Santé
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SWAPS nº 55

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Brèves n°55

Les "inquiétudes éthiques" de l’OEDT
Les progrès de la recherche sur le cerveau suscitent desespoirs en matière de traitement de la dépendance auxdrogues mais soulèvent des "inquiétudes d’ordreéthique", souligne l’Observatoire européen desdrogues et toxicomanies (OEDT) dans un rapport publié le 24juin, qui met en garde contre le recours éventuel à laneurochirurgie ou encore la stimulation cérébraleprofonde, qui consiste à implanter des électrodes dansles régions du cerveau qui jouent un rôle dans ladépendance.
Pour le président de l’OEDT, Marcel Reimen, "ildevient urgent d’étudier les implications des recherchesneuroscientifiques sur la dépendance" afin de garantirqu’elles "préservent les droits de l’homme etprotègent les valeurs éthiques du consentement, de laliberté, de l’égalité et du respect de lavie privée".

Vers des coffee-shops danois ?
Le comité des affaires sociales de la ville de Copenhaguerecommande "d’envisager sérieusement" unedécriminalisation de l’usage et/ou de la vente decannabis. Partant du constat que "rien ne prouve qu’unaccès facilité au cannabis entraîne plusd’utilisateurs ou d’accros", le comité proposede mettre fin à la prohibition afin de lutter contre laviolence des gangs. Une mesure soutenue par une majorité despartis représentés au conseil municipal, dont certainsdéfendent même un système de coffee-shopsà la néerlandaise "pour tarir l’une des sourcesde revenus des gangs".
Justement, aux Pays-Bas, une commission d’expertspréconise de "rendre aux coffee-shops leur vocationinitiale" de diffusion du cannabis à une petiteéchelle en en réservant l’accès aux seulsmembres. Toujours dans l’idée de lutter contre lemarché noir qui finance, y compris aux Pays-Bas, la grandecriminalité, la commission recommande également que laproduction pour vendre à ces mêmes coffee-shops soitlégalisée.
Ces recommandations serviront de base à une réforme dela politique des drogues qui doit être présentéeau Parlement en septembre.

Sidaction ouvre le débat sur l’échange deseringues en prison
Une rencontre a été organisée le 25 juin parSidaction afin d’ouvrir le débat surl’échange de seringues en prison à travers uneévaluation des expériences étrangères eten donnant la parole à "l’ensemble des acteursinstitutionnels et à la société civile".Las, aucun représentant de la Missioninterministérielle de lutte contre la drogue et lestoxicomanies (Mildt) n’a assisté aux débats. Uneabsence qui a fait réagir AIDES, Act Up-Paris, l’AFR etSidaction. "La Mildt, censée mettre tout le monde autour dela table, était l’interlocuteur attendu. Par son absence,elle montre son désengagement à l’égard dusujet [et] s’enferme dans une attitude absurde etidéologique, en contradiction avec sa mission deprévention", ont dénoncé les associationsdans un communiqué commun.

Cannabis et schizophrénie : sujet sans fin
Selon une étude de Frischer M. et coll. publiée le 26juin dans l’édition en ligne de SchizophreniaResearch, le nombre de cas de schizophréniediagnostiqués au Royaume-Uni dans les années 1996à 2005 ne soutient pas l’hypothèse selon laquellela consommation de cannabis augmente le risque dedéveloppement de la schizophrénie ou d’unepsychose. Les chercheurs de l’université de Keele(Staffordshire) ont analysé les informations issues de 183consultations médicales, couvrant annuellement environ 2,3% dela population âgée de 16 à 44 ans. Entre 1996 et2005, les cas de schizophrénie et de psychose ontété stables ou en baisse.
Une étude récemment publiée stipule que laconsommation de cannabis a été multipliée parquatre entre 1972 et 2002, et par 18 pour les jeunes de moins de 18ans. Comme le suggère une autre étude, si le risque deschizophrénie est multiplié par 1,8 parmi lesconsommateurs légers, et par 3,1 pour de plus grosconsommateurs, en acceptant un risque plus élevépendant 20 ans, on aurait dû constater une augmentation de 29%de l’incidence de la schizophrénie entre 1996 et 2005.Les chercheurs en concluent que "cette étude ne permet pasde lier le cannabis à la schizophrénie et auxpsychoses".

Les trente ans de l’Anitea
L’Association nationale des intervenants en toxicomanie etaddictologie (Anitea) a fêté ses 30 ans les 11 et 12juin à la Cité des sciences et de l’industrie,à Paris. Deux riches journées auxquelles aassisté un nombreux public, et marquées par lesinterventions des philosophes Bernard Stiegler et Patrick Viveret, dudirecteur du Centre Marmottan Marc Valleur ou du psychologue StantonPeele. A cette occasion a été présenté unfilm de 52 minutes sur l’histoire du dispositif de soins et deprévention en toxicomanie mis en place sur le territoirefrançais depuis 1975, réalisé par MauricioMartinez Cavard pour l’Anitea.

Une étude sur la consommation de MSO
Les résultats d’une étude sur la consommation demédicaments de substitution aux opiacés (MSO)menée conjointement par la Cnamts et l’OFDT ontété présentés dans le n° 65 de larevue Tendances (mai 2009). Se basant pour la premièrefois sur l’ensemble du territoire à partir de deuxéchantillons représentatifs debénéficiaires du régime général del’Assurance maladie tirés au sort pour les années2006 et 2007, l’étude s’est attachée àdécrire les modalités de consommation des MSO sur cesdeux années (niveaux de consommation, associationsmédicamenteuses) mais approche aussi, à traversnotamment les durées de traitement,l’intentionnalité de leurs usages (thérapeutiqueou non) et précise, le cas échéant, les abus oudétournements rencontrés.

Un décès sur 10 dû à l’alcoolen Europe
Un décès sur 25 dans le monde, et 1 sur 10 enEurope, est une conséquence de la consommation d’alcool,bien que plus d’une personne sur deux dans le monde n’enait jamais consommé, selon des études publiéesfin juin dans la revue britannique The Lancet. La consommationmoyenne dans le monde est évaluée à 6,2 litresd’alcool pur par an, soit environ l’équivalent parsemaine de 12 unités (une unité = 10g d’alcoolpur). Elle varie de 21,5 unités par semaine en Europe à18 unités en Amérique du nord et seulement 1,3unité dans les pays de la Méditerranéeorientale.
En 2004, 3,8% des décès (6,3% pour les hommes, 1,1%pour les femmes), soit à peu près un sur 25,étaient attribuables dans le monde à l’alcool. Unchiffre en hausse depuis 2000, davantage de femmes buvant del’alcool. En Europe, les chiffres étaient nettement plusélevés, avec 10% des morts attribuables àl’alcool, voire 15% en Russie.