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SWAPS nº 65

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Actualités scientifiques

Horaires de travail et consommation d’alcool

par Yann Le Strat / addictologue, Hôpital Louis Mourier (Colombes)

Working hours and alcohol problems in early adulthood
Gibb SJ, Fergusson DM, Horwood LJ
Addiction, 2012, 107, 1, 81-88

Chacun connaît l’image d’Epinal de l’homme d’affaires surchargé qui finit sa journée de travail tard le soir un verre à la main. D’une manière générale, les activités professionnelles stressantes ou comprenant des plages de travail prolongées sont associées à une augmentation de la consommation d’alcool. Un travail néo-zélandais vient d’apporter la confirmation de la réalité de cette imagerie populaire. En suivant de façon prospective sur près de trente ans une cohorte de plus de 1000 participants, la célèbre équipe de Christchurch, coordonnée par John Horwood et David Fergusson, a mis en avant l’impact délétère des horaires de travail étendus sur l’intensité des consommations alcooliques.

Les participants travaillant plus de 50 heures par semaine présentaient ainsi un risque 1,8 à 3,3 fois plus élevé de développer un trouble lié à l’usage de l’alcool (abus ou dépendance) comparé aux participants ne travaillant pas. De même, leur consommation d’alcool était statistiquement plus fréquente, plus intense et plus handicapante, et ce y compris après ajustement sur de nombreuses variables confondantes dont le sexe, le statut marital ou la survenue d’événements traumatiques récents.

Pour les auteurs, les explications de ces liens sont en faveur soit d’une utilisation de l’alcool afin de soulager le stress liés aux conditions de travail, soit, de façon plus indirecte, du fait d’une exposition à un environnement social favorable à la consommation d’alcool.