Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 64

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Édito

par Gilles Pialoux

A l’image du débat qui anime aujourd’hui la réduction des risques sexuels (RdRS) notamment vis-à-vis du risque VIH, celui sur la réduction des risques lié à l’usage de drogues n’a jamais été un fleuve tranquille...
En atteste l’échange argumenté, et quelque peu musclé, qui a suivi la publication sur le site vih.org du texte de Didier Jayle initialement paru dans Swaps n° 63 sur la question des priorités pour la réduction des risques en prison, notamment concernant la mise en place de programmes d’échange de seringues.
Autre question riche et complexe abordée dans cette nouvelle livraison de Swaps : celle des injecteurs de sulfates de morphine, à l’heure où l’ouverture de salles de consommation à moindres risques en France devient plus qu’une hypothèse gratuite. Bertrand Lebeau expose les raisons qui ont amené, dans les années 1990, certains médecins à prescrire ce type de produits et s’interroge sur l’évolution du phénomène (lire l'article "Sulfates de morphine : la boîte de Pandore"),
Marie Debrus présente le projet ERLI d’éducation aux risques liés à l’injection, et explique comment il tente de s’adapter au mésusage des produits de substitution et plus particulièrement au détournement des sulfates de morphine ((lire l'article "Comment aller au-delà des programmes d’échange de seringues : le projet Erli (éducation aux risques liés à l’injection)"), tandis que Jimmy Kempfer expose en détail les itinéraires de certains injecteurs de Skenan, et les galères auxquelles ils sont confrontés (lir l'article "Trajectoires d’injecteurs franciliens").
Injection toujours, avec l’analyse de Vincent Benso (lire l'article "Regard sur l’invisible : une enquête sur l’injection en espace festif"), de Technoplus, sur "l’espace festif " cette fois, où se mêlent données qualitatives et quantitatives sur les pratiques d’initiation, le type de produits injectés et les pratiques à risques de réutilisation et d’échange de matériel.
Dans le débat sur les programmes d’échange de seringues en prison comme en ce qui concerne l’interprétation de ces données et témoignages, le maître-mot reste sans doute "prudence".
Mais cette dernière livraison de Swaps propose aussi de faire une pause historique avec un retour sur les expériences de réduction des risques menées à Amsterdam dans les années 1980 (lire l’article "Les expériences de réduction des risques à Amsterdam dans les années 1980" d’Alexandre Marchant), et l’avance considérable que celles-ci avaient alors sur la situation française. Pas certain, d’ailleurs, à la lecture de cet article, que le retard ait été comblé.