Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 42

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Brèves

Brèves n°42

006 : l’année des Caarrud
Non seulement le décret qui met en place les centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (Caarrud) est paru en décembre 2005, mais il est entré en vigueur le premier janvier 2006. Missions, financements et statuts de ces lieux sont donc écrits noir sur blanc. Selon l’Association nationale des intervenants en toxicomanie (Anit), 108 structures en France sont potentiellement éligibles au statut de Caarrud. Seraient exclus les organismes intervenant uniquement sur des lieux festifs et ceux qui ne proposent que des échangeurs de seringues. Toute l’année 2006 verra la mise en place progressive de ces structures médico-sociales, ce qui permettra de juger de l’impact sur la réduction des risques. Après une mise en place déjà houleuse, quelques inquiétudes subsistent. Ainsi l’Association française pour la réduction des risques (AFR) appréhende les difficultés pour obtenir l’agrément Caarrud et souligne les risques d’insuffisance du budget alloué par la sécurité sociale. Affaire à suivre.
Source : Décret n° 2005-1606 paru au Journal officiel du 22 décembre 2005

Tapas sans tabac
L’Europe va-t-elle devenir une zone non-fumeur ? En tout cas, elle semble en prendre la voie. Après l’Irlande ou l’Italie, c’est au tour de l’Espagne d’interdire la cigarette dans les lieux publics. La loi est entrée en vigueur le 1er janvier dans les bureaux, les hôpitaux, etc. Mais le gouvernement n’a pas été aussi loin que ses homologues irlandais ou italiens : les restaurants et bars ne sont pas tenus à une interdiction systématique. Les établissements de plus de 100 m2 devront simplement proposer un espace non-fumeur. Les lieux plus petits devront quant à eux choisir leur camp : pro ou anti-tabac. Mais a priori, la plupart devraient choisir d’accueillir les fumeurs, pour ne pas risquer de perdre une partie importante de leur clientèle. Car l’Espagne est le deuxième pays consommateur de tabac en Europe, après la Grèce...

Cigarette, addiction et cancer
Une étude américaine vient confirmer, s’il en était besoin, que la dépendance à la cigarette est extrêmement difficile à vaincre. En effet, les scientifiques ont montré que même après l’annonce d’un diagnostic de cancer, la moitié des fumeurs continuent leur consommation de tabac. Ce chiffre comprend ceux qui ont essayé d’arrêter mais ont finalement rechuté. Comme le soulignent les auteurs, on définit habituellement les chances d’arrêter la cigarette en fonction de la motivation. Or même avec une motivation extrêmement forte, en l’occurrence un cancer, il reste difficile de décrocher. Et les auteurs soulignent les effets nocifs du tabac dans ce cas : non seulement il diminue l’efficacité des traitements, mais il augmente les risques de développer d’autres cancers. Les auteurs estiment qu’il est essentiel de proposer un soutien plus systématique aux fumeurs qui apprennent qu’ils ont un cancer, et pas uniquement d’ailleurs lorsqu’il s’agit d’un cancer lié à la cigarette. Certes, les mauvaises langues diront qu’avant de s’attaquer aux cancéreux tabagiques, il faudrait s’occuper des cancérologues fumeurs...
Source : Cancer, janvier 2006 ; vol. 106 : p. 17-27

De l’alcool pour les SDF
Pourquoi ne pas fournir du vin de manière contrôlée aux personnes qui souffrent d’alcoolisme ? C’est l’initiative originale d’une étude menée à Ottawa auprès de sans-domicile-fixe et rapportée dans l’édition de janvier du Journal de l’Association médicale canadienne. Les scientifiques ont ainsi recruté 17 sans-abri souffrant de problèmes de dépendance à l’alcool. Ils les ont suivis pendant 2 ans, en leur proposant un encadrement médico-social et un verre de vin par heure, de 7 h du matin à 22 h le soir. Résultat : 11 des 17 personnes ont significativement diminué leur consommation d’alcool, et tous ont vu leur état de santé s’améliorer, et ont significativement limité le nombre de démêlés avec les forces de l’ordre. A noter toutefois : trois ont abandonné le programme avant la fin, et trois autres sont morts de problèmes liés à leur consommation d’alcool. Une démarche de réduction des risques qui devrait soulever de nombreuses controverses.

Monsieur LSD a 100 ans !
Si l’année 2006 marque le 250e anniversaire de la naissance de Mozart, c’est aussi le centenaire d’un homme toujours bien vivant : le chimiste suisse Albert Hofmann. Celui-ci est passé à la postérité pour une découverte fortuite : un dérivé de l’acide lysergique plus connu sous le nom de LSD. C’est en faisant une fausse manipulation dans son laboratoire qu’il aurait découvert, il y a plus de 60 ans, les propriétés hallucinogènes de ce composé. La drogue "psychédélique" deviendra l’égérie des mouvements hippies dans les années 1960. Elle est illégale depuis les années 1970. À noter : le LSD a fait son retour dans le milieu festif au début des années 1990. C’est aujourd’hui le principal hallucinogène synthétique consommé en France avec la kétamine.