Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 25

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Spécial élections présidentielles

Les candidats répondent à nos questions (1/5)

Etes-vous personnellement intéressé(e) pour vous impliquer dans un débat sur l'usage des drogues et des autres substances psychoactives en France ?

François Bayrou : Bien sûr. Naturellement, les spécialistes, les médecins, les éducateurs, les associations, les consommateurs aussi, doivent avoir toute leur place dans un tel débat. Mais je crois que c'est le devoir des responsables politiques de donner leur vision de l'avenir et dire quelle société ils veulent pour leurs enfants et les générations qui suivent. Pour ma part, je dis et redis que je me trouverai toujours du côté de ceux qui se battent contre la drogue et ses ravages. C'est pourquoi, dans ce débat, je dirai mon hostilité à la dépénalisation du cannabis et des drogues douces.

Jacques Chirac : Oui, j'y suis déterminé. La campagne présidentielle est un moment approprié pour que s'effectuent de véritables choix. Nous devons dire quelle société nous voulons pour les jeunes, quelle réponse nous voulons apporter aux souffrances qu'ils expriment, comment nous entendons lutter contre la banalisation et quelle politique de santé publique nous comptons entreprendre pour lutter contre les fléaux sanitaires.

Robert Hue : J'ai donné mon point de vue sur cette question dans un document réalisé par le collectif concerné du Conseil national de mon parti. Mon intérêt pour ce débat va, bien sûr, au-delà de la période électorale. Je propose qu'il s'organise au niveau national, en partenariat avec toutes les institutions, les services de l'Etat, les parlementaires, les associations, les personnalités concernées, en vue d'engager des politiques publiques novatrices, en rupture avec la loi de 1970.

Lionel Jospin* : Les problèmes d'usage de drogues et de substances psychoactives concernent des dizaines de milliers de personnes en France, soit directement lorsqu'ils sont eux-mêmes consommateurs, soit indirectement pour tous ceux qui en subissent les conséquences. Nous ne pouvons donc que nous sentir concernés par cette question.
Il s'agit d'un problème de santé publique qui intéresse les consommateurs. Il s'agit aussi de problèmes de sécurité publique liés d'une part aux effets de certaines consommations (violences conjugales, sécurité routière... ), mais aussi aux conséquences des trafics (délinquance, violence ou blanchiment d'argent, éléments majeurs de la grande criminalité).
Réponse rédigée par Charlotte Brun, présidente du MJS

Corinne Lepage : Je souhaite m'impliquer dans un débat sur l'usage des drogues et de manière plus générale de toutes les substances susceptibles de créer une dépendance.
Cette question est une véritable question de société qui à mon sens doit être abordée de manière non idéologique et tout à fait pragmatique.

Noël Mamère : Nous avons déjà organisé plusieurs initiatives pendant la campagne sur la réduction des risques et l'ensemble des questions qui touchent aux drogues et aux toxicomanes: une réunion en Seine-et-Marne suite à la visite d'un centre d'accueil pour toxicomanes en présence de très nombreux intervenants en toxicomanie (malades, infirmiers, médecins, psychologues, éducateurs...) et une réunion spécialement sur le haschisch et la marijuana le 9 mars au Trianon organisée par le CIRC et les Jeunes Verts. Nous avons pu y développer nos positions pour le retrait de la loi de 70, la légalisation contrôlée du cannabis et pour une réglementation contrôlée médicalement et socialement de toutes les autres drogues qu'elles soient aujourd'hui légales ou illégales.
Comme vous le savez, je suis intervenu plusieurs fois dans des réunions publiques et dans les médias pour développer ces positions.

Bruno Mégret : La santé publique constitue un enjeu majeur de la France de demain. Mais la société française est en train de mourir de ses propensions au masochisme, à la permissivité, à l'explication socio-affective des phénomènes délinquants. N'en déplaise à certains groupes de pressions et associations-relais, le débat me semble tranché, tant par les responsables politiques que par les principaux scientifiques : les drogues dites " douces ", antichambres de la consommation de drogues plus dures, et donc terreau de la dépendance et de la délinquance de demain, ne sauraient être tolérées dans un Etat de droit. C'est une question de principe et de responsabilité politique.
Les Français, tout particulièrement ceux qui souffrent de voir leurs enfants s'adonner à la consommation de drogue, n'attendent pas de leurs élus un énième débat : ils veulent des mesures fermes et cohérentes pour juguler ce fléau, rétablir l'autorité de la loi et préserver tout autant les consommateurs potentiels que la société en général de l'emprise sordide et dangereuse de la drogue.

 

Les réponses à la deuxième question...