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SWAPS nº 28

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Dossier Trend

Dossier Trend #2

En partenariat avec l'Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), nous publions ici la seconde partie des fiches de synthèse* issues des sites de l'enquête Trend (Tendances récentes et nouvelles drogues). Le principe même de Trend est d'exprimer les tendances locales en matière d'usages de drogues avec un angle plus ou moins ethnographique, qu'il s'agisse des tendances en déclin (comme l'héroïne dans certains sites urbains), de tendances émergentes (comme un certain rajeunissement des dealers en IdF...) ou de tendances confirmées à l'image de l'alcool en milieu techno ou du détournement des produits de substitution en primo-usage. La méthodologie Trend est commune à ces rapports locaux: observations sur sites, groupes focaux sanitaires et répressifs, questionnaires qualitatifs, données quantitatives, enquêtes transversales, etc.

Aquitaine

par Jean-Michel Delile

Chez les usagers confirmés et les toxicomanes, les consommations de cannabis poursuivent leur développement entraînant un accroissement de la fréquence des complications médicales, surtout neuropsychiatriques, chez des usagers massifs. De même, on observe une évolution des modalités d'usage : usage de plus en plus précoce, utilisation croissante des pipes à eau, des pollens, de l'haya... autant de phénomènes qui augmentent la nocivité de ces pratiques. D'un point de vue très général, il apparaît que l'Aquitaine est mal placée en ce qui concerne l'usage d'alcool et de drogues chez les jeunes, les prévalences locales (expérimentation et usage répété à 17 ans, Escapad 2001) sont supérieures aux moyennes nationales pour presque tous les produits.

Dijon

par Gérard Cagni

Bien que de taille moyenne, le site de Dijon constitue depuis longtemps un lieu privilégié d'observation des usages de drogues. Compte tenu de sa position géographique névralgique, la ville est un carrefour dans la circulation de produit en particulier illicites. La visibilité des pratiques de consommation dans l'espace urbain n'apparaît pas toujours nettement aux yeux des observateurs extérieurs. Trend nécessite donc un réseau important d'observateurs volontaires et une présence continue sur le terrain. En dehors de l'espace urbain, le milieu festif techno a été choisi comme angle privilégié d'observation des usages de produits psychoactifs.

Ce premier exercice nous a permis de faire le point sur les pratiques existantes et d'en dégager quelques spécificités locales. Des efforts ont été déployés pour permettre d'élaborer une réponse rapide et une bonne circulation de l'information dans l'intérêt des usagers. La réalisation de groupes focaux sanitaire et répressif a concrétisé cette dynamique de réseau. Un dispositif associé d'analyses de produits collectés (Sintes) apporte un éclairage supplémentaire aux recueils de données qualitatives. Ainsi, l'année passée, des collectes ont permis de contribuer à la surveillance du PMA (paraméthoxyamphétamine). Cette année, d'autres substances ont été décelées, comme le tilétamine et la méthorphane (DXM) ainsi que des doses importantes de MDMA. Ces informations sont relayées par des alertes sanitaires et diffusées sur le site ainsi qu'en France.

Parmi les principaux points marquants de cette année il convient de retenir que :

Lille

par Madiou Sampil

Les informations recueillies auprès des structures d'accueil appartenant au dispositif Trend dans les espaces festifs et urbains sur le site de Lille montrent, en 2001, que la consommation des opiacés est plus répandue que celle des autres produits.

Parmi ces produits opiacés :

Lyon

par Catherine Miachon et Clotilde Hamant

Présenté en juillet 2002 le premier rapport de site fait apparaître pour 2001 de grandes tendances de diffusion des produits psychoactifs en circulation.
Les profils des usagers et leur évolution sont, en revanche, des dimensions pour lesquelles le repérage demande plus de temps, et ne fait donc pas l'objet d'un résumé pour l'année 2001.

