Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 45

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Santé publique

Plan addictions : Où est le social ?

Renforcer et coordonner les dispositifs existants et développer les ressources à toutes les étapes de la prise en charge (prévention, dépistage, soins et accompagnement médico-social) : adopté à la mi-novembre en conseil des ministres, le plan 2007-2011 de "prise en charge et de prévention des addictions" se veut une réponse globale à un enjeu de santé publique majeur. Selon Xavier Bertrand, 77 millions d’euros y seront consacrés chaque année, soit un budget sur cinq ans de 385 millions.
Comme l’a précisé le ministre de la santé en conclusion de son intervention, "ce plan participe de la politique de réduction des risques pour les usagers de drogue que le gouvernement mène depuis 2002, avec trois objectifs : limiter le nombre de nouveaux usagers, les traiter et les aider à renoncer à l’usage de drogue et enfin réduire les conséquences graves liées à cet usage".
"Toutes les addictions sont à prendre en compte", qu’il s’agisse des produits (tabac, alcool, drogues illicites, médicaments) ou de comportements comme le jeu, a souligné M. Bertrand lors de l’installation de la Commission nationale addictions.
Composée de professionnels de santé, et de représentants des institutions et des associations, cette commission, qui aura la charge d’évaluer la mise en oeuvre des mesures du plan et leur efficacité, s’est réunie pour la première fois le 15 novembre, dans la foulée du conseil des ministres. Elle doit rendre un premier rapport "avec des propositions opérationnelles" d’ici trois mois.

Les six priorités du plan
Le plan 2007-2011 pour la prise en charge et la prévention des addictions définit six priorités et prévoit pour chacune d’entre elles une série de mesures, dont voici les principales :
priorité 1 Mieux prendre en charge les addictions dans les établissements de santé.
Le plan prévoit la mise en place de consultations spécialisées et d’équipes de liaison en addictologie dans les hôpitaux dotés d’un service d’urgence ; un service d’hospitalisation en addictologie pour 500000 habitants ; un pôle d’addictologie dans chaque CHU ; la création d’un tarif de séjour adapté aux procédures de sevrage complexe.
priorité 2 Mieux prendre en charge les addictions dans les centres médico-sociaux destinés aux personnes dépendantes.
L’objectif est de rapprocher les dispositifs spécialisés en créant des Centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie et de renforcer les structures existantes.
priorité 3 Articuler davantage l’offre de soins en ville avec les secteurs hospitalier et médico-social.
Un des objectifs est de mieux impliquer la médecine de ville dans la prise en charge des addictions.
priorité 4 Développer la prévention.
Le plan prévoit le développement en médecine de ville de la prévention de l’usage à risque de l’alcool ; le développement des actions de prévention à destination des femmes enceintes ; le lancement d’une campagne d’information grand public ; la mise en place d’un numéro de téléphone unique dédié aux addictions (0820 03 33 33) ; le renforcement du rôle des associations.
priorité 5 Renforcer la formation des professionnels.
Une filière d’enseignement en addictologie sera mise en place dans le cursus des études médicales et l’enseignement en addictologie sera développé pour les professions paramédicales et les travailleurs sociaux.
priorité 6 Renforcer et coordonner davantage la recherche en addictologie.
Le plan inscrit l’addictologie comme priorité dans les programmes de recherche clinique ; introduit l’addictologie au sein du plan de recherche sur le système nerveux central actuellement en préparation ; prévoit une évaluation de l’impact sur la santé des addictions sans substances, comme le jeu.