Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


Recherche dans SWAPS avec google
   

SWAPS nº 40/41

vers sommaire

Publications

Nouvelles parutions

par Claudine Vallauri


Atlas régional des consommations de produits psychoactifs des jeunes Français
Exploitation régionale de l’enquête Escapad 2002/2003

F. Beck, S. Legleye, S. Spilka
OFDT, juin 2005, 224 p.
A télécharger sur le site de l’OFDT (
www.ofdt.fr)
Synthèse parue dans la revue Tendances n°43 (OFDT, juin 2005)


L’enquête Escapad (Enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de préparation à la défense), réalisée régulièrement par l’OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies) depuis 2000 auprès de jeunes - filles et garçons - de 17-18 ans, permet de connaître les comportements de jeunes à un âge stratégique, la fin de l’adolescence, et leur évolution. Les enquêtes 2002/2003 concernent plus de 27000 jeunes en France métropolitaine et en outre-mer, elle porte sur les usages d’alcool, de tabac, de médicaments psychotropes et de drogues illicites.
Cet Atlas fournit une comparaison des usages de substances psychoactives des jeunes de 17 ans dans 21 régions métropolitaines. Suivant le produit concerné, se dégagent des tendances générales communes à toutes les régions, des contrastes régionaux importants, des spécificités locales, des oppositions géographiques marquées.
Le rapport présente en premier lieu une cartographie des usages régionaux par produit avec l’évolution depuis 2000. Des fiches tracent ensuite le profil de chacune des 27 régions selon un tableau de bord identique par produit, en analysant l’évolution depuis 2000, avec une comparaison par rapport aux tendances nationales et aux tendances des autres régions.
Ces données éclairent le profil et les spécificités des régions et devraient pouvoir favoriser le développement d’actions et de politiques locales adaptées.


Drogues et dommages sociaux. Revue de littérature internationale
D. Sanfaçon, avec la collaboration de O. Barchelat, D. Lopez, C. Valade
OFDT, juillet 2005, 456 p.
Paru en version électronique sur
www.ofdt.fr


La question des risques ou des dommages sanitaires liés aux consommations de produits psychoactifs est relativement bien documentée, celle des conséquences sociales associées à l’usage de drogues illicites ou à une consommation excessive d’alcool l’est moins.
L’OFDT a réalisé une revue de la littérature et des enquêtes produites aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Espagne, en Italie et en France sur ces thèmes.
Elle permet de dresser un état des lieux des connaissances sur les dommages sociaux associés à l’usage de drogues illicites ou à une consommation excessive d’alcool sur le plan du trafic, de la délinquance, de l’insécurité, de la corruption, de l’exclusion sociale, de la précarité, des difficultés ou des échecs scolaires, des difficultés familiales, de l’insertion professionnelle, des accidents du travail ou des accidents récréatifs...
La conclusion de ce rapport récapitule les facteurs de risques identifiés - à travers les différentes études analysées - selon les champs des dommages sociaux et selon les produits psychoactifs concernés.


World Drug Report 2005
UNODC (United Nations Office on Drugs and Crime)
juin 2005, 2 volumes
(vol. 1 analyse 174 pages, vol. 2 statistique 397 pages)
On peut télécharger le rapport sur
www.unodc.org
Version française bientôt disponible


L’agence des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a publié son rapport annuel. Selon ses estimations, 200 millions de personnes ont consommé des drogues illégales au moins une fois en 2004, soit 5% de la population mondiale âgée de 15 à 64 ans et une augmentation de 8% par rapport à 2003.

S’y ajoute la consommation de substances psychotropes licites : environ 30% de la population adulte consomme du tabac et environ 50% de l’alcool.
Le rapport indique par ailleurs que le marché de la drogue représente un chiffre d’affaires de quelque 320 milliards de dollars.


Soumission chimique: résultats de l’enquête nationale 2003-2005
Afssaps,
juin 2005
Rapport à télécharger sur
www.afssaps.sante.fr


Une enquête nationale sur le suivi des cas de soumission chimique (définie comme l’administration à des fins criminelles ou délictuelles d’un ou de plusieurs produits psychoactifs à l’insu de la victime) a été menée entre octobre 2003 et mars 2005.
Pilotée par le Centre d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance (CEIP) de Paris, l’enquête a été réalisée afin d’identifier les substances utilisées, de définir le contexte des agressions, le mode opératoire des agresseurs et les conséquences cliniques chez les victimes.
Sur cette période, 119 cas notifiés peuvent être considérés comme des cas de soumission chimique avérée. Les benzodiazépines sont les substances les plus fréquemment utilisées par les agresseurs.
En revanche, le GHB n’est retrouvé que dans 6 cas sur 119, ce qui tend à montrer que son usage criminel est sans doute moins répandu que cela a pu être dit. La consommation volontaire d’alcool et de cannabis, souvent mise en évidence, notamment chez les jeunes, est un facteur important de vulnérabilité et accentue les effets sédatifs et désinhibiteurs des substances administrées par l’agresseur.


L’art de l’opium fumé
Son Histoire, ses rites, ses instruments, ses légendes
Laura Brown
Éditions Nada, 35 euros
ISBN: 2-916194-00-2


Ouvrage unique dans la très riche bibliographie consacrée aux drogues, ce livre explore avec une remarquable virtuosité le monde de l’opium. Il propose pour la première fois une généalogie des pratiques, se penchant sur le passage de l’ingestion à "l’art de la fumée". Les plus anciens documents mentionnant l’opium remontent aux Egyptiens de l’âge de bronze, dont on peut admirer les bijoux en forme de pavot au Louvre. Puis on suit sa propagation en Orient où peu à peu son usage devient hédoniste, les Orientaux en faisant parfois un art de vivre d’un raffinement extrême.
L’auteur du livre Laura Brown, artiste et esthète, étudie les multiples déclinaisons de son usage, au-delà des clichés associant vice, opium et déchéance et le replace par son approche philosophique et historique dans le cadre de la sacralité antique.
Les très nombreuses pièces réunies par l’auteur constituent une somme "théologique" sur l’opium qui transporte dans l’univers fascinant des adorateurs de "la noire idole", dévoilant les arcanes de la mystique de l’opium avec ses maîtres, ses artistes (souvent français) et ses orfèvres, ses rituels et ses coutumes - mais aussi ses victimes. Anecdotes, précisions, recettes, références viennent encadrer gravures, tableaux et photos souvent inédit(e)s provenant d’extraordinaires collections privées.
Cette très riche iconographie entraîne le lecteur dans un tourbillon parégorique à nul autre pareil, et l’on referme ce livre-référence avec un troublant sentiment de nostalgie.

J.K.

 On peut commander l’ouvrage à l’auteur, qui le dédicacera aux lecteurs de Swaps, sur le site internet art-opium.com