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SWAPS nº 56

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Editorial n° 56

par Gilles Pialoux

Deux événements télévisuels ont coïncidé avec le bouclage de la 56e livraison - éclectique - de Swaps : la sortie de la série TV "Braquo", fiction vitrine de Canal+, et le lancement de la dernière campagne gouvernementale sur les drogues, intitulée prosaïquement : "Drogues : ne fermons pas les yeux" - de fait, Swaps s’efforce de les garder ouverts... A priori, les deux événements ont peu de rapports. On peut pourtant y trouver des liens étroits.

Honneur à la fiction : dans la série noire de Canal+, la police apparaît comme un laboratoire, solitaire ou en groupe, des addictions : trois des quatre "héros" sont profondément "addicts", l’un à l’amour tarifé, l’autre à la cocaïne, et le troisième au jeu ! Entre arrestations, dérives ripoux et addictions, tous picolent allégrement... Une telle mise en scène de l’addiction au commissariat pourrait sans doute attirer quelques commentaires de la part du ministre de l’intérieur...

Sur les chaînes classiques, la campagne ministérielle sur les drogues est censée "combattre l’indulgence face aux drogues en réalertant chacun". En lisant Nestor Hervé (lire l'article "Quand le gouvernement bat la campagne" dans ce numéro), on comprendra que tout est complexe au royaume de la communication d’Etat sur les drogues. A commencer par la mise en images vite retirée d’un présentateur vedette de la chaîne suscitée. L’intéressé, un certain Thierry A., a obtenu la suppression de son image et de sa voix, tandis que, pêle-mêle, l’AFR, Act Up-Paris, Asud, l’Anitea ou les Verts sont montés à l’assaut de cette nouvelle campagne de communication nationale, y voyant régression, caricature, voire stigmatisation... et un oubli certain de l’alcool. Oubli à rapprocher de sa présence comme paysage normatif dans l’émission de Canal+ ?

Plus encore, l’excellent article "Avocats et addictions : la ligne blanche", repris de la Lettre des juristes d’affaires et commenté dans ce numéro par le Dr William Lowenstein (lire l'article "Avocats et addictions : la ligne blanche" dans ce numéro) atteste que les addictions à la cocaïne se répandent y compris dans le monde du travail, là où le niveau de performance exigée est le plus élevé.