Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 49

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Edito n°49

par Gilles Pialoux

Il est naturellement une fois de plus question, dans cette livraison de Swaps, de la réduction des risques (RdR). D’ailleurs pourquoi ce singulier si singulier ? Le concept qui a fait - oh combien* - ses preuves en matière de risque VIH et d’usage de drogues doit se décliner, en fait, en bien d’autres risques, VHC par exemple, et en bien d’autres pratiques, à commencer par sexuelles. Et en autant d’enjeux, comme l’illustre le récit de notre envoyé spécial à la CLAT**, sise cette année en terre milanaise.
Enjeux d’adaptation d’abord en collant de plus près aux flux et reflux des produits et aux modifications des pratiques. Enjeux d’externalisation aussi en s’appliquant donc au risque (homo ou hétéro) sexuel de transmission du VIH, voire du VHC. Enjeux politiques, enfin, comme en attestent les velléités de la droite populiste helvétique d’abandonner le fantasme d’une société sans drogue pour celui d’une société sans drogués sous prétexte de RdR, à l’image de cette proposition de "substituer" aux salles de consommation des "foyers" où l’usage de drogues serait interdit mais qui seraient en revanche ouverts 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, dans le but à peine caché de retirer les usagers de drogue du regard de leurs concitoyens.
La géostratégie aujourd’hui appliquée à la RdR permet de mesurer le champ politique dans lequel cet outil de santé publique doit désormais se débattre. Coût-efficace et stable sur le plan sanitaire, la RdR est instable politiquement. De Barcelone à Milan en passant par Londres, Berne... ou Paris, la RdR doit trouver son positionnement entre volonté politique et objet de récupération.


* Dans les dernières estimations de l’INVS, le groupe de transmission "usagers de drogues" ne représente plus que moins de 2% des nouvelles déclarations d’infection par le VIH.
** Conférence latine sur la réduction des risques