Santé
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SWAPS nº 24

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1ère conférence latine sur la réduction des risques

Un "évènement historique" pour le Relard*

par Sandra Batista

La 1ère Conférence latine de réduction des risques liés à l'usage de drogues a joué un rôle fondamental dans la consolidation des échanges d'expériences entre les pays participants.
Nous considérons cette expérience comme un évènement historique dans la mise en commun de nos actions, tant en ce qui concerne l'augmentation de la visibilité des actions de réduction de risques comme politique publique que par l'implication des protagonistes de ces actions. Le projet de partenariat établi entre le ministère de la santé du Brésil et le Relard a permis la présence d'une délégation de 7 représentants de divers projets de réduction des risques au Brésil. La présence de ces militants de la réduction des risques brésiliens a favorisé les échanges.
Egalement fondamentales, les séances plénières dans lesquelles nous avons eu l'opportunité de présenter la situation de l'usage de drogues en Amérique latine (à travers l'exposé de Silvia Inchaurraga, secrétaire exécutif du Relard) et d'avoir accès à des données semblables des représentants d'autres pays. Travailler sur des défis comme les discussions parlementaires en vue de modifier la loi et la réduction des risques en prison est fondamental pour faire avancer ces thèmes en Amérique latine.
Aujourd'hui au Brésil, la réduction des risques est une politique publique officielle, menée en collaboration avec l'UNDCP (United nations drugs control policy). Le pays réfléchit actuellement à la possibilité d'implanter des tribunaux dits "de justice thérapeutique", présentés lors de cette conférence par Edward MacRae du réseau brésilien de réduction des risques, et dont l'idée de base est d'offrir le choix entre la prison et le traitement au citoyen qui enfreint la loi sur les stupéfiants.
L'Argentine s'est fortement impliquée avec des changements récents dans sa législation. Un autre exemple serait l'Uruguay qui, à travers le président de la Junta nacional de drogas, vient récemment d'appuyer les expériences de réduction des risques développées par des membres du Relard.
Nous constatons qu'il ne s'agit pas seulement de la globalisation des informations mais également de celle des coutumes. Ainsi, nous observons une modification significative de la scène mondiale, avec différents modes d'usage de drogues qui s'inversent dans les hémisphères Nord et Sud. Avec l'augmentation des plantations de champs de pavot dans le nord de l'Amérique du Sud, l'usage d'héroïne commence ainsi à se faire de plus en plus présent dans nos pays. De plus, certains pays d'Amérique du Sud comme le Brésil et l'Argentine qui proposent des actions de réduction des risques relatives à l'usage de cocaïne injectable, pourraient contribuer, grâce à leur expérience, à aider les pays européens dans la prise en charge des usagers de cette substance dont le nombre ne cesse de croître.
Autre question qui nous préoccupe: les pressions grandisssantes exercées à l'égard de coutumes traditionnelles des peuples andins -comme la feuille de coca mâchée- sous prétexte que ces usages culturels pourraient un jour entraîner d'autres modes de consommation. Or, nous trouvons aujourd'hui dans les pays producteurs de coca comme la Colombie, la Bolivie, et le Pérou, de très faibles taux d'usage injectable et d'usagers séropositifs pour le VIH. Ce qui n'est pas le cas dans la majorité des autres pays de la région.
Fort de l'intérêt rencontré lors de cette première édition, le réseau latino-américain de réduction des risques participera activement à la prochaine conférence latine en 2003.

* Réseau latino-américain de réduction des risques : www.relard.org