Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 39

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Brèves

Brèves n°39

Drogues : les prix baissent à Paris
La cocaïne et l’héroïne coûtent de moins en moins cher en région parisienne. C’est ce que souligne l’Observatoire régional de la santé en île-de-France (ORS), en se basant sur une étude du Dispositif Trend (Tendances récentes et nouvelles drogues). Ces deux drogues seraient de plus en plus disponibles sur le marché, ce qui a mathématiquement fait baisser les prix. Autre tendance : les pratiques d’injection sont globalement en baisse dans la capitale, et les polyconsommations restent fréquentes. L’ORS souligne que si la région Ile-de-France est très touchée par la toxicomanie, la politique de réduction des risques a entraîné une forte diminution de la mortalité par surdose ainsi qu’une baisse très notable des contaminations liées au VIH. Elle a aussi permis d’améliorer l’état de santé des usagers, en facilitant leur accès aux soins.

Le cannabis moins fort que prévu
Le cannabis n’est pas franchement plus fort aujourd’hui qu’il y a 30 ans ! C’est la conclusion d’une collecte menée par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT). Plus de 240 échantillons ont été recueillis auprès d’usagers de Dijon, Bordeaux, Lille et en Martinique. Dans le détail, le taux moyen de tétrahydrocannabinol (THC) était de 10,6%, avec un minimum de 1,1% et un maximum de 26,1%. Des chiffres qui semblent donc indiquer une hausse de la teneur en principe actif assez limitée, puisque les taux étaient de 7% à 8% auparavant. Néanmoins, la disparité semble assez importante selon la provenance des échantillons et fluctue selon les années.
Source : Bulletin épidémiologique hebdomadaire n°20, mai 2005

Les étudiants accros et à cran
Selon une étude menée par la Mutuelle des étudiants auprès de 50000 jeunes, le recours aux drogues "douces" est devenu banal. Ainsi, ceux qui entament des études supérieures sont de plus en plus adeptes du cannabis. Pratiquement la moitié des garçons (47%) et 39% des filles ont expérimenté le joint. Ils étaient moitié moins en 2002 ! L’image de cette drogue est plutôt positive: ils la trouvent festive, conviviale et déstressante. Autre drogue, licite cette fois, l’alcool : seuls 15% des garçons et 19% des filles disent ne jamais y toucher. La cigarette, en revanche, recueille moins de suffrages: plus des deux tiers des étudiants déclarent ne pas consommer de tabac.

Cannabis : le foetus en danger
Fumer du cannabis pendant la grossesse diminue fortement l’activité cérébrale du foetus, du moins chez le rat. C’est ce que vient de montrer l’équipe de Henri Gozlan, de l’unité 29 de l’Inserm basée à Marseille. En étudiant l’effet du cannabis chez le rat, les scientifiques ont montré qu’il activait certains récepteurs dans le cerveau, les CB1. Ceux-ci sont normalement activés par les cannabinoïdes endogènes produits ponctuellement par l’organisme. Chez le foetus, une activation exogène perturberait la mise en place de réseaux neuronaux. A terme, le cannabis consommé par la mère serait ainsi à l’origine de retard mental chez le nouveau-né. D’autres travaux soulignaient déjà les effets délétères du foetus durant la grossesse (voir Swaps n°38). Cette étude vient souligner s’il en est besoin la nécessité de ne pas consommer de psychotropes durant la grossesse, même à faible dose.
Source : Communiqué de l’Inserm et de la Fondation pour la recherche sur le cerveau (FRC), à paraître dans PNAS