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Mardi 14 juin se sont tenus à la mairie du 18e arrondissement de Paris des "états généraux" sur le crack, lerrance et la polytoxicomanie en présence de tous les responsables politiques, administratifs et associatifs concernés. Une manifestation avait été organisée devant la mairie par un collectif de riverains en colère en guise de préambule à ce débat qui a vu saffronter dans une salle comble partisans et adversaires de louverture de lieux daccueil pour crackers.
Un csst dedié au crack
En ouverture, Didier Jayle, le président de la Mildt, a tout dabord pointé les trois priorités du gouvernement : répression, amélioration de loffre de soins, hébergement. Puis il a annoncé dune part louverture en 2006 dun "CSST* à orientation crack" en aménageant un centre médical animé par une équipe de médecins, dinfirmières et de psychiatres dans les locaux rénovés de lassociation Espoir Goutte-dOr, dautre part la prochaine création dune structure dhébergement pour les femmes seules ou avec des enfants "dans un département de la petite couronne".
Jean-Michel Costes, le directeur de lOFDT, a ensuite présenté un état des lieux de la consommation de crack en France, évaluant entre 6000 et 10000 le nombre total dusagers, ceux-ci étant essentiellement répartis entre les Antilles, la Guyane et lIle-de-France. Ces usagers appartiennent à deux populations bien distinctes. La plus ancienne est celle des fumeurs de crack, qui vivent dans une grande précarité et souffrent dune désinsertion sociale forte et dune image négative, souvent même chez les consommateurs eux-mêmes. A cette population dont le nombre est relativement stable soppose celle des usagers de "free-base" issus du milieu festif, qui, elle, est en forte augmentation. Ce produit, qui nest pas chimiquement différent, véhicule pourtant une image nettement plus positive.
Le directeur de lOFDT a par ailleurs pointé le lien entre la nature compulsive de la consommation de crack et la proximité quelle entraîne entre les lieux de vente, de consommation et de prostitution.Deux visions
Deux visions se sont ensuite affrontées au fil des interventions. Affirmant que la concentration dusagers de drogue dans larrondissement est directement liée au nombre de structures daccueil, certains habitants des quartiers concernés (la Goutte-dOr, Château-Rouge, et plus généralement le nord-est de Paris et les banlieues limitrophes) refusent toute ouverture supplémentaire. Face à eux, lautre partie de lassemblée a au contraire plaidé pour ce type de structure, à limage dEric Labbé, président de lassociation Stalingrad quartier libre, très applaudi après avoir lancé : "Si les usagers de drogue ne peuvent être nulle part, ils continueront à être dans nos immeubles et nos cages descalier."Le cas Rotterdam
Dans cette ambiance polémique, lintervention de Cas Barendrogt, qui présentait le programme mené à Rotterdam, aux Pays-Bas, laissait un tant soit peu rêveur. Côté répression : interdiction dattroupements, de boire de la bière dans la rue, mise en place de caméras de surveillance et dune permanence de signalisation des nuisances, etc. Côté prévention : 150 places daccueil de nuit (pour une ville de 600000 habitants) proposées aux crackers, ainsi que des emplois à la journée (nettoyage du métro...), sans parler de 8 salles de consommation réparties dans différents quartiers. Lune dentre elles se tient dans une église, et on peut même y acheter du crack...
*CSST : centre de soins spécialisés en toxicomanie