Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 44

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Edito n°44

par Gilles Pialoux

Outre un imposant dossier consacré à la cocaïne, centré sur le compte rendu du séminaire européen organisé avant l’été par la Mildt, cette nouvelle livraison de Swaps propose deux articles complémentaires : d’une part, les données issues d’un sous échantillon de l’étude Coquelicot commentées par Marie Jauffret-Roustide, qui dresse pour la première fois un bilan épidémiologique et sociodémographique de la consommation de crack. Constat sans surprise quand il s’agit de la désocialisation, et particulièrement informatif quant à la prévalence des infections VIH-VHC : 72,5% pour le VHC et 11,9% pour le VIH. Cette sous étude de Coquelicot atteste aussi de pratiques d’échange de matériel : 10% pour la seringue, 36% pour le petit matériel d’injection, 4% pour la paille, 89% pour la pipe à crack... Des chiffres à comparer au nombre d’usagers déclarant utiliser le préservatif dans les rapports sexuels (96% !), taux présenté comme la marque d’une désirabilité sociale qui amène les répondants à se conformer aux attentes de l’enquête. Reste à savoir pourquoi cette "désirabilité" serait restreinte au risque sexuel ?
D’autre part, France Lert analyse ici, de manière particulièrement complète, les données scientifiques disponibles concernant multithérapies anti-VIH et usage de drogue. Et notamment le lien entre poursuite de la consommation de drogue et progression de la maladie VIH. Il est par ailleurs à souligner le peu d’éléments objectifs confirmant que les traitements de substitution entraînent un accès plus précoce aux soins et aux traitements antirétroviraux.
Ces données mettent l’accent sur une double priorité de santé publique : réduire les consommations de drogue d’une façon continue pour améliorer la prise en charge du VIH et du VHC chez les patients mono ou coinfectés ; repenser la prévention en fonction des évolutions des pratiques telle que l’illustre la question du crack dans Coquelicot. Ces deux objectifs de santé publique s’inscrivent bien évidemment dans une politique de réduction des risques qui a fait ses preuves dans la lutte contre le VIH mais dont l’impact sur le VHC reste à démontrer.