Les produits

Rennes

par Marie-Pierre Briand

 Les données recueillies sur le site de Rennes résultent de différentes approches :

Les produits

Les usagers

On note un phénomène de rajeunissement des usagers, d'une part autour des pratiques festives, et d'autre part autour de la consommation de Subutex® en ville. La médiatisation des free parties a attiré un nouveau public, plus jeune, moins expérimenté en matière de produits psychoactifs de synthèse et opiacés. Contrairement à ce qui se passait avant, l'initiation ne se fait plus par les "anciens", plus expérimentés, et la méconnaissance des risques liés aux consommations et polyconsommations reste un phénomène majeur.
On note également un phénomène de passerelle entre les univers culturels des usagers de drogues : les liens sont fréquents entre le public de la rue et le public festif. Les lycéens sont également présents sur les sites festifs. La disponibilité et la diversité des produits consommés seraient en augmentation dans tous les univers de consommateurs. On observe que les consommations de produits initialement réservés au milieu des raves se développent ainsi dans les festivals officiels.
Enfin, la polyconsommation (association de produits de toute sorte), même occasionnelle, est de plus en plus fréquente au sein notamment du milieu festif. Les usagers (notamment les plus jeunes) disposent de très peu d'informations objectives sur les produits et leurs effets. Ils sont très demandeurs d'informations objectives de la part du monde adulte.

La situation en Ille-et-Vilaine et en Bretagne

Si l'on s'interesse aux consommations des jeunes, il semblerait que l'expérimentation et l'usage répété de certains produits psychoactifs soit légèrement plus importante chez les jeunes bretons par rapport à la moyenne nationale.
Ceci est vrai pour toutes formes d'usages du tabac, pour l'expérimentation de l'ivresse, et surtout pour le cannabis. En revanche, si l'expérimentation de l'alcool semble plus précoce chez les jeunes bretons2, pour l'usage répété d'alcool les taux observés en Bretagne sont proches de ceux du reste de la France. Les seuls produits pour lesquels la prévalence est inférieure en Bretagne sont les médicaments psychotropes et ce, uniquement pour les filles, les garçons déclarant un usage très proche de ceux de leurs homologues du reste de la France. Les expérimentations de champignons hallucinogènes se situent à un niveau plus élevé en Bretagne. Tous les autres produits (ecstasy, amphétamines, speed, LSD, cocaïne, crack, héroïne, poppers...) font l'objet d'usages similaires au reste de la France.

  

Toulouse

par Serge Escots

La principale catégorie de produits à l'origine des recours à un CSST en Haute-Garonne est constituée par les opiacés. Les stimulants et hallucinogènes restent des motifs de demande de soins largement minoritaires en 2001. Les problématiques psychiatriques des usagers demandeurs sont en augmentation, ainsi que les demandes de sevrage de la BHD3. Concernant les structures de première ligne, on constate un bouleversement des produits consommés par les usagers. BHD, cocaïne et ecstasy caracolent en tête devant l'héroïne qui n'arrive qu'en 4e position.

Modes de consommation

L'injection reste une modalité importante chez les usagers plus précaires et plus en difficulté. On note une augmentation très importante du nombre de seringues de 1cc distribuées par les dispositifs de première ligne. Même si une progression des voies nasales et de l'inhalation est incontestable, l'injection reste pour ces usagers une modalité dominante.
Sur le plan global du site de Toulouse, on peut aussi, en considérant tous les publics, toutes les consommations et l'ensemble des espaces confondus, faire le constat de la progression des autres modes d'administration (buccal, nasal, inhalation), notamment en prenant en compte les lieux festifs traditionnellement moins injecteurs, ainsi que les effets de la substitution sur un nombre non négligeable de patients stabilisés (méthadone et BHD). En revanche, pour les publics les plus précarisés et les plus en difficulté, l'injection demeure le recours majoritairement utilisé pour les principaux produits consommés.

Produits



1- Tetrahydrocannabinol : principe actif du cannabis
2- Enquête Escapad, OFDT,2001 : Enquête sur la santé et les comportements lors de l'appel de préparation à la défense. Enquête menée auprès de jeunes de 17-18 ans en 2000 et 2001 lors de la journée d'appel de préparation à la défense.
3- BHD : buprénorphine haut dosage. Le subutex® est la dénomination commerciale de la BHD.