SantéRéduction des Risques Usages de Drogues |

"Le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons."
Louis PasteurCe nest pas un "scoop", mais le paradoxe, pour napparaître que morbide, nen est pas moins saisissant : les troubles mentaux induits par une alcoolisation foetale, consécutive à laddiction maternelle, sont, en eux-mêmes, un facteur de risque de développement de problèmes liés... à lalcool ! Ou la fable de lenfant à naître dépositaire à vie de laddiction maternelle ?
La chose pourrait nêtre que curiosité épidémiologique si deux événements nétaient venus réactualiser cette filiation éthylique :
- lampleur du phénomène que rien ne semble devoir infléchir : une naissance sur mille pour ce qui est de lalcoolisation foetale en France, première cause de déficit intellectuel non génétiquement déterminé ;
- la récente polémique sur la mise en place de messages de prévention à lusage des femmes enceintes sur chaque bouteille dalcool, qui semble avoir été quelque peu tarie par le lobby viticole.
Exposition prénatale à lalcool et au tabac, tel est le thème central du dossier que consacre Swaps à la réduction des risques, précisément chez la femme enceinte. Un dossier plutôt sous-traité dans notre pays de tradition rabelaisienne et pasteurienne, pour lequel nous avons interrogé plusieurs spécialistes : Philippe-Jean Parquet, président de lOFDT, Didier Danel, addictologue à Lille, et Bertand Dautzenberg, pneumologue parisien. A la lecture de ces pages, on constatera combien -spécifiquement en matière de grossesse - le discours médical névolue pas toujours aussi clairement que les connaissances qui le fondent. Comment en effet informer au mieux les femmes enceintes tout en évitant une caricature culpabilisante et anxiogène ? Quel risque pour quelle consommation ? Quelle réduction possible des risques pour la mère ? Quelle information donner à lenfant qui grandit ?
Le peu que lon sait des moyens de substitution chez la femme enceinte, allié au fait que la barrière placentaire pèse bien peu face à lalcool, à la nicotine ou aux opiacés conduisent à la quasi-certitude davoir à revenir, dans ces colonnes, sur ce sujet. Tant il soulève de questions pharmacologiques, sociales, psycho-comportementales mais aussi politiques.