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SWAPS nº 50

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Dossier

Traitements de substitution du nouveau en 2008 !

par La Rédaction

Depuis l'arrivée en France de la buprénorphine haut dosage (BHD) et de la méthadone au milieu des années 1990, l'offre de traitements de substitution aux opiacés (TSO) n'avait pas évolué. L'année 2008 marque une nouvelle étape avec la mise à disposition d'une autre forme galénique de la ­méthadone, de nouveaux dosages de la BHD, ainsi que la commercialisation de l'association buprénorphine-naloxone. Swaps fait le point sur la question.

Des gélules de méthadone aux dosages de 1 mg, 5 mg, 10 mg, 20 mg et 40 mg sont disponibles depuis la fin mars 2008 à un prix 10% plus cher que celui de la méthadone en sirop. Le développement de cette forme orale solide "répond à une demande, exprimée fortement à la fois par les professionnels de santé concernés mais aussi par les représentants et associations de patients", d’avoir une présentation plus facile d’utilisation que la forme sirop, expliquait Jean Marimbert, directeur général de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) lors de l’annonce, en septembre 2007, de son autorisation de mise sur le marché.
Fabrice Olivet, d’Asud, rappelle que la question de la galénique avait déjà été posée au moment de l’introduction de la méthadone, en 1997 : "A l’époque, certains décideurs qui n’étaient pas convaincus par la réduction des risques espéraient même que le mauvais goût du sirop rebuterait les utilisateurs..." Pour lui, la nouvelle galénique a le double avantage d’éviter l’infantilisation des usagers et de faire évoluer l’image du produit, trop souvent assimilé à de la drogue.
Plusieurs dispositions ont néanmoins été prises pour suivre et minimiser les risques associés à la mise à disposition de cette nouvelle présentation, car tous les intervenants partagent la crainte qu’en cas de "débordements", la gélule soit retirée du marché. Thierry Kin, chef de projet méthadone des laboratoires Bouchara-Recordati, précise ces dispositions ainsi que les enjeux liés à cette nouvelle offre de substitution dans l’entretien qu’il nous a accordé dans ce numéro (voir l'article "Pérenniser la méthadone sèche").
Coïncidence de calendrier, l’année 2008 devrait aussi être celle de l’arrivée en France de l’association buprénorphine-naloxone. Commercialisée sous le nom de Suboxone®, elle a été conçue pour limiter les risques de mésusage intraveineux de la buprénorphine, la naloxone, molécule antagoniste des récepteurs morphiniques, étant destinée à accentuer un effet de manque lorsqu’elle est administrée par voie intraveineuse.

Le produit, qui a obtenu son AMM européenne en 2006, est commercialisé par le laboratoire Schering-Plough. Son directeur médical, Alain Rimailho, a répondu aux questions de Swaps sur ce nouveau produit (interview dans ce numéro). Nous publions aussi un compte rendu d’une rencontre organisée lors du dernier congrès THS à Biarritz, au cours de laquelle plusieurs spécialistes anglo-saxons ont partagé leur expérience de cette association médicamenteuse (voir l'article ''Suboxone® l’éclairage des expériences à l’étranger" dans ce numéro).

Enfin, le comité de rédaction de Swaps a souhaité profiter de cette actualité pour interroger William Lowenstein, responsable du groupe TSO de la Commission nationale addictions, sur l’offre de substitution française (voir l'article "Evaluer l’évolution des patients" dans ce numéro), qui devrait aussi bénéficier, comme l’a annoncé en mars le laboratoire Mylan, division générique de Merck, de trois nouveaux dosages de buprénorphine (1 mg, 4 mg et 6 mg) d’ici la fin de l’année. Selon le Dr Lowenstein, "cet affinement des formes posologiques va permettre un meilleur ciblage des traitements et une rigueur individuelle, adaptés à chaque patient".