Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 47

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Brèves n°47

25 millions d’usagers "problématiques "
Environ 200 millions de personnes consomment des drogues dans le monde, soit 4,8% de la population mondiale âgée de 15 à 64 ans, et cette consommation atteint un niveau "problématique" pour 25 millions d’usagers, estime l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans son rapport 2007, publié fin juin. "Traiter ceux qui souffrent de la drogue est un investissement dans la santé de nos nations, tout comme la lutte contre le VIH, le diabète ou la tuberculose", a affirmé Antonio Maria Costa, son directeur, lors de la présentation du rapport.
"La dépendance aux drogues est une maladie qu’on peut prévenir et traiter. La détection précoce, de plus grands efforts de prévention, de meilleurs traitements de la dépendance et l’intégration des traitements dans les programmes sociaux et de santé publics peuvent libérer les consommateurs", fait valoir le directeur de l’ONUDC.

Les routes de l’Afrique
Le même rapport de l’ONUDC s’inquiète par ailleurs du fait que les routes du trafic de drogue passent de plus en plus par le continent africain, ainsi exposé à ce fléau supplémentaire.
Les experts de l’ONU ont relevé des indices de trafic "encore faible mais croissant" d’héroïne d’Afghanistan transitant par l’Afrique orientale et occidentale à destination de l’Amérique du Nord. De même, "le trafic de cocaïne à destination de l’Europe passe habituellement par les Caraïbes, et chaque fois davantage par l’Afrique", où les saisies de cocaïne ont été multipliées par 6 durant la période 2000-2005.

Le "crystal" creuse son trou aux Etats-Unis
Les jeunes Américains consomment davantage de méthamphétamine, ou "crystal", que les études ne le montraient jusqu’à présent, selon une étude des National Institutes of Health publiée en juin. Quelque 2,8% des jeunes adultes de 18 à 26 ans ont fumé du "crystal", rapporte l’étude.
Les plus grands consommateurs sont les Blancs (majoritairement de milieu modeste) et les Indiens. Ces résultats, qui portent sur les années 2001-2002, révisent à la hausse une étude précédente qui évoquait un taux de 1,4% d’usage du crystal chez les jeunes adultes de 19 à 28 ans. Le crystal se présente sous la forme de cristaux incolores. Bon marché, il a des effets euphorisants, crée une forte dépendance et affecte le système nerveux. "Même un usage occasionnel s’associe avec de multiples risques sociaux et sanitaires", alerte le docteur Elias Zerhouni, directeur des NIH.

Un décret précise les missions des Csapa
Publié le 15 mai au Journal officiel, le décret no 2007-877 précise les missions des Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa). Il sera complété par un décret en conseil d’Etat qui modifiera les codes de la santé publique et de l’action sociale. Une circulaire "Csapa et schémas d’addictologie" doit accompagner la mise en oeuvre du décret.
Le ministère de la santé et des solidarités à d’autre part envoyé le 16 mai aux directeurs des agences régionales de l’hospitalisation ainsi qu’aux préfets une circulaire qui "vise à préciser les rôles et articulations de chaque volet du dispositif de prise en charge et de soins aux personnes ayant une conduite addictive" : les pôles ville, sanitaire et médico-social de l’addictologie à partir des objectifs du plan addiction.

Une nouvelle définition du mot "drogue"
L’Académie nationale de médecine propose une nouvelle définition du mot "drogue", afin de "lever des équivoques fâcheuses". La voici : "Substance naturelle ou de synthèse dont les effets psychotropes suscitent des sensations apparentées au plaisir, incitant à un usage répétitif qui conduit à instaurer la permanence de cet effet et à prévenir les troubles psychiques (dépendance psychique), voire même physiques (dépendance physique), survenant à l’arrêt de cette consommation qui, de ce fait, s’est muée en besoin.A un certain degré de ce besoin correspond un asservissement (une addiction) à la substance ; le drogué ou toxicomane concentre alors sur elle ses préoccupations, en négligeant les conséquences sanitaires et sociales de sa consommation compulsive. En aucun cas le mot drogue ne doit être utilisé au sens de médicament ou de substance pharmacologiquement active."

