Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 55

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Publications

Les nouvelles tendances de consommation de drogues à Paris

par Claudine Vallauri


Tendances récentes sur la toxicomanie et les usages de drogues à Paris : état des lieux en 2008 (Trend)
Halfen S., Grémy I.
Observatoire régional de santé d’Ile-de-France, juin 2009
Rapport (162 pages) et synthèse (4 pages)
www.ors-idf.org



Principales évolutions des usages de drogues à Paris entre 2002 et 2008 à partir des données du dispositif Trend
Halfen S., Grémy I.
Observatoire régional de santé d’Île-de-France, juin 2009, pages
www.ors-idf.org


Le rapport de l’Observatoire régional de santé d’Ile-de-France décrit - pour l’espace urbain, pour l’espace festif, et pour chaque produit - les tendances émergentes, les contextes et les modalités d’usages, les caractéristiques des usagers, la perception du produit, les dommages sanitaires et sociaux associés, la disponibilité, le prix, l’organisation des trafics.

Sur le plan des contextes de consommations et des trafics, l’année 2008 a été marquée par :
- un processus de concentration des phénomènes liés à l’usage de drogues dans les quartiers du Nord-Est parisien ;
- une moindre visibilité des trafics dans les espaces publics, un déplacement des lieux de revente et une réorganisation des modalités de trafic (conséquences d’une pression policière soutenue) ;
- l’apparition de squats d’usagers de crack "administrés" par des revendeurs.

Concernant les usagers, les observations 2008 confirment :
- la précarité sociale et sanitaire particulièrement élevée des usagers de crack ;
- la diversification des caractéristiques des usagers associées à chaque produit (usage de crack/free base dans les espaces festifs alternatifs ; intérêt pour l’héroïne en hausse chez les usagers dans les espaces festifs non commerciaux ; usage d’héroïne dans une population socialement insérée) ;
- certaines spécificités des femmes usagères de drogues par rapport aux hommes (à un stade de désocialisation élevé, les femmes usagères de drogues ont un niveau de consommation supérieur à celui des hommes, elles sont plus concernées par la pratique de la prostitution ; elles ont un usage important de médicaments détournés).

Pour les produits consommés, on note :
- l’apparition de nouvelles modalités de gestion des consommations d’alcool dans les espaces festifs (association avec d’autres substances pour gérer les effets secondaires, consommation anticipée) ;
- la disponibilité constante et élevée du cannabis ;
- l’accroissement de la disponibilité et de l’accessibilité de l’héroïne ainsi qu’un intérêt en hausse pour ce produit dans les espaces festifs non commerciaux ;
- une baisse de la disponibilité de l’ecstasy en comprimés et une hausse de celle de l’ecstasy en poudre ;
- la disponibilité du LSD orientée à la hausse ;
- des niveaux élevés de trafics de buprénorphine ainsi qu’une hausse des usages détournés de Ritaline® ;
- une hausse des demandes de prise en charge des consommations de cocaïne.

Une analyse rétrospective sur six ans
Une analyse rétrospective accompagne cette publication. Elle revient sur les évolutions mises en évidence de 2002 à 2008 comme :
- la hausse des consommations d’alcool dans les espaces festifs,
- la diffusion et la banalisation de la cocaïne,
- l’accroissement de la disponibilité et de l’accessibilité de l’héroïne,
- les modifications des usages et des contextes de consommation de l’ecstasy,
- la hausse des prix de revente des médicaments détournés.

Elle montre que les caractéristiques des usagers associés à chaque produit sont moins spécifiques, signe d’une poursuite de la diffusion des usages dans de nouveaux groupes. Elle met aussi en évidence une amélioration générale de l’état de santé des usagers de drogues, conséquence de la politique de réduction des risques.



1 Trend (Tendances récentes et nouvelles drogues) est un dispositif d’observation mis en place et coordonné au niveau national par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) depuis 1999. Il fait l’objet chaque année d’un rapport national et d’un rapport pour chacun des sites locaux d’observation.