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SWAPS nº 64

vers sommaire

Dossier Injection

Trajectoires d’injecteurs franciliens

par Jimmy Kempfer / Pistes (Paris)

Jimmy Kempfer s’est livré pour Swaps à une enquête de terrain parmi les injecteurs de skenan. Reportage
dont le récit est parfois à la limite du supportable, mais qui offre un regard concret sur les problèmes que
les futures (?) salles de consommations rencontreront. Nul doute qu’elles y apporteraient de l’humanité.

La question des salles d’injection est régulièrement évoquée par des associations de RdR et dans les médias, donnant lieu à de nombreux débats. A l’étranger, plusieurs dizaines d’expériences ont contribué à améliorer l’accès aux soins pour les usagers les plus exclus et à apaiser l’environnement. Mais les contextes et pratiques y sont spécifiques. Ces lieux de consommation sont-ils transposables dans l’hexagone? Pour contribuer à éclairer le sujet, votre serviteur a rencontré usagers et intervenants en procédant empiriquement selon la bonne vieille méthode «boule de neige ». Nous nous sommes concentrés sur les injecteurs de Skenan1, qui comptent parmi les premiers concernés par le dispositif. Quelques exemplaires d’ASUD Journal et de Swaps avec mes articles aideront à me légitimer auprès d’eux.

Tom le typique
A la terrasse d’un café, Tom2 et Pat me racontent leur quotidien, axé autour du Skenan. Tom a 44 ans. Visage marqué, dents cariées et souriant malgré un petit air accablé, il semble prendre un doux plaisir à montrer l’étendue de sa culture, réellement étonnante, tout en se racontant. Il faisait carrière dans la pub mais une rupture amoureuse le terrasse. Il se laisse emporter par un flux d’alcool et de calmants et dérive dans Paris au début des années 1990. «La drogue ne m’intéressait pas. J’errais, bourré dès le matin et les seuls mecs sympas que j’ai rencontrés traînaient et se défonçaient à Beaubourg. Le premier soir, on m’a offert un shoot de Temgésic3. J’ai vomi, mais du coup, tout devenait plus supportable. Je savais que j’allais m’accrocher. Je le voulais même. J’ai vite connu les médecins qui en prescrivaient. Je prenais de tout. Du speed, des Rhyp 2mg4 par dizaines, parfois de l’Artane... et toujours l’alcool. Quand le Subutex est arrivé (1996) j’avais déjà les bras abîmés et mettais des heures à trouver une veine. En plus, je ne sentais quasi plus d’effet. J’ai fait deux ans à la méthadone. Mes veines ont guéri un peu et j’ai pu shooter du Skenan. Au moins, ça valait le coup de se faire un trou ! Ça fait dix ans maintenant. Je me limite à 600 mg par jour, parfois même seulement 4 ou 500 et ne bois quasiment plus». Ses mains et avant-bras rouges et gonflés sont couturés de cicatrices. Il m’explique que depuis peu, il shoote dans les doigts et même la paume de la main à l’aide d’une très fine aiguille de dentiste. «Ça fait un mal de chien et il faut parfois une heure avant d’y arriver. Ça ne va plus !» rajoutant qu’il faudrait qu’il soit sérieux et repasse à la méthadone car il «loupe» et gâche trop de shoots.

Il n’a pas de médecin prescripteur, pas de papiers d’identité, pas de carte Vitale, pas de couverture sociale, ni de
revenus depuis des années. Il a bien tenté de régulariser sa situation. Mais à chaque il fois il perdait ses documents, manquait les rendez-vous. Ça l’a découragé ainsi que son assistante sociale. Il fait la manche tous les soirs dans le métro, les bus, jusqu’à ce qu’il ait 130 euros. «Je peux pas m’arrêter avant. Il faut 30 à 50 euros pour une boîte de «Sken5» (14 gélules de 100 mg), 60 euros pour l’hôtel. Et un peu pour les clopes, les imprévus et pour Pat. Moi, avec mon petit air, ça marche vachement bien. Parfois en trois heures. Pat a plus de mal alors c’est moi qui assure le Sken et l’hôtel !»

