Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


Recherche dans SWAPS avec google
   

SWAPS nº 52

vers sommaire

Brèves n°52

Jeunes et alcool : incompréhension des associations
La ministre de la santé a provoqué "l’incompréhension et l’inquiétude" des associations de prévention en alcoologie en déclarant fin octobre au Figaro qu’elle ne s’opposerait pas à un amendement parlementaire autorisant la publicité pour les boissons alcoolisées sur l’internet. Selon ces associations, même si la ministre exclut du champ d’application de la loi les sites "dédiés à la jeunesse et au sport", il s’agit de fait d’une "autorisation de faire de la publicité sur tous les sites". L’annonce a d’autant plus surpris que Roselyne Bachelot venait de présenter un projet de loi limitant la disponibilité de l’alcool par des mesures restrictives concernant notamment les mineurs. Ce revirement "met à mal la cohérence et la lisibilité de la politique de santé publique", ont estimé dans un communiqué commun l’Anpaa, la F3A, Avenir santé, la FFA, la Société française de santé publique, la Ligue contre le cancer, l’Anitea et l’Union nationale des associations familiales.

Etats-Unis : une nouvelle ère pour la RdR ?
Si le candidat républicain John McCain s’est toujours déclaré pour la "guerre à la drogue", que penser des convictions et des projets du nouveau président élu en matière de drogue et de réduction des risques ? Barack Obama s’était prononcé, en 2004, pour la décriminalisation de l’usage de marijuana, mais a levé la main lors d’un vote contre cette même décriminalisation lors d’un débat au début de la campagne, avant que son équipe affirme qu’il avait "toujours" supporté cette décriminalisation... Atermoiements qui pourraient s’expliquer par la crainte d’être taxé de faiblesse à l’égard des drogues : rappelons qu’Obama est le premier candidat (et a fortiori élu) à la présidence des Etats-Unis à avoir admis avoir fumé de la marijuana et pris de la cocaïne dans sa jeunesse. Cette consommation assumée conforte ceux qui espèrent une évolution importante de la politique américaine de lutte contre les drogues. Obama s’est d’ailleurs prononcé durant la campagne en faveur de l’usage médical de la marijuana et de la fin de l’interdiction d’allouer des fonds fédéraux aux programmes d’échange de seringues.

15,9 millions d’injecteurs dans le monde
Selon les résultats d’une revue systématique mise en ligne sur le site du Lancet fin septembre, le nombre d’usagers de drogues par voie intraveineuse dans le monde peut être évalué à 15,9 millions (11,0-21,2). Les plus grands nombres d’injecteurs vivent en Chine, aux Etats-Unis et en Russie. La prévalence du VIH parmi les injecteurs atteindrait respectivement dans ces trois pays 12%, 16% et 37%. Cette prévalence se situe entre 20% et 40% dans cinq pays et au-dessus de 40% dans neuf autres. Le nombre d’usagers de drogues séropositifs pour le VIH dans le monde est estimé à 3 millions (0,8-6,6).

Des souris et des hommes
Les conditions de vie jouent un rôle majeur dans le traitement de la dépendance aux drogues et la prévention de la rechute, du moins chez les souris, selon une étude réalisée par des chercheurs du CNRS et publiée fin octobre dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences américaine (PNAS). Marcello Solinas, Mohamed Jaber et leur équipe de l’Institut de physiologie et biologie cellulaire (Université de Poitiers) ont sevré des souris rendues dépendantes à la cocaïne en les plongeant dans ce qu’ils appellent un "environnement enrichi " : grandes cages munies d’une petite maison, roue pour courir, tunnels et autres jouets "changés une fois par semaine" afin de stimuler leur curiosité et leur activité sociale et physique. Selon les chercheurs, "trente jours d’exposition à un environnement enrichi abolissent complètement les comportements caractéristiques de la dépendance". Ils expliquent ce changement par la "réduction de l’activation induite par la cocaïne d’un ensemble de structures cérébrales impliquées dans la transmission dopaminergique et ayant un rôle connu dans la rechute". Pour les chercheurs, ces résultats suggèrent que "les conditions de vie des personnes dépendantes devraient être considérées comme faisant partie de leur thérapie". - AFP

Plaisir et usage de drogue
La livraison d’octobre 2008 de l’International Journal of Drug Policy (IJDP), la revue éditée par l’IHRA, explore comment une plus grande attention à la question du plaisir dans l’usage de drogue pourrait dynamiser les approches de réduction des risques. Au menu du numéro (vol. 19, n°5), la présentation de recherches sur la perception des jeunes de leur consommation d’alcool, l’injection de temazepam, les rapports entre plaisir et inhalation, les relations entre vendeurs et acheteurs d’ecstasy, l’usage de ritaline, etc. Enfin, Kane Race s’appuie sur L’Histoire de la sexualité, de Michel Foucault, pour affirmer l’importance pour la réduction des risques de la distinction entre approches thérapeutiques et socio-pragmatiques du plaisir.

Le Sahrn lance une newsletter
Créé il y a deux ans à Nairobi (Kenya), le Réseau de RdR pour l’Afrique subsaharienne (Sahrn) vient de publier (en anglais) sa première "newsletter". Celle-ci propose un compte rendu de la 19e conférence de l’IHRA (lire Swaps n°51), ainsi que des articles sur l’Afrique du Sud et l’île Maurice.
www.ihra.net/Assets/1318/1/SAHRNUpdateNewsletter1.pdf

Jeunes adolescents : les données de l’enquête HBSC
Les résultats français de l’édition 2006 de l’enquête Health Behaviour in School-aged Children (HBSC) viennent d’être publiés par l’Inpes. Plus de 7000 élèves ayant entre 11 et 15 ans ont participé pour la France à cette enquête internationale menée tous les quatre ans dans une quarantaine de pays. L’expérimentation précoce du cannabis chez ces jeunes adolescents est rare (seuls 5% des élèves de 13 ans disent en avoir déjà fumé au cours de leur vie). Son usage semble stagner depuis 2002 : 29% des élèves de 15 ans avaient déclaré en avoir déjà fumé, contre 28% en 2006. Comme en 2002, ces taux placent notre pays parmi les plus consommateurs : à 15 ans, la France occupe le 6e rang (les trois premières places reviennent au Canada, à l’Espagne et aux Etats-Unis).
Concernant l’alcool, la France se situe dans la deuxième moitié des pays de l’échantillon. L’ivresse y est également assez peu répandue en comparaison avec les autres pays. Cependant, elle présente une forte augmentation puisque désormais 41% des élèves de 15 ans déclarent avoir déjà été ivres contre 30% en 2002. Quant à l’expérimentation du tabac, même si elle demeure plutôt courante à 15 ans, elle affiche une baisse notable depuis 2002 (63% à 52%). De même, le tabagisme quotidien poursuit sa baisse, confirmant une tendance notée entre 1998 et 2002.