Les gélules de méthadone arrivent
Après deux ans de discussions, la forme sèche de la méthadone devrait être autorisée très prochainement par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), et sa commercialisation est envisagée fin 2007. Présentée sous forme de gélules disponibles en cinq dosages (1 mg, 5 mg, 10 mg, 20 mg et 40 mg) en boîtes de 7, elle ne pourra être prescrite qu’aux personnes suivant depuis un an au moins un traitement sous sa forme sirop. La première prescription devra être faite soit dans un Csapa, soit à l’hôpital, le patient pouvant par la suite être pris en charge par son médecin généraliste.

Le trafic de buprénorphine en ligne de mire
La Sécurité sociale va "renforcer les actions répressives" contre le trafic de Subutex®, annonce Pierre Fender, directeur de la répression des fraudes de l’assurance maladie, dans une interview au Parisien du 16 juin : "Tous les acteurs de la lutte contre la fraude (assurance maladie, police, justice) se sont réunis en mai afin de définir de nouvelles actions. Nous allons notamment renforcer les actions répressives : en plus des assurés, nous déposerons plainte au pénal, si nécessaire, contre les médecins ou les pharmaciens mis en cause".
Le plan de lutte contre les fraudes mis en place depuis 2004 par l’assurance maladie, "qui a permis de récupérer 1 million d’euros environ", a "porté ses fruits", estime-t-il, même s’il évalue le montant des fraudes "aux environs de 4 millions d’euros" en 2006.
Mais surtout, M. Fender espère la mise en place au niveau national d’un dispositif expérimenté jusqu’à présent en Haute-Garonne qui vise à instaurer un meilleur encadrement des prescriptions.
Le patient passerait un contrat avec le médecin de son choix, dès lors seul habilité à lui fournir son traitement, et devrait indiquer la pharmacie dans laquelle il compte se rendre, dont le nom serait alors inscrit sur l’ordonnance.

Améliorer la prise en charge de l’hépatite C
Issu d’une volonté de créer des circuits adaptés à la prise en charge des patients substitués atteints par l’hépatite C, le programme "Hep’Tox", qui bénéficie du soutien du laboratoire Schering-Plough, va être lancé en septembre lors d’une journée nationale qui réunira quarante binômes hépatologue-Csapa. Afin de lever les obstacles au traitement de l’hépatite C chez les usagers de drogues, le programme Hep’Tox entend en effet favoriser, par la proposition d’un parcours codifié, un rapprochement entre les hépatologues et les équipes des Csapa. Lors d’une conférence de presse visant, début juin, à présenter ce programme, Gilles Picard, le président de Schering-Plough pour la France, en a profité pour annoncer la mise sur le marché "dans un proche avenir, probablement début 2008, de Suboxone® [une combinaison de buprénorphine et de naloxone] ", afin de "réduire l’attractivité de la buprénorphine et son mésusage par voie intraveineuse".

Un portail européen sur les drogues
Elisad Gateway : c’est le nom d’un nouveau portail Internet qui permet, à partir de l’adresse www.addictionsinfo.eu, de rechercher les meilleurs sites sur l’alcool, les drogues et les addictions. Développé par 24 centres de documentation spécialisés membres du réseau Elisad (lire Swaps n° 40-41), ce service offre un libre accès à un millier de sites de qualité dans 35 pays d’Europe et dans 17 langues européennes.
On peut y trouver des informations et des documents sur l’éducation et la prévention, les traitements, les politiques et les recherches, et identifier des organisations œuvrant dans d’autres pays européens. La coordination du projet a été assurée par Toxibase et l’OFDT, et sa conduite technique par Archido.