Ses grands yeux clairs, son air humble et très doux peuvent susciter la compassion. J’ai dû avoir l’air un peu ébahi, car avec un geste signifiant l’évidence, il me fait «Eh, quinze ans de métier, mon pote!» rajoutant qu’il n’a ni sida, ni hépatite.

Il se fait «au moins» trois à quatre injections de 200 mg par jour. «Quand j’ai loupé un shoot, après, je mets 300 mg». Et son copain de souligner «Pas seulement quand t’en loupes un !» Il m’explique que si le contenu d’une seringue a trop coagulé et que le shoot est impossible, il se la vide dans le rectum. «Après avoir ôté l’aiguille, bien
sûr ! Au moins ça évite de tout jeter mais je crois que je ne la sens pas vraiment»
. Pat intervient «chez moi ça provoque une bonne montée, aussi vite qu’en sniff mais plus fort ! Avant, j’avalais le contenu quand je loupais un shoot». Il m’explique passer au Caarud prendre sa méthadone pour «couvrir la journée». Ainsi il est sûr de
ne pas se retrouver en manque s’il n’a pas de Skenan. Il peut arriver que Tom en «gâche tellement» qu’il n’en reste plus assez. Je le taquine au sujet des 600 mg «maximum».

«Je te jure, je dépasse très rarement les 1000 mg!». J’entendrai souvent ce déni quant à la quantité consommée. A l’inverse d’autres, présomptueux, font état de quantités phénoménales. Jusqu’à 2800 mg/jour. Mais Tom et Pat doivent partir, «aller au taf » dans le métro car s’ils arrivent trop tard, le Skenan peut devenir plus dur à trouver, donc plus cher, à la Gare du Nord.

Le petit monde du «Sken»
Face à l’hôpital Lariboisière, le petit monde du «Sken» (mais aussi du «Sub») vaque à ses tractations, conciliabules, quête d’une opportunité, d’un client.... Les profils sont très divers mais bon nombre ont dépassé la quarantaine et plus. Certains sont bien stigmatisés et nombreux sont ceux qui ont les mains oedémateuses. Quelques-uns «piquent du zen», une cannette de bière forte à la main. Il est dix-neuf heures. Les effets cumulés des opiacés, de l’alcool et des benzodiazépines se potentialisent. Certains semblent s’endormir en parlant à d’autres à peine plus réveillés. Deux blacks s’engueulent avec deux très jeunes. On sent la tension. Une histoire de «caillou6».

Le beau ténébreux
Carlos a 39 ans et cultive son look de beau ténébreux .Il semble assez connu et respecté par ses pairs. Comme il est «cool », il peut emmener des invités dans sa chambre dans un hôtel social. Pour y aller nous faisons un détour afin d’éviter le «Distribox7». Celui-ci serait parfois «maqué » par des Russes n’hésitant pas à intimider et racketter les plus vulnérables. Il m’explique qu’il a un nouveau traitement pour son VIH qui l’affaiblit et qu’il ne peut pas se payer des embrouilles. Il est également VHC positif mais n’a jamais voulu se faire traiter, confessant qu’il aurait pu éviter ses deux contaminations. «J’étais con, j’étais à fond dans la CC. J’en avais rien à foutre.» Sur le chemin on nous chuchotera furtivement des dizaines de fois «Sub», «Sken»…

Sa chambre, petite mais fonctionnelle, est super bien rangée et décorée. «C’est important pour ma cote auprès du gérant et de l’asso qui paie.»

Il déploie un champ stérile bleu sur son lit, telle une nappe. D’un coffret en bois il sort et, méthodiquement, dispose son matériel : cuillères à soupe, briquet, seringues et aiguilles de diverses tailles, stérifilts, tampons alcoolisés, coton... et plusieurs paquets formés d’un kleenex serti d’un élastique.

Il vide quatre gélules de Skenan dans une feuille de papier pliée, écrase le tout qu’il répartit dans deux cuillères, rajoute de l’eau légèrement chauffée, emboutit un stéribox sur une seringue de 2,5 cc au travers d’un agglomérat blanc : du coton plein de filtrat séché.

