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SWAPS nº 42

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Publications

Nouvelles parutions

par Claudine Vallauri


Phénomènes émergents liés aux drogues en 2004

sixième rapport national du dispositif Trend
P.-Y. Bello, A. Toufik, M. Gandilhon, I. Evrard
OFDT, novembre 2005, 178 pages
Publié en version électronique sur www.ofdt.fr

Tendances récentes et nouvelles drogues en France
résultats du sixième rapport national du dispositif Trend : exploitations thématiques 2000-2004 et principales observations 2004
M. Gandilhon, P.-Y. Bello, A. Toufik, I. Evrard
Tendances, n° 45, décembre 2005, 4 pages
Publié en version électronique sur www.ofdt.fr


Depuis 1999, le dispositif national Trend (Tendances récentes et nouvelles drogues), réseau de onze sites d’observation en France métropolitaine et outre-mer coordonné par l’OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies), a pour objectif d’observer les phénomènes émergents liés à l’usage de drogues, d’en décrire le contexte et les évolutions.
Ce sixième rapport présente l’analyse des observations et des données recueillies au cours de l’année 2004 dans l’espace urbain et dans l’espace festif.
La première partie est une synthèse générale des principales tendances de consommation constatées par produits avec deux points plus approfondis sur l’évolution des consommations de cocaïne et de crack/free base et sur les usages de substances hallucinogènes naturelles.
Des analyses thématiques, centrées sur les usagers, sont proposées dans une deuxième partie, elles portent sur le recours à l’injection et sur les nouvelles populations de jeunes usagers nomades ou en errance urbaine accueillies dans les structures de première ligne et de soins.
On retiendra quelques tendances globales : les observations montrent l’élargissement de la diffusion de la cocaïne aussi bien dans l’espace festif que dans l’espace urbain, qui concerne des milieux sociaux diversifiés. Le sniff est le mode d’administration majoritaire, cependant dans l’espace urbain la pratique de l’injection de cocaïne concerne quatre usagers sur dix environ.
On note depuis quelques années un développement de la consommation de substances hallucinogènes naturelles (champignons notamment).
L’héroïne est toujours présente et quelques sites notent une augmentation de sa disponibilité.
L’ecstasy est une substance dont l’usage dans l’espace festif est banalisé et prépondérant, majoritairement sous forme de comprimés. On note aussi le développement de sa consommation dans l’espace urbain par des personnes marginalisées.
Le LSD a fait sa réapparition dans l’espace festif techno, tout comme le GHB, qui reste limité géographiquement à Paris et Marseille.
Le recul général des pratiques d’injection se confirme même si on constate que, dans des groupes de jeunes adultes en situation particulièrement marginale, l’injection reste une pratique fréquente.
Les dispositifs de première ligne et de soins sont confrontés à une nouvelle population d’usagers, jeunes, en situation de grande précarité sociale, évoluant aux marges des espaces urbains et festifs, qui posent des problèmes de prise en charge inédits.


Rapport annuel 2005 : Etat du phénomène de la drogue en Europe
Observatoire européen des drogues et des toxicomanies
Office des publications officielles des Communautés européennes, novembre 2005, 90 pages
Ce rapport est téléchargeable en 22 langues sur le site http://ar2005.emcdda.eu.int


L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) a publié en novembre 2005 son rapport annuel sur l’état du phénomène de la drogue.
Il offre une vue d’ensemble des faits, des chiffres, des tendances concernant le trafic, la consommation, les demandes de traitement et les réponses sociales, juridiques, politiques dans 29 pays d’Europe (les 25 Etats membres de l’Union européenne, les pays candidats et la Norvège).
L’OEDT estime entre 1,2 et 2,1 millions le nombre d’usagers problématiques de drogue au sein de l’Union européenne. Parmi ceux-ci, 850000 à 1,3 million sont des usagers injecteurs.
Les tendances de consommation par produits mettent en évidence une orientation générale à la hausse de l’usage de cocaïne, d’amphétamines et d’ecstasy, même si les variations sont sensiblement différentes suivant les pays. La cocaïne en particulier occupe une place majeure, les indicateurs de trafic et de consommation suivent une augmentation très forte (les taux d’usage les plus élevés sont enregistrés en Espagne et au Royaume-Uni). Selon les estimations de l’OEDT, environ 3 à 3,5 millions d’Européens auraient essayé cette drogue au cours de la dernière année (soit 1% de l’ensemble de la population adulte) et environ 1,5 million sont répertoriés comme usagers actuels (c’est-à-dire ayant consommé au cours du dernier mois) ; il s’agit essentiellement de jeunes adultes (15-34 ans) de sexe masculin vivant dans les zones urbaines.
Dans tous les pays, le cannabis est la drogue la plus "populaire" : 62 millions d’Européens l’ont expérimenté (soit 20% de l’ensemble de la population adulte), 20 millions l’ont consommé au cours de la dernière année (soit 6% de la population adulte) et 9,5 millions au cours du dernier mois, selon les estimations de l’OEDT.
Les indicateurs montrent un intérêt accru des jeunes pour les hallucinogènes naturels (champignons magiques).
Cette analyse par substances masque cependant une caractéristique essentielle de l’évolution du phénomène de la drogue en Europe : la place centrale de la polytoxicomanie.
Plus d’un demi million de patients en Europe bénéficient d’un traitement de substitution (soit un quart à la moitié des usagers d’opiacés à problème).
Sur le plan de l’action des Etats, le rapport analyse les réponses nationales et donne un aperçu des nouvelles évolutions politiques et législatives en matière de drogues : la plupart des pays mettent en oeuvre un plan ou une stratégie nationale formels, l’évaluation a une place accrue, plusieurs Etats membres ont adopté de nouvelles législations pour contribuer à réduire l’exposition des jeunes aux drogues ; plusieurs pays ont adopté des lois relatives à la réduction des risques.
Enfin, trois analyses thématiques publiées à part complètent le rapport, elles font le point sur : les politiques et mesures face aux nuisances publiques liées à la drogue ; les alternatives à l’incarcération des usagers de drogues ; la place de la buprénorphine dans le traitement de substitution : pratiques de prescription et mésusage.