Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 27

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Actualité

Quelle politique en matière de drogues ?

par La Rédaction

Les récentes échéances électorales ont correspondu à la fin du plan gouvernemental triennal "drogues et dépendances" (juin 1999-juin 2002) animé par la Mildt. Ces trois années ont mobilisé le secteur (grand public, usagers, professionnels...) de façon forte et positive : amélioration des connaissances, communication large, évolution de l'offre de soins basée en particulier sur un rapprochement entre les produits licites et illicites...
Or, l'actualité est marquée par des restrictions budgétaires, des rumeurs sur des fermetures de structures, une impression de remise en question de la "lutte contre la toxicomanie et les pratiques addictives".

Il semble au contraire que de nouvelles orientations (sur 3 ans ou sur 5 ans ?) devraient se faire en continuité de l'action engagée par l'Etat, en dehors de toute considération "politicienne". Le défi est de respecter les grandes forces mises en œuvre ces dernières années et de développer certains champs :
- Tout d'abord travailler sur la durée, en évitant les effets d'annonces ou des réponses superficielles à des opinions inquiètes. Les actions des différents ministères doivent être coordonnées: dans ce domaine en particulier, la cohérence est indispensable. Ainsi, la répression, la gestion des affaires par les tribunaux, la mise en place des soins, doivent se faire dans une réelle logique sociale.
- Les évolutions législatives sont souhaitables pour intégrer l'évolution des produits et des modes de consommations.
- La prévention et les formations devraient être assurées par des professionnels et s'adresser à différents publics, en adaptant à chaque fois les discours et en utilisant des outils validés. La communication grand public doit être poursuivie, en privilégiant une information validée, permettant une maturation des opinions sur les risques réels courus lors de l'usage de substances psychoactives.
- Les différentes professions, les villes, l'administration, et les usagers doivent participer à l'élaboration de programmes et d'actions.
- Les enjeux fondamentaux sont la prévention et le soin de l'usage nocif des substances psychoactives d'une part, de la dépendance à ces substances d'autre part, qu'elles soient licites ou illicites. Le bénéfice attendu est individuel (amélioration de la santé physique, psychologique, et de l'insertion sociale), et de santé publique (protection améliorée des populations et prévention des dommages ou épidémie).
- Le soin doit prendre en compte les aspects médicaux, psychologiques et sociaux. La palette des "outils" doit être la plus large possible, adaptée aux besoins quantitatifs et qualitatifs définis dans un secteur donné. Ainsi, chaque région doit pouvoir proposer des soins d'accueil bas-seuil et d'hygiène, des médecins ou structures de premier recours formés, des spécialistes travaillant en réseaux, assurant sevrage, substitution, thérapies de différentes orientations, et enfin des structures d'hébergement. Les propositions de soins doivent tenir compte des possibilités d'une personne à un moment donné de son parcours, la première des étapes représentant une réduction des risques.
- Les recherches, les études épidémiologiques, les connaissances, doivent être développées afin de comprendre les différents aspects de la dépendance et des produits en cause, et de fournir des bases de communication et d'adaptation des soins.

Tous ces aspects doivent être en cohérence avec les orientations des partenaires européens, et respecter les professionnels en leur donnant les moyens d'une capitalisation de leur expérience et des budgets pérennes, ceci en accord avec les valeurs de solidarité de notre société.