Santé
Réduction des Risques
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SWAPS nº 40/41

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Edito n° 40/41

par Gilles Pialoux

Et si c’était l’apanage même de la maturité ? L’empreinte d’une acceptation sociale, d’une certaine forme d’institutionnalisation: avoir ses exclus ? D’autres, pays, peuples, sociétés se sont ainsi retrouvés un jour avoir à gérer leurs marginaux, leurs non-droits, leurs relégués du système de soins. C’est en tout état de cause un des thèmes abordés lors de la 3e Conférence latine de réduction des risques (Clat) sise à Barcelone du 30 juin au 1er juillet. L’occasion pour Swaps d’embrasser expériences, réflexions et craintes aussi vis-à-vis (ou au sein même) de la RdR. Une Clat 2005 assez... éclatée donc, à commencer par la crise existentielle que traversent aujourd’hui les associations d’usagers (voir "Les associations d’usagers se cherchent un avenir"), engluées dans leurs difficultés à se fédérer et/ou à s’intégrer dans les programmes de RdR.
Swaps, qui ne recule devant aucun sacrifice, est allé sur le terrain de la prescription médicalisée d’héroïne (voir "Prescription d’héroïne la voie orale fait ses preuves ") et plus encore à la Sala Baluard jusque tard dans le lever du jour; une salle de consommation/injection barcelonaise comme il n’y en a nulle part en France (voir "Instantané d’une salle de consommation barcelonaise"). Un vide dans le dispositif sanitaire de la RdR qui, selon Act Up, place la France parmi les pays "les plus réactionnaires en Europe, dans un refus idéologique de toute expérimentation des lieux d’accueil pour usagers de drogues". C’est à l’évidence un point de débat sur lequel nous reviendrons.
Ce numéro spécial Clat de Swaps permet donc de mesurer le chemin parcouru par la réduction des risques qui a, aujourd’hui en France, une assise juridique, judiciaire et politique (voir Swaps n°39). Et de poser inévitablement la question du lien entre réduction des risques et prohibition, entre loi pénale et loi morale.