Santé
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SWAPS nº 40/41

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2e EGUS / Tribune

Les usagers dans tous leurs Etats

par Fabrice Olivet

Pour cette seconde édition des Etats généraux des usagers de la substitution (EGUS), Asud devait relever un défi : transformer un "coup politique" en un événement pérenne. Fabrice Olivet nous livre son bilan de ces rencontres et les perspectives pour la prochaine édition...

Au départ, Asud et Act Up ont imaginé les EGUS comme préambule non prévu de la conférence de consensus sur les traitements de substitution, permettant de mettre un coup de projecteur sur les aspects traditionnellement "tabous" du dossier, les rôles respectifs du prescripteur et de l’usager, la question du plaisir, les spécialités prescrites en dehors de l’Autorisation de mise sur le marché (AMM)A
À l’arrivée, bilan des EGUS 1: une myriade de problèmes à peine formulés, faute de temps, une esquisse de débat entre médecins et patients qui méritait d’être développé, une liste de revendications - les 12 travaux d’Egus - qui, un an après, n’avaient pas commencé à recevoir le plus petit début de réponse. Bref, une évidence s’est imposée : l’instauration d’un débat public entre médecins et patients sur la question des drogues mérite un espace ad hoc, une tribune visible, où les questions qui ne trouvent pas de réponses en d’autres lieux pourront enfin être abordées.

Les sujets qui fâchent
Nous avons donc gardé le thème de la substitution pour le mettre en scène sous l’angle qui nous a semblé le moins politiquement correct : "Drogue ou médicament ?". La question agite le café du commerce et l’Académie de médecine, sans que l’on demande jamais aux principaux intéressés, médecins ou patients, de s’exprimer sur le sujet.

Cette seconde édition a tout de suite remporté un succès institutionnel : les principales administrations ou associations concernées par l’usage de stupéfiants étaient là, Mildt, DGS, Inpes, le pôle ressource national des médecins généralistes, Aides, Act Up. Mais notre principal souci concerne ceux pour lesquels sont conçus ces EGUS. Même si nous ne demandons pas aux participants un certificat d’usage de drogues, il est assez facile d’observer la présence ou l’absence des usagers. Autant les EGUS 1 ont été un moment privilégié où les sans-voix, ceux que l’on n’entend pas d’habitude dans les colloques ont pu s’exprimer, autant les EGUS 2 ont été décevants pour ce qui est de la parole des usagers.
Afin de renforcer l’adéquation des EGUS et de son public, nous allons focaliser les prochaines rencontres, EGUS 3, sur la représentation des usagers au sein des structures, une nécessité renforcée par le cadre réglementaire de la loi dite de 2002, rénovation de l’action sanitaire et sociale.
Les EGUS 3 seront donc de nouveau placés sous le signe de la revendication. Nous allons évoquer les difficultés rencontrées par les usagers dans les centres d’accueil, qu’il s’agisse des règlements intérieurs, de la consommation, de la violence, des "vidages"... Bref, comme d’habitude, plutôt les sujets qui fâchent.