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SWAPS nº 64

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Actualités scientifiques

La réduction du risque tabac par la nicotine non fumée

par Bertrand Dautzenberg / pneumologue, hôpital Pitié-Salpétrière (Paris)

The scientific foundation for tobacco harm reduction, 2006-2011
Rodu B.
Harm Reduction Journal 2011, 8:19
http://www.harmreductionjournal.com/content/8/1/19

Alors que jusqu’à une date récente l’arrêt du tabac était la seule recommandation médicale, la réduction du risque du tabagisme est développée par certains comme un moyen d’obtenir d’emblée une réduction du risque. La substitution nicotinique qui est capable d’entrainer cette réduction n’est pas abordée dans cette étude centrée sur le snus et la cigarette électronique. La synthèse des bases scientifiques de cette réduction publiée par B. Rodu.

De nombreuses études épidémiologiques et les métaanalyses confirment que chez un fumeur le remplacement du tabac fumée par le snus suédois (tabac non fumé) réduit les risques de cancer, de BPCO et d'infarctus du myocarde et que les effets buccaux et intestinaux du snus sont le plus souvent bénins et que le risque de cancer du pancréas ou du risque vasculaire est faible. Le bénéfice du switch de la cigarette fumée au snus est maintenant mesuré en Suède et en Norvège.

Le problème posé seulement de façon annexe par Rodu est celui de l’effet à long terme sur la société : Dans les études de suivi, les utilisateurs dual de cigarettes et de snus sont moins susceptibles que les fumeurs exclusifs de quitter le tabac et chez les jeunes le snus peut être une voie d’initiation à la dépendance tabagique et au tabagisme. En Suède 48% des hommes consomment ainsi quotidiennement du tabac (moitié snus, moitié cigarettes), un des taux les plus hauts d’Europe et ce taux ne baisse pas alors qu’il baisse dans tous les autres pays !

Un nouveau produit la e-cigarette qui permet de prendre sa nicotine de façon beaucoup moins toxique que la cigarette pourrait réduire le risque chez les fumeurs pose le même problème que le snus pour la persistance de l’utilisation de la nicotine.

L’auteur rappelle que la fumée du tabac va tuer 1 milliard de fumeurs au XXIe siècle et propose le remplacement des cigarettes par le snus et la cigarette électronique qui laisserait une humanité dépendante d’une nicotine, mais à moindre risque. A l’inverse l’OMS via sa convention cadre contre le tabac (CCLAT) prône elle la sortie du tabac attendu en 2025 en Australie et désirée en 2030 en France par les associations de prévention du tabagisme.