigue. Un des plus connus s'appelle le sport !

" Mais, ceci est une autre histoire ! "