Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 38

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Edito n°38

par Gilles Pialoux et Antonio Ugidos

Plusieurs événements récents, législatifs et judiciaires, ont contribué très clairement à une pleine – et totale ? – reconnaissance de la réduction des risques (RdR) dans l’arsenal politique français. Et ce en trois mouvements majeurs : l’inscription de la RdR dans la loi de santé publique puis, plus récemment, la parution du décret d’application qui en résulte jusqu’à, sur la scène judiciaire cette fois, le verdict du procès de Jean-Marc Priez: relaxé ! (lire dan ce numéro).
L’ex-président de l’association communautaire Techno Plus était poursuivi pour "facilitation et incitation à l’usage de drogues" du fait de ses activités associatives, notamment via des brochures sur le "sniff propre".
En termes de réduction des risques, l’acquittement ouvre positivement la jurisprudence puisque le jugement établit que, loin de favoriser l’usage, ces actions participent à la politique de réduction des risques.
Avec un tel triptyque – législatif, exécutif et judiciaire –, la RdR est-elle hors de portée de ses opposants et détracteurs ? Rien n’est moins sûr: lors d’un récent débat parlementaire, un courant qu’on se plait à croire minoritaire de la majorité s’est livré sans aucune opposition à une attaque en règle de la politique de RdR, compilant tous les poncifs sur "une France sans drogue" et s’en prenant pêle-mêle aux associations "largement subventionnées par l’Etat" et à la Mildt...
C’est dire si, au-delà du champ législatif, la réduction des risques reste un enjeu controversé sur la scène politique.