Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 56

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Brèves n° 56

Le Conseil national du sida veut des PES en prison
Estimant "extrêmement dommageable" l’absence de programmes d’échanges de seringues (PES) dans les établissements pénitentiaires français, le Conseil national du sida (www.cns.sante.fr) a publié le 10 septembre un avis demandant qu’à l’occasion du prochain vote de la loi pénitentiaire, des PES soient mis en oeuvre de façon progressive et dans les plus brefs délais en milieu carcéral en France. Le Conseil national du sida établit sa décision au regard des recommandations internationales, des expériences étrangères et de la réglementation française en vigueur en matière de réduction des risques et d’accès aux soins et à la prévention des personnes détenues.

Une mise en garde contre le GBL
Précurseur du GHB (gamma-hydroxybutyrate), substance classée comme stupéfiant, la GBL (gamma-butyrolactone) a récemment entraîné des cas d’intoxication grave ayant nécessité une prise en charge en réanimation. C’est pourquoi les autorités publiques ont publié le 24 septembre un communiqué rappelant que "son absorption peut provoquer des nausées, des vomissements, des difficultés respiratoires, des troubles de la conscience pouvant aller jusqu’au coma. Sa consommation est généralement suivie d’une amnésie. Ces effets sont augmentés en cas d’association avec l’alcool ou d’autres substances psychoactives (médicaments ou drogues)". Ainsi, "la consommation intentionnelle ou involontaire de GBL doit conduire à une consultation médicale en urgence ou à l’appel du centre 15, notamment en cas de survenue de difficultés respiratoires, de troubles de la conscience ou d’une perte de connaissance".

Daniel Vaillant pour la légalisation de la consommation de cannabis
L’ancien ministre de l’intérieur Daniel Vaillant propose, dans un entretien au Parisien du 9 octobre, de "tenter le pari de la réglementation" du cannabis pour faire baisser sa consommation. "On peut imaginer un contrôle des approvisionnements extérieurs et une production en France. Tout se ferait dans la transparence, dans la règle, comme pour le tabac et l’alcool. Pas de produits frelatés, pas d’économie souterraine et une vente à des endroits précis et contrôlés, interdite aux mineurs de 16 ans", précise le député et maire du 18e arrondissement de Paris, qui se défend d’être "laxiste" et admet que le cannabis est dangereux pour la santé. Des propos jugés "totalement inacceptables" par Eric Ciotti, secrétaire national de l’UMP à la sécurité, qui rappelle que l’UMP est "fermement opposé à toute tentative de légalisation du cannabis ou des drogues dites douces qui conduisent inexorablement à l’usage de drogues de type cocaïne ou ecstasy".

Nouvel essai vaccinal contre la cocaïne
L’équipe de Thomas Kosten, à Yale, publie dans l’édition d’octobre des Archives of General Psychiatry les résultats d’un essai vaccinal qui a porté sur 115 personnes dépendantes à la cocaïne, dont 58 ont été vaccinées et 57 traitées avec un placebo. 38% des personnes vaccinées ont produit assez d’anticorps pour ne plus ressentir les effets de la drogue. Dans ce groupe, la consommation de cocaïne a plongé. Les effets n’ont toutefois pas persisté plus de deux mois. "Un traitement optimal nécessiterait sans doute des vaccinations répétées pour maintenir un niveau d’anticorps adéquat", écrivent les auteurs de l’étude.

Une nouvelle definition de "harm reduction"
L’International Harm Reduction Association (www.ihra.com) a élaboré une nouvelle définition du terme "harm reduction", qui peut être traduite comme suit :
"La réduction des risques se réfère aux politiques, programmes et pratiques qui ont pour but principal de réduire les conséquences négatives, en matière de santé, sociales et économiques, de l’usage de produits psychoactifs légaux et illégaux, sans nécessairement réduire leur consommation. La réduction des risques bénéficie aux personnes qui utilisent des drogues, à leurs familles et à la communauté."

Première à Beyrouth
Du 16 au 18 novembre se tient à Beyrouth, à l’initiative de Menahra (www.menahra.org), association oeuvrant pour la réduction des risques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, la 1re Conférence régionale sur la RdR.

Comment prévenir les overdoses
Pour lutter contre les overdoses, l’association Nova Dona (Caarud et Csapa à Paris) et l’Aruda (Association pour la réinsertion des usagers de drogues du secteur d’Abbeville) ont créé, avec la participation du laboratoire Bouchara-Recordati, une brochure sur les overdoses d’opiacés, composée de trois chapitres : "connaître les facteurs de risques" ; "reconnaître les signes d’overdose" ; "savoir réagir en cas d’overdose".
Le document est disponible auprès de l’association Nova Dona ou au 01 45 19 10 59. Une initiative appréciable à l’heure où Asud regrette, dans un communiqué disponible sur www.asud.org, l’absence de messages de réduction des risques d’overdose relayés par les pouvoirs publics.