Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 25

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Spécial élections présidentielles

Les candidats répondent à nos questions (3/5)

Seriez-vous favorable à un débat parlementaire qui aborde l'usage de drogues dans tous ses aspects - judiciaires, sanitaires, sociaux et internationaux - et pas seulement répressifs ?

François Bayrou : Oui, car il faut engager un débat sur chacun des produits, leur association, leur signification et leur processus (qui va de la consommation à la dépendance). Le volet répressif ne constitue qu'un aspect du problème. La représentation nationale, et au-delà l'ensemble de la société française, doit pouvoir engager ce débat sur l'usage des drogues, un débat dépassionné, sage, mais également résolu.

Jacques Chirac : A mes yeux, la toxicomanie est toujours le révélateur de souffrances intimes. Le rôle des élus, aux côtés de bien d'autres acteurs de la société, est de tout mettre en œuvre pour déceler et traiter ces souffrances. Je suis bien entendu favorable à ce que le Parlement débatte des questions de toxicomanie.
Je reste opposé à la dépénalisation des drogues dites "douces". En effet, les expériences étrangères en ce sens, menées, par exemple, en Espagne ou aux Pays-Bas, ne me semblent pas avoir produit de résultats probants. La demande de drogues, quelles qu'elles soient, n'a pas fléchi.
Cette ferme conviction s'accompagne d'une réflexion sans tabou. La loi de 1970, qui fonde notre dispositif de lutte contre la toxicomanie, mérite aujourd'hui d'être actualisée, notamment en ce qui concerne l'échelle des peines qu'elle prévoit. Une telle révision conditionne l'efficacité de notre arsenal répressif. Je suis enfin partisan de renforcer considérablement la lutte contre le trafic de drogue au niveau national et d'améliorer la coopération judiciaire et policière internationale, afin de mieux protéger la jeunesse de notre pays.

Robert Hue : La loi de 1970 prétendait éradiquer l'usage de drogues. Elle n'a rien réglé. Au contraire, elle s'est avérée dangereuse en criminalisant les consommateurs et en éloignant les usagers des dispositifs sanitaires et sociaux. Il faut la changer. Il est temps d'ouvrir un grand débat national, de redonner sens et moyens aux politiques publiques. Le débat, selon moi, devrait viser à abroger la loi de 1970 et à la remplacer par deux lois distinctes : une grande loi de santé publique, faisant de l'information, de la prévention des conduites à risques et de l'éducation des priorités nationales ; une loi répressive contre le trafic et le blanchiment. L'Education nationale, la Justice, la Police, les professionnels de Santé, les associations et acteurs de terrains, les élus devraient, bien sûr, être partie prenante du débat et des choix à faire dans le cadre de la loi.

Lionel Jospin* : Un tel débat figure dans le programme présenté par le Parti socialiste. Cela me semble une évidence !
*Réponse rédigée par Charlotte Brun, présidente du MJS

Corinne Lepage : Je suis favorable à un large débat qui dépasse du reste le Parlement sur l'usage des drogues sous tous ses aspects.
Ceci ne signifie pas pour autant que je sois favorable à une dépénalisation de la vente du cannabis.
Mais il me semble beaucoup trop étroit d'aborder la question uniquement sous cet angle.

Noël Mamère : Sur l'aspect répressif, il s'agit par une politique antiprohibitionniste claire de s'attaquer aux profits organisés par les différentes mafias et quelques Etats que tout le monde connaît. Il faut pour abandonner la loi de 70 que le Parlement s'empare de ce sujet et réglemente les usages de l'ensemble de ces produits, à l'instar de ce qui s'est fait dans de nombreux pays de l'Union européenne (Allemagne, Pays-Bas, Belgique, etc.).

Bruno Mégret : Parce que vous croyez que la répression de la consommation des drogues dites "douces " est encore appliquée en France ? Vous savez bien que ce n'est plus le cas. Tout en considérant le phénomène dans toute la complexité de ses acceptions et de ses conséquences, notamment sociales et criminelles, j'entends au contraire renforcer la répression dans ce domaine, à commencer par faire appliquer les lois en vigueur. J'envisage en outre l'organisation d'un référendum populaire proposant le rétablissement de la peine de mort pour les crimes les plus odieux, et pour les grands trafiquants de drogue - ces "marchands de mort " - en particulier.

 

Les réponses à la quatrième question...