Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 37

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Edito n° 37

par Gilles Pialoux

"Le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons."
Louis Pasteur

Ce n’est pas un "scoop", mais le paradoxe, pour n’apparaître que morbide, n’en est pas moins saisissant : les troubles mentaux induits par une alcoolisation foetale, consécutive à l’addiction maternelle, sont, en eux-mêmes, un facteur de risque de développement de problèmes liés... à l’alcool ! Ou la fable de l’enfant à naître dépositaire à vie de l’addiction maternelle ?
La chose pourrait n’être que curiosité épidémiologique si deux événements n’étaient venus réactualiser cette filiation éthylique :

Exposition prénatale à l’alcool et au tabac, tel est le thème central du dossier que consacre Swaps à la réduction des risques, précisément chez la femme enceinte. Un dossier plutôt sous-traité dans notre pays de tradition rabelaisienne et pasteurienne, pour lequel nous avons interrogé plusieurs spécialistes : Philippe-Jean Parquet, président de l’OFDT, Didier Danel, addictologue à Lille, et Bertand Dautzenberg, pneumologue parisien. A la lecture de ces pages, on constatera combien -spécifiquement en matière de grossesse - le discours médical n’évolue pas toujours aussi clairement que les connaissances qui le fondent. Comment en effet informer au mieux les femmes enceintes tout en évitant une caricature culpabilisante et anxiogène ? Quel risque pour quelle consommation ? Quelle réduction possible des risques pour la mère ? Quelle information donner à l’enfant qui grandit ?
Le peu que l’on sait des moyens de substitution chez la femme enceinte, allié au fait que la barrière placentaire pèse bien peu face à l’alcool, à la nicotine ou aux opiacés conduisent à la quasi-certitude d’avoir à revenir, dans ces colonnes, sur ce sujet. Tant il soulève de questions pharmacologiques, sociales, psycho-comportementales mais aussi politiques.