«Je déconnais... shootais sans filtrer... Depuis je filtre toujours»
Carlos commente «La morphine se dissout mieux avec de l’eau chaude « rajoutée». Une flamme d’alcool ne produit pas de suie. Faut pas mettre plus de 2 gélules sinon c’est trop épais, ça filtre mal et bouche les aiguilles». Il change plusieurs fois de stérifilt : «Ça se bouche!». Un garrot sur l’avant-bras il commence à inspecter l’intérieur du poignet puis soulève le bas de son pantalon pour inspecter sa cheville dévoilant une cicatrice impressionnante. «Un soir je me suis réveillé en pleurant de douleur avec la jambe paralysée et toute noire. J’étais inconscient depuis deux jours. Je déconnais, shootais le sub sans filtrer et prenais du crack, des Rhyp. En tentant un shoot en haut du mollet derrière le genou, je m’étais endormi sur la seringue. Ça a atteint des nerfs, percé la veine profonde, touché l’os, et tout envoyé dans la chair. J’ai passé deux mois à l’hosto. Y a même une infirmière qui me filait des «pompes» neuves. Depuis, je filtre toujours». On lui donnait de la méthadone mais il réussissait souvent à se procurer du Skenan par les amis.

Il tente de trouver une veine autour du poignet gauche. Plusieurs dizaines de tentatives plus tard, il essuie le sang qui perle un peu partout sur sa main. Le liquide dans la seringue a rougi et, le piston tiré au maximum, il n’a plus de marge pour vérifier s’il est dans une veine. Il transvase un peu dans l’autre cuillère. Je lui demande pourquoi il ne change pas d’aiguille car, à force de piquer, la pointe en est forcément émoussée. Ma question l’agace. Il fulmine que c’est la faute de son traitement s’il n’y arrive pas. Je n’insiste pas. Il emboutit une grosse aiguille verte et se masse longuement le poignet m’expliquant qu’au milieu se trouve une belle veine très difficile à avoir. L’opération délicate et douloureuse lui a déjà «paralysé la main». Il opte pour le bras droit. Avec une minutie extrême il enfonce l’aiguille, millimètre par millimètre, en grimaçant et sifflant de douleur. Je retiens mon souffle. «J’ai du effleurer un nerf»

«Ça y est, j’y suis!» Il semble certain. Il souffle un grand coup et m’explique que, le piston étant très dur et sa main gauche affaiblie et peu sûre, il a beaucoup de mal. Avec difficulté, il aspire un peu. Le sang fuse. Il appuie. Sa main tremble. Ça a l’air très dur. Il ruisselle de sueur, me demande de lui essuyer le visage. Que ferais-je s’il me demandait de
pousser le piston ? Il lui faut de longues minutes d’ahanements avant d’arriver au bout de sa seringue. Exténué, il reste prostré. J’ai peur qu’il soit gêné par ma présence. Je pense qu’il voulait me montrer sa science de l’injection mais craint d’avoir été décevant et maladroit. Soudain je me sens un peu voyeur, réalisant que je suis spectateur d’un acte extrêmement intime. Je lui dis, sincèrement, que j’ai été «STUPÉFAIT» par la précision de ses connaissances anatomiques. Il sourit et m’explique qu’il faut, pour faire le deuxième shoot, retirer le corps de la seringue fichée dans l’aiguille sans bouger, sous peine de sortir de la veine. Opération délicate pour sa main diminuée.

Après plusieurs vaines tentatives il s’écroule sur son lit. J’ai l’impression qu’il se sent infiniment misérable. Je lui propose de l’aide, non sans une certaine appréhension... Il est tellement content, qu’il en oublie de dire merci. En nage, il emboutit la deuxième seringue pleine et met bien 5 mn à se l’envoyer, soufflant et vociférant de souffrance.

«J’ai dû effleurer un nerf !»
Il m’explique que la douleur l’empêche de profiter du Sken. «Ça dilue les effets, fait-il, déçu, ça m’a même pas gratté». Puis, sort une canette éventée de son frigo, et y rajoute de nombreuses gouttes de Rivotril et quelques morceaux de sucre. «C’est mon cocktail à moi, ça monte plus fort, plus vite et je sentirai mieux le prochain shoot!» Il déballe une poignée de filtres toupie8 usagés, selon lui, «gorgés de morphine » comptant les casser pour récupérer le résidu. Comme il attend un copain qui va passer avec du crack il lui offrira un ou deux shoots en échange.

