Santé
Réduction des Risques
Usages de Drogues


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SWAPS nº 24

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Brèves

Brèves n°24

par La Rédaction

Méthadone: prescription élargie
Jusqu'alors réservée aux médecins exerçant en centres spécialisés de soins aux toxicomanes (CSST), la prescription initiale de méthadone devait être élargie, fin janvier, aux médecins exerçant dans les établissements de santé. Selon la modification envisagée, en cas de prescription ou de délivrance en établissement de santé ou en établissement pénitentiaire, le traitement devrait être délivré quotidiennement sous contrôle médical ou infirmier avec possibilité, dans le cadre d'une prescription en établissement de santé, de délivrance en pharmacie de ville pour les patients suivis en externe. Le suivi devait resté le même et notamment comporter, 1 à 2 fois par semaine dans les 3 premiers mois, des analyses d'urine portant sur la méthadone, les opiacés, l'alcool, la cocaïne, l'amphétamine, les dérivés amphétaminiques, le cannabis et le LSD, selon la demande du prescripteur.

Ecstasy Harry Potter
Des trafiquants de drogue australiens tentent de profiter de l'engouement suscité par Harry Potter en vendant des comprimés d'ecstasy sous le nom du célèbre apprenti-sorcier. Selon l'Association médicale australienne (AMA), un forum de discussion sur internet spécialisé dans les drogues (www.pillreport.com) fait état de la vente en Australie de comprimés Harry Potter contenant l'amphétamine MDMA, ou ecstasy. Un dessin de sorcière volant devant la lune figure sur les pilules.

La Mildt s'intéresse aux prisons
La Mission interministérielle de lutte contre ladrogue et la toxicomanie (Mildt) a engagé tous les intervenants en milieu carcéral à se mobiliser pour que la prison devienne un lieu de détection et de prise en charge des toxicomanies.
La note stipule que la prison doit désormais permettre le repérage systématique des toxicomanies (y compris l'alcool), l'accès à tous les modes de traitement (sevrage, substitution, thérapies), l'accompagnement social des usagers les plus démunis et la préparation à la sortie. Une étude de la Mildt souligne que 32% des personnes entrant en prison en 1998 déclaraient une utilisation prolongée et régulière de drogues au cours de l'année précédant l'incarcération, 33,3% une consommation excessive d'alcool et 28% faisaient état d'au moins deux consommations à risques. La Mildt constate, par ailleurs, sur la base d'un rapport de la fin 2000, que "certaines consommations se poursuivent en détention et que des contaminations sont probables, même si elles sont difficilement quantifiables".

Les effets du tabagisme passif...
L'hebdomadaire britannique The Lancet a rendu publics les résultats de l'étude European community respiratory health survey sur les effets du tabagisme passif sur la fonction pulmonaire. Une enquête dans laquelle plus 20000 personnes au total, dont 7882 non fumeurs de 20 à 44 ans, ont répondu à des questions portant sur leurs fonctions respiratoires et sur leurