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SWAPS nº 46

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Brèves n° 46

Distribution d’héroïne : la Belgique suit l’Allemagne
Les sept villes allemandes qui distribuent de l’héroïne à des toxicomanes très dépendants vont pouvoir poursuivre ce programme, a indiqué fin janvier le chef du groupe parlementaire conservateur en Allemagne (CDU et CSU), qui s’opposait jusqu’ici à toute prolongation. Il a cependant rejeté toute extension de ce projet pilote à d’autres villes. Les sept municipalités (Francfort, Hambourg, Bonn, Hanovre, Karlsruhe, Cologne et Munich) avaient demandé avec insistance que la distribution d’héroïne de synthèse (diamorphine) sous surveillance médicale se poursuive, arguant que ce traitement avait fait ses preuves sur les toxicomanes très dépendants, pour lesquels toutes les thérapies de désintoxication et de substitution avaient échoué. C’est dans cette optique que les ministres belges de la santé et de la justice ont donné courant mars leur aval à un projet pilote de traitement avec diacétylmorphine qui devrait débuter cette année à Liège.

La cocaïne se banalise en Italie
Selon l’institut de recherche Eurispes, 7% des Italiens de 14 à 54 ans, soit 2130000 personnes, déclarent avoir consommé de la cocaïne au moins une fois dans leur vie, et 286000 en ont pris durant le seul mois de décembre 2006. Le ministre de l’Intérieur a saisi l’occasion d’un déplacement à Naples, début février, pour tirer la sonnette d’alarme : "la consommation de cocaïne est gigantesque, la demande est effrayante", a-t-il déclaré. On ne peut pas demander aux forces de l’ordre de combattre seules le trafic "si une telle demande vient des familles, des adultes et des jeunes adultes", a-t-il averti. Dans la seule région de Naples, une tonne de cocaïne a été saisie en 2006. A Milan, un habitant sur dix aurait pris de la cocaïne, selon les services sanitaires locaux. 25000 déclarent en prendre au moins une fois par mois, et 15000 seraient dépendants. (AFP)

Le maire d’Epinal veut expérimenter les salles de consommation
"Il faut expérimenter les salles de consommation afin d’accueillir des personnes qui se droguent de manière très régulière, de faire en sorte qu’elles le fassent dans de bonnes conditions sanitaires, pour les emmener vers des produits de substitution et ensuite vers le sevrage, affirme le député-maire d’Epinal Michel Heinrich (UMP). Bien sûr, je ne dis pas que c’est un dispositif à généraliser. Ce n’est pas la panacée, mais quelque chose qu’il faudrait essayer, dans un cadre bien précis, avec un encadrement très expérimenté." Pharmacien de profession, Michel Heinrich est rapporteur de la mission santé publique pour la loi de financement de 2007.
Il a consacré une partie de son rapport à "l’enfer des paradis artificiels : comment renforcer l’efficacité de l’action publique en matière de lutte contre les drogues illicites". (AFP)

Tests de dépistage de la drogue au volant
La gendarmerie expérimente plusieurs tests de dépistage instantané de consommation de drogue au volant, basés sur la salive, pour une mise en service prévue courant 2008. Selon le colonel de gendarmerie Jean-Robert Bauquis, ces tests sont "compliqués" à mettre en oeuvre car il s’agit de détecter quatre familles de produits stupéfiants : cannabis, amphétamines, cocaïne et opiacés. Le test qui sera utilisé "devra être le plus fiable possible avec un seuil de sensibilité le plus élevé possible", et "plusieurs entreprises ont été mises en concurrence dans le cadre d’une procédure de "dialogue compétitif "", explique le colonel Bauquis. Une première campagne d’expérimentions vient de se dérouler dans la région Centre. Une seconde se tiendra cet été dans trois autres régions auprès de plusieurs centaines d’automobilistes. (AFP)

Le nombre de plantations de cannabis a triplé à Londres
Le nombre de plantations de cannabis découvertes par la police en Grande-Bretagne a triplé depuis deux ans, avec une moyenne de trois plantations saisies chaque jour ces derniers mois, a affirmé mardi 13 mars l’organisation d’information sur les drogues DrugScope. 1500 plantations ont été découvertes à Londres au cours des deux dernières années, contre 500 les deux années précédentes, selon le rapport de DrugScope. Aujourd’hui, plus de 60% du cannabis vendu en Grande-Bretagne sont cultivés dans le pays, contre seulement 11% il y a dix ans. Ces plantations se trouvent généralement dans des résidences privées (souvent vides) ou des propriétés commerciales, estime DrugScope.

Travail communautaire pour "mammy cannabis"
Une grand-mère anglaise récidiviste, qui cuisinait avec du cannabis pour lutter contre la dépression, a été condamnée début mars à 250 heures de travaux d’intérêt général.
Le jury n’a mis que 15 minutes pour juger coupable, à l’unanimité, Patricia Tabram, 68 ans, qui cultivait quatre pieds de cannabis dans une armoire à son domicile, en violation d’une condamnation à six mois de prison avec sursis. "Je vais continuer à me soigner avec du cannabis. Ce tribunal n’est pas compétent et je vais faire appel et déposer plainte car je n’ai pas eu droit à un avocat", a déclaré Mme Tabram après sa condamnation, disant qu’elle n’avait pas peur d’aller en prison. La police était intervenue chez elle sur dénonciation et avait trouvé, outre les plants, un bocal de poudre de cannabis près de la cuisinière. Auteur du livre Mamie mange du cannabis et deux fois grand-mère, Mme Tabram avait indiqué à la police que son congélateur était rempli de plats cuisinés et de glaces contenant du cannabis, qui n’ont pas été confisqués pour ne pas la priver de nourriture. Elle a expliqué au tribunal qu’elle utilisait le cannabis pour lutter contre la dépression dont elle souffre depuis 1975, lorsqu’elle avait découvert son fils de 14 ans mort dans son lit, et soulager des douleurs persistantes dues à deux accidents de voiture. (AFP)

Les Américains se droguent moins mais boivent plus
L’usage de drogues illégales aux Etats-Unis a légèrement baissé en 2004-2005 mais la consommation d’alcool est en hausse, selon un rapport de l’Administration des services de santé mentale publié fin février. Un peu plus d’un Américain sur deux, soit 51,1%, consommait de l’alcool en 2004-2005 contre 50,2% en 2003-2004 et près d’un sur quatre (22,7%) s’adonne à des soûleries ("binge drinking"), définies par l’enquête comme le fait de boire au moins cinq verres en l’espace de quelques heures. La consommation de drogues illégales est en légère baisse à 8% contre 8,1% en 2003-2004. La marijuana est la drogue la plus utilisée : 6% de la population en fume. Après l’alcool, le tabac est la substance la plus consommée : 29,3% des Américains sont fumeurs. La cocaïne est utilisée par 2,3% de la population.
C’est dans la capitale fédérale, Washington DC, que l’usage de cocaïne est le plus répandu (3,4%). Il a même augmenté parmi les jeunes adultes de 18 à 25 ans pour atteindre 5,8% en 2004-2005 contre 4,1%, la période précédente. (AFP)

Tabac : les avertissements les plus gros sont les plus remarqués
Les avertissements sur les dangers du tabac figurant sur les paquets de cigarettes ont davantage d’impact sur les fumeurs lorsqu’ils sont présentés de façon explicite, voire crue, et régulièrement renouvelés, selon des chercheurs de l’Université de Washington. Ceux-ci ont mené une étude comparative sur l’efficacité de ces messages au Canada, en Grande-Bretagne, en Australie et aux Ztats-Unis. Entre 2002 et 2005, ils ont interrogé par téléphone quelque 15000 fumeurs de ces pays, leur demandant s’ils avaient remarqué ces messages. Selon les résultats de l’étude, publiée début février par l’American Journal of Preventive Medicine, les mises en garde les plus efficaces figurent sur les paquets de cigarettes canadiens qui comportent des photos de taille importante montrant par exemple une bouche aux gencives noircies et abîmées sous l’effet du tabac. 60% des fumeurs canadiens interrogés ont déclaré remarquer l’avertissement. (AFP)