Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 8

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Editorial nº8

par Gilles Pialoux

Cela est désormais une réalité tangible: en France, il a fallu attendre l'émergence du VIH, disséminant chez les usagers de drogues dès le milieu des années 80, pour voir leur prise en charge se médicaliser, notamment du fait de la politique dite de "réduction des risques" (voir l'appel lancé par Anne Coppel pour la création de l'Association française de réduction des risques ). Jusque-là le champ de cette médicalisation se réduisait à un seul et même mot-clé: le sevrage, passage obligé quand ce n'était pas contraint pour tout toxicomane. Le 23 et 24 avril derniers, le "sevrage" et son histoire se sont retrouvés au centre d'une conférence dite de consensus, placée sous le contrôle de l'Association Nationale d'Accréditation et d'Evaluation en Santé (ANAES). Swaps se devait d'y consacrer un dossier, non consensuel il est vrai, tant il apparaît que pour exiger consensus il faut avant tout qu'il y ait contradiction; une contradiction qui prendrait, pour certains, le masque de l'affrontement idéologique entre substitution et sevrage. Là où la plupart des spécialistes (voir l'article de Pierre Polomeni p.g) ne voient dans sevrage et substitution que des éléments complémentaires et constitutifs d'une prise en charge globale de l'usager de drogues.