Mais il affirme angoisser quand même un peu, car le crack (qu’il fume), en provoquant une vaso-constriction, rend l’accès aux veines encore plus problèmatique.

Skenan vs crack à 5 euros la « taffe»
Avant le Skenan, pas mal d’usagers injectaient du Subutex mais beaucoup aussi semblent venus au Skenan via le crack9. Pour nombre de ces injecteurs, l’usage du crack semble banal, plus commun que le cannabis. Comme on peut trouver des «taffes» de crack à 5 ou 10 euros, l’effet minime et fugace est d’autant plus frustrant que la consommation est répétée dès que le consommateur dispose de 5 euros. Pour cela, certains usagers vendent leur traitement gélule par gélule.

Un ascenseur vers l’exclusion pour quelques jeunes dans la vingtaine. «Diabolique» explique l’un d’entre eux, au look un peu teuffeur. «Tu loupes un peu la taffe, tu deviens fou. Dès que tu choppes 5 euros tu cours, tu chopes, tu fumes... et rebelote... le jour, la nuit... et il faut quand même racheter du Sken !»

Les trajectoires ressemblent souvent à ceci : provincial petit consommateur débarquant démuni, la combine est élémentaire. Se faire prescrire Subutex, Skenan, méthadone, jusqu’à ce que la sécu freine. Avec tant de produits l’usager devient un petit prince courtisé. Et comme le crack, très disponible, est souvent déjà expérimenté, les dégringolades sont parfois vertigineuses en un cycle infernal de dettes, arnaques, vols, embrouilles et tractations sordides. Car même hanté par l’impérieuse «envie» de crack, plus tyrannique que le «besoin» physiologique de morphine, le Skenan demeure une implacable exigence «organique». Certains, étonnamment, n’ont jamais pris ni héroïne ni Subutex.

D’où vient le skenan ?
Deux «grossistes» achètent huit boites de skenan pour 30010 euros et en espèrent d’autres. «On peut les avoir moins cher mais on préfère bien payer comme ça les mecs ne font pas d’embrouilles et ont envie de nous garder comme clients». Ils viennent régulièrement se fournir en «Sken» pour le revendre en Allemagne. Comprimés et gélules se vendent jusqu’à 30 euros. Leurs fournisseurs sont essentiellement des crackers qui se font prescrire Skenan et Subutex qu’ils ne consomment pas mais revendent pour s’acheter du crack. 300 euros : presque une fortune pour un cracker. De quoi se payer six ou sept belles galettes, histoire de passer quelques heures sans se préoccuper de la façon dont va se payer le prochain kiff.

Les médecins ont souvent bon dos
Un médecin peut-il refuser de soulager la souffrance d’un usager de drogue, porteur de pathologies lourdes, que la vie a broyé ? Quelques flagorneurs se vantent d’avoir bien «eu» des prescripteurs. La mauvaise foi d’autres est souvent criante quand après s’être plaints que leur médecin ne les ausculterait pas très souvent, ils se font fort de passer en priorité et d’obtenir leur ordonnance en quelques instants, en mettant la «bonne pression», se glorifiant parfois d’avoir «pourri» le cabinet et la clientèle.

L’éternel argument du «manque», souvent mis en scène avec un mélange de fébrilité feinte, de supplications, de comportements border-line, d’intimidations, marche encore. Il s’agit souvent d’un «manque» de crack et le Skenan prescrit servira à payer celui-ci. Quelques praticiens sont connus comme «sympas» à condition d’espacer les visites, ne délivrent que si les personnes ne se font pas rembourser et uniquement dans les limites de l’AMM. Le réseau spécialisé des médecins addictologues, souvent en Caarud, semble cadrer les prescriptions, en lien avec la Sécu. Mais je n’ai pas entendu de réelles accusations de corruption. Certains accepteraient toutefois plusieurs cartes vitales à la fois, mais ce serait une manière d’aider des familles sans ressources. Plusieurs mêmes ne se feraient pas payer ou font crédit notamment pour les personnes sans couverture sociale. Carlos me confie avec malice «J’en avais un qui me prescrivait tout et m’expliquait toutes les astuces. Il avait connu Che Guevara. C’était sa manière de lutter contre le système».

