Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 31

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Clat2

La réduction des risques se cherche une définition

par Lydie Desplanques

"Réduction des risques", "réduction des dommages", "réduction des nuisances", "réduction des méfaits", "aide à la survie"…: Cette deuxième Conférence latine de réduction des risques liés à l'usage de drogues a montré que si le concept était revendiqué par tous, sa définition ne faisait pas pour autant l'unanimité. D'une sensibilité nationale à l'autre, de pratiques professionnelles issues des années 1990 et liées à l'épidémie du sida (échange de seringues…) aux champs d'action contemporains (travail en milieu festif, salles d'inhalation…), le concept passe de la sphère strictement sanitaire à des domaines plus larges incluant le social, la sécurité, voire la politique internationale…
Petit florilège, recueilli par Lydie Desplanques, de réflexions entendues çà et là, au cours des sessions de la Clat 2003, qui reflète bien la définition de la réduction des risques à l'heure actuelle: un concept aux frontières floues et variables malgré un noyau commun, adopté par tous ("Le sida nous a tous mis d'accord", Annie Mino, Suisse).

"La doit traverser le champ
de la santé publique.
Ce n'est pas une politique.
Elle n'appartient à personne."

un auditeur, France

"La réduction des risques, c'est créer un lien dans une neutralité bienveillante."
Malika Tagounit, France

"La réduction des risques ne devrait pas comprendre juste la santé mais tous les types de risques liés à la production, à la vente et à la consommation de drogues."
Martin Barriuso Alonso, Espagne

-"La réduction des risques, c'est un peu la même obligation que celle du serment d'Hippocrate.
Le médecin doit guérir. S'il ne peut pas guérir, il doit soigner.
S'il ne peut pas soigner, il doit accompagner, ne pas abandonner le patient."
Vittorio Agnoletto, Italie

"La question "qu'est-ce que la réduction des risques ?" est encore une question ouverte. [...]
Le temps est passé où la réduction des risques était seulement de l'aide à la survie suivant le précepte "un bon toxicomane est un toxicomane vivant"."
Ruth Dreifuss, Suisse

"La réduction des risques a été à l'origine une politique sida. C'est ce qui nous pose problème aujourd'hui. Sommes-nous pleinement une partie du soin, une politique de santé publique, ou sommes-nous juste une réponse d'urgence, une excroissance liée à la prévention sida?"
Anne Coppel, France

"La question de est une question de santé et de citoyenneté."
Sandra Batista, Brésil

"Pour nous, la réduction des risques est une approche pragmatique et humaine.
Nous considérons que le toxicomane est une victime de lui-même et/ou de la société, et que l'ordre public et la sécurité sont à privilégier."

Marie Kok-Egu, Pays-Bas

"La réduction des risques, c'est de la promotion de la santé. C'est de l'empowerment, pour reprendre un concept canadien : elle a pour rôle de donner les moyens à une communauté d'assumer son destin."
Annie Mino, Suisse

"L'objectif de la réduction des risques est de réduire les risques somatiques, psychiques, sociaux, et d'assurer la survie en meilleure santé possible. C'est un objectif en soi, et non une étape vers le seul objectif valable qui serait l'abstinence. A l'intérieur de cet objectif global, il appartient à chacun de déterminer ses propres objectifs: ce peut être réduire la consommation, étendre les périodes d'abstinence..."
Ruth Vogt, Suisse