Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 44

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Brèves n°44

Les drogues à 17 ans : résultats de l’enquête Escapad 2005
Les premiers résultats du cinquième exercice de l’enquête Escapad ont été publiés début septembre par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Ils font état d’une augmentation de la consommation de cocaïne chez les Français de 17 ans interrogés lors de l’appel de préparation à la défense. L’alcool et le cannabis ont atteint un palier tandis que le tabac diminue.
Le pourcentage de garçons et filles ayant consommé de la cocaïne est passé de 1,6% à 2,5% entre 2003 et 2005.
Il a aussi augmenté pour les poppers (de 3,3% à 5,5%) et pour les amphétamines (de 1,8% à 2,2%). Des hausses jugées "significatives" par l’OFDT.
Concernant l’alcool, l’usage régulier, qui reste surtout masculin, décroît par rapport à 2003 (18% des garçons au lieu de 21% ; et 6% des filles au lieu de 7%). En revanche, les ivresses régulières, qui concernent également surtout les garçons, apparaissent en hausse, passant de 7 à 10%. Au cours des 30 derniers jours, presque un jeune sur deux (46%) dit avoir bu au moins cinq verres d’alcool en une seule occasion, 2,2% déclarant l’avoir fait au moins 10 fois. Cette consommation correspond au phénomène du binge drinking (consommation excessive d’alcool) anglo-saxon, mais reste en France trois à quatre fois inférieur aux taux enregistrés dans le Nord de l’Europe, particulièrement en Grande-Bretagne.
Une des évolutions majeures de l’enquête est la baisse du tabagisme entre 2003 et 2005. On note en effet un recul de cinq points de l’expérimentation de tabac (72%) et de la proportion de fumeurs quotidiens (34% chez les garçons et 32% parmi les jeunes filles). Par ailleurs, un tiers de ceux qui déclarent fumer quotidiennement disent avoir réduit leur consommation journalière suite aux dernières hausses du prix des cigarettes en 2003 et 2004 mais un tiers a échoué dans sa tentative d’arrêt.

Le ministre de la santé renonce au classement de la buprénorphine
Le débat ouvert ces derniers mois sur l’opportunité d’inscrire la buprénorphine haut dosage au tableau des stupéfiants, dont Swaps s’était fait un large écho dans sa dernière livraison, a été refermé cet été par le ministre de la santé, qui a finalement renoncé à prendre cette décision. Après avoir engagé une première concertation, Xavier Bertrand a pris acte de l’opposition de la majorité des acteurs de la réduction des risques, et a préféré créer une commission pour régler le problème du trafic et du mésusage, les deux problèmes qu’entendait combattre la Mildt en proposant le classement comme stupéfiant. La Commission consultative nationale visant à l’amélioration de la prise en charge des personnes ayant des conduites addictives (Cnappa) devrait commencer ses travaux à la rentrée.

Les ventes de tabac repartent à la hausse
Les ventes de tabac ont augmenté de 2,8% en France sur les cinq premiers mois de l’année par rapport à 2005, a annoncé début août la confédération des débitants de tabac. Ce résultat marque le premier changement de tendance depuis 2002, lorsque le prix du tabac avait connu plusieurs fortes augmentations. Mais le moratoire sur les prix obtenu depuis deux ans par les buralistes a émoussé l’effet de ces augmentations, estiment les spécialistes. La part de fumeurs dans la population française âgée de 12 à 75 ans est passée de 33,1% en 2000 à 29,9% en 2005.

Un "Top 20" de la dangerosité des drogues
Des experts britanniques ont classé pour la première fois l’impact des drogues en analysant vingt substances pour leur force d’addiction, leur impact social et leur risque pour la santé. Selon ce classement, présenté à la une du quotidien The Independant du 1er août, l’héroïne obtient le plus fort taux de "dangerosité", devant la cocaïne et les barbituriques. Suivent la méthadone de rue, l’alcool, la kétamine, les benzodiazépines, les amphétamines et le tabac.
Le cannabis est 11e, loin devant le LSD (14e) ou l’ecstasy (18e).
Ce travail met en évidence, selon ses auteurs, un fort décalage entre le classement officiel des produits au tableau des stupéfiants (voire leur légalité) et leur dangerosité réelle.
Un décalage néfaste à la politique de lutte contre la toxicomanie.

La production d’opium bondit en Afghanistan
La production d’opium en Afghanistan va augmenter de près de moitié cette année pour atteindre un record absolu malgré des centaines de millions de dollars dépensés pour lutter contre le fléau, a déclaré samedi 2 septembre à Kaboul Antonio Maria Costa, directeur de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC). "La culture de l’opium en Afghanistan est hors de contrôle", a-t-il reconnu, avant d’évaluer la récolte de cette année à 6100 tonnes d’opium. Ce chiffre correspond à 92% de la production mondiale d’opium, qui sert de base à la fabrication de la morphine et de l’héroïne.
La récolte 2006 dépasse de 30% la consommation mondiale.
Les surfaces cultivées ont augmenté de 59%, battant en brèche la stratégie mise en place par la communauté internationale, qui est basée sur l’information, les ressources de remplacement, mais aussi la répression et l’éradication des surfaces cultivées (lire Swaps n° 43).

Des sites d’injection au Portugal
Le gouvernement portugais a approuvé fin août la création de sites d’injection de drogue où les toxicomanes pourront se procurer des seringues neuves et faire leurs injections sous contrôle, ainsi que l’installation de distributeurs d’aiguilles dans les prisons. Ces mesures, qui seront mises en place d’ici 2008, font partie d’un projet de plus grande ampleur approuvé par les autorités et destiné "à réduire la consommation de drogues ainsi que son impact sanitaire et social". Le plan gouvernemental prévoit aussi un recours plus important à la méthadone. Plus de cent sites d’injection ont été ouverts à ce jour dans une cinquantaine de villes en Espagne, Allemagne, Suisse et Pays-Bas notamment.

Lire dans le cerveau la gravité de l’alcoolisme
Une molécule produite dans le cerveau des alcooliques signale la gravité de l’état du patient, ont découvert des chercheurs du Centre de résonance magnétique biologique et médicale de Marseille. Cette molécule, le scyllo-inositol, issue d’une mauvaise métabolisation du sucre dans le cerveau des alcooliques, est présente en quantité plus ou moins grande selon le degré d’avancement des pathologies cérébrales liées à la consommation d’alcool. Présent dans le cerveau d’alcooliques chroniques en période active de consommation d’alcool, le scyllo-inositol peut disparaître progressivement avec le sevrage, a constaté l’équipe du CNRS auprès de six patients adultes sevrés, suivis sur le long terme. Ces résultats, dévoilés début septembre, sont à approfondir sur une population plus importante. Le centre de Marseille a par ailleurs commencé des recherches sur une éventuelle toxicité de cette molécule.

Des barres chocolatées hallucinogènes
La gendarmerie de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol a averti jeudi 17 août les voyageurs de ne pas consommer de barres de chocolat "Noir de noir, 72% de cacao" abandonnées dans l’aéroport, qui contiennent généralement de la psilocine, un principe psychoactif qu’on trouve dans les champignons hallucinogènes. Ces barres, probablement achetées dans des coffe-shops ou des "smartshops" du pays, où la vente de champignons hallucinogènes est tolérée, seraient parfois abandonnées à l’aéroport par les voyageurs au moment de reprendre l’avion, par peur des contrôles. La police a été alertée par un sans-abri qui en avait mangé et a été découvert "en pleine crise d’hallucinations", confondant les uniformes avec des robes de mariée, selon le porte-parole de la gendarmerie.