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SWAPS nº 43

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Edito n°43

par Gilles Pialoux

Swaps a profité du "stand by" imposé - soit par le contexte politique pré-électoral et/ou post-CPE, soit, plus prosaïquement, par la volonté d’attendre un nouveau décret redéfinissant la délivrance des stupéfiants dans les officines - au projet de classement de la buprénorphine haut dosage (BHD) comme "stupéfiant" pour demander à des médecins, pharmaciens, représentants d’associations, tous engagés dans la réduction des risques (RdR), ainsi qu’à quelques représentants de la société civile, de donner leur point de vue sur ce passage annoncé qui a provoqué, début 2006, un vif débat public, marqué par une levée de boucliers d’une partie des professionnels de la RdR et de la lutte contre le sida.
Où chacun s’exprime "de sa place" avec en filigrane une même volonté de ne pas égratigner l’actuel bénéfice de la politique de réduction des risques en France. Un bénéfice qui reste un enjeu idéologique de taille par ces temps de pré-campagne électorale.
Ce débat coïncide aussi avec la récente réunion du comité ad hoc de l’OMS ne recommandant pas, précisément, le reclassement de la BHD comme stupéfiant au niveau international. L’OMS, qui a inclus en mars 2005 cette même buprénorphine sur la liste des "médicaments essentiels", entend par là ne pas freiner le "scaling up" des traitements de substitution... Une décision internationale qui repose en partie sur l’opinion délivrée par 160 organisations dans quelque 40 pays. De voir la buprénorphine - et de fait la RdR - à ce niveau du débat mondial est en soit une bonne nouvelle. Et comporte un risque, celui que l’enjeu politique prenne le pas sur l’objectif premier de la RdR : la santé.