Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 30

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Edito n° 30

par Gilles Pialoux

S'il est une spécificité française en matière d'hépatite C -moins débattue que le retard pris dans la réduction des risques- c'est bien la sous-estimation actuelle de l'écart entre les résultats de la prise en charge de l'infection à VHC dans les grands essais cliniques issus de l'industrie pharmaceutique, et ceux observés, çà et là, dans "la vraie vie" clinique. Une "vraie vie", celle du soin en ville et à l'hôpital, qui concerne avant tout les problèmes soulevés par les comorbidités associées fréquemment au virus de l'hépatite C. A commencer par l'alcoolisme, les dépendances médicamenteuses, l'infection à VIH, et plus généralement la grande précarité. Une vie qui met au premier plan les difficultés d'acceptation des soins, du test de dépistage au traitement de l'hépatite C proprement dite.
Plusieurs études tentent d'analyser cet écart et de combler quelque peu l'absence de données comportementales sur les usagers de drogues depuis 1998. C'est le cas, pêle-mêle, de l'étude Coquelicot (InVS), de l'étude Gymkhana (Gervih) et d'une autre étude, publiée récemment par des équipes travaillant avec les usagers en Seine-Saint-Denis. Certaines de ces études sont encore en cours d'analyse, mais la réflexion qu'elles engendrent nous a semblé suffisante pour ouvrir le dossier dans Swaps. Un dossier qui montre, au travers de l'hépatite C, le chemin à parcourir ne serait-ce qu'en termes de counselling, d'alternative au dépistage sur prise de sang, d'alternative à la ponction biopsie hépatique et, plus généralement, de la recherche de produits de substitution non injectables. Une carence qui explique en partie les très mauvais résultats obtenus dans la prise en charge de l'hépatite C chez les usagers de drogues VHC+. Et le fait qu'en France l'incidence des nouvelles contaminations par le VHC demeure supérieure aux guérisons, qu'elles soient spontanées ou post-thérapeutiques.