Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 25

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Spécial élections présidentielles

Les candidats répondent à nos questions (4/5)

Croyez-vous à une société sans drogues ?

François Bayrou : Non, chaque société a toujours eu ses drogues. Mais aujourd'hui on assiste à une telle démultiplication de l'offre (et donc de la demande) que l'époque est quand même bien spécifique. Il faut mener une réflexion sur la place du produit dans la vie des individus et les possibilités qu'on peut proposer pour résoudre la souffrance (ou trouver le plaisir) autrement que par des ingestions massives et répétitives de produits. C'est une question humaine qui se pose, à laquelle toute les sociétés se doivent de réfléchir...

Jacques Chirac : La toxicomanie révèle des souffrances intimes qui ne datent pas d'hier. Le fait nouveau, je crois, est que, longtemps restée secrète et limitée, la consommation de drogues s'est considérablement accrue depuis plusieurs décennies pour devenir un véritable fléau. Il nous faut impérativement lutter contre la banalisation. Je sais que l'objectif d'une société sans drogue est un objectif ambitieux. C'est pourtant le mien. Il est de la responsabilité des pouvoirs publics et de tous les acteurs sociaux d'apporter des réponses adaptées aux souffrances humaines ; aux situations ou aux moments de fragilité. La toxicomanie est toujours la plus mauvaise des réponses.

Robert Hue : Je partage l'idée qu'il "n'y a pas de société sans drogues". Pour autant, je pense que les drogues ne sont pas des marchandises comme les autres dont il s'agirait de banaliser l'usage. Toutes, licites ou non, peuvent avoir des conséquences négatives, sur la santé, la capacité à maîtriser sa vie, l'environnement des personnes consommatrices. Les politiques répressives n'ont rien réglé. Il faut initier des politiques publiques novatrices, respectueuses des personnes, visant à leur permettre à tout moment des choix, comme individus responsables et autonomes. Cela va de pair, je le répète, avec une répression plus déterminée du trafic et du blanchiment de l'argent.

Lionel Jospin* : C'est de l'utopie. Mais ce n'est pas pour autant qu'il ne faut pas chercher à limiter la consommation, à lutter contre ses conséquences.
* la réponses a été rédigée par Charlotte Brun, présidente du MJS

Corinne Lepage : Je ne crois pas à une société sans drogues car elles ont de tout temps existé ; j'appelle, en revanche, de mes voeux une société dans laquelle la drogue en général ne serait plus la source de toutes les criminalités.

Noël Mamère : Une société sans drogues n'existe pas. Le tout est une question d'information, de prévention, notamment chez nos publics adolescents et jeunes, qui ne doit pas avoir un point de vue moral mais un point de vue qui défend la réduction des risques, donc une vraie politique de santé publique.

Bruno Mégret : Oui, je crois à une société ressourcée dans ses valeurs de civilisation, ses codes sociaux et son identité profonde, c'est-à-dire une société qui ne soit plus une juxtaposition d'individus isolés ou de groupes humains hostiles, mais de nouveau une communauté de destin, solidaire, inscrite dans l'histoire et seule à même de relever, dans les années décisives qui nous attendent, les défis que nous lance la post-modernité. Les excès actuels entraîneront tôt ou tard un retour de balancier, un retour au réel et à l'harmonie sociale. En cela, le problème de la drogue, c'est-à-dire la consommation et le trafic de stupéfiants, redeviendrait une pratique marginale parce qu'inutile.
L'Etat doit mener la guerre à la drogue !

 

Les réponses de...