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SWAPS nº 26

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Edito n°26

par Gilles Pialoux

Parce que la contamination par le virus de l'hépatite C (VHC), jusqu'alors sous-estimée et insuffisamment prise en compte, concerne en France 25 à 30% des séropositifs pour le VIH, 25% des détenus et plus de 60% des usagers de drogues -pas uniquement par voie veineuse-, il nous a semblé opportun d'entrouvrir le dossier. A commencer par une question centrale: celle de la prise en charge des usagers atteints par le VHC qui peu à peu semble se modifier, s'améliorer.

En filigrane de la dernière conférence de consensus figure, par exemple, le fait que la ponction biopsie hépatique (la PBH) ne doit plus apparaître comme un condition sine qua non de l'accès aux soins. Parce qu'aussi les dernières recommandations françaises sur la lutte contre le VIH et le VHC soulignent parfaitement les spécificités des usagers VHC+ : appréhension forte vis-à-vis de la PBH (voir l'article "Réticence en tous genres") et des effets secondaires de l'interferon (ainsi que son mode d'administration qui peut réveiller certains démons chez quelques "anciens"), question des produits de substitution et de leurs possibles interactions avec les traitements du VIH ou du VHC, question de l'alcoolisation associée... On sait qu'en en France le fait d'être (ex-) usager, d'avoir une consommation d'alcool excessive, d'être coïnfecté par le VIH ou, plus largement, d'être perçu comme a priori peu compliant à l'hospitalisation ou aux traitements induit une perte de chance pour celui qui est aussi VHC+. Une perte de chance d'autant plus cruelle que des alternatives à la PBH se développent çà et là (voir l'encadré dans l'article "Les difficultés de prise en charge chez les patients usagers de drogues"), que l'on peut guérir de l'hépatite C et même, bien plus rarement il est vrai, de la cirrhose post-hépatite C et que dans le meilleur des cas thérapeutiques une bithérapie anti-VHC peut donner un taux de guérison supérieur à 80%. Il est même clairement établi que l'on peut, dans certaines conditions virologiques favorables, traiter une hépatite C sans passer par la case biopsie si celle-ci -et c'est souvent le cas- pose problème et soucis.

De tout cela, dans un pays où la prévalence de l'infection VHC est de 1,2% et l'incidence annuelle de 5000 nouveaux cas dont 70 % chez les usagers de drogues, il nous semblé utile de débattre.