Quelques magouilleurs ou crackers très organisés enverraient famille et connaissances se faire prescrire Skenan et Subutex. Ce dernier est alors collecté pour l’export. A la Réunion, en Géorgie, en Arménie, le comprimé peut valoir jusqu’à 100 euros et plus. Les fausses ordonnances peuvent aussi marcher grâce à quelques pharmaciens peu regardants ou quelques fois sous la menace.

Les autorités ont déjà lourdement sévi mais le prix du Skenan demeurera stable tant que la gélule de 100 mg de morphine pure se vendra 5 euros, alors qu’à Paris le pochon d’héroïne extrêmement coupée vaut 40 euros pour
un effet bien moindre.

La grande majorité le prend tout à fait normalement
Il y en aurait tant à dire. Notamment sur les mélanges liés au Skenan. Si le Rivotril est souvent son complément naturel, les injections associées de Stilnox, Havlane, Séresta et diverses benzodiazépines ne sont pas rares sans parler de l’énorme problème posé par l’alcool. Si quelques témoignages peuvent paraître «représentatifs», les trajectoires et pratiques sont souvent très exclusives. N’oublions pas qu’il s’agit d’un sous-groupe régional10. Tous les usagers rencontrés étaient en contact avec des dispositifs de RdR. Rappelons enfin que la grande majorité des bénéficiaires d’un traitement de substitution au Skenan le prennent tout à fait normalement (même si quelques-uns, parfois, le sniffent).

Filtres toupie et Stérifilt

Les filtres toupie, actuellement testés par plusieurs dispositifs de RDR, sont munis d’une membrane, qui, selon les modèles, assure une filtration jusqu’à 0,2 à 0,45 microns, ce qui élimine la plupart des agents pathogènes et bien sûr toutes les particules pouvant être présentes dans la solution. Leur usage nécessite un certain apprentissage et, selon les produits injectés, semble plus où moins adapté, notamment lors de shoots furtifs, hors d’un minimum de confort. Nombre d’usagers se découragent, faute de persévérer. S’il demande à être sérieusement évalué en contexte réel, il va sans dire qu’il s’agit d’un outil intéressant, pouvant contribuer à limiter sensiblement les affections des veines et autres pathologies.
Le Stérifilt, qui filtre les particules de plus de 1 micron, et dont l’usage était limité à un seul modèle de seringue est maintenant universel. Tous les acteurs concernés ont pu constater qu’il a très sensiblement contribué à diminuer les oedèmes (bras de Popeye) et autres pathologies dues à l’injection des excipients contenus dans les médicaments injectés.





1 Skenan : sulfate de morphine à libération prolongée sous forme de gélule contenant des microbilles. Dosage : 10, 30, 60,100, 200 mg (ce dernier étant rare).

2 Les prénoms ont été changés.

3 TEMGESIC : Avant le Subutex (1996), la buprénorphine (0,2mg) était disponible sous cette appellation mais n’avait pas d’AMM en tant que TSO (Traitement de substitution opiacée.) Toutefois, la première galénique de la buprénorphine disponible en France fut la forme injectable et ce jusqu’en 1990. Voir à ce sujet SWAPS N° 10 : «Au commencement était le Temgesic injectable.»

4 Rhyp : Rohypnol. Un somnifère hypnotique dont les abus causèrent bien des drames, sans parler des séquelles. ( voir SWAPS N° 18 :
http://crips.centredoc.fr/docs/PDF_GED/S38778.pdf. Sa délivrance est sévèrement régulée actuellement.

5 Si au détail, le Skenan est vendu en moyenne 5 euros la gélule, une boîte entière peut s’obtenir pour 30 à 50 euros. Les prix varient selon l’offre et la demande.

6 Caillou : le crack se vend, selon la quantité, sous forme de galette (40-50 euros), caillou (20 euros) ou taffe à 5 euros.

7 Distribox : Distributeur automatique de kits d’injection en échange d’un jeton. Celui du quartier, est complété par un Totem qui dispense un jeton en échange d’une seringue usagée. Ce dispositif est géré et développé par SAFE

8 Voir encadré.

9 Hormis quelques exceptions, la plupart fument le crack et injectent le Skenan.

10 Soit : 2,67 euros le comprimé

11 On peut (très empiriquement) estimer la population des usagers de skenan en IdF entre 1500 et 2000 personnes dont 25 à 40% d’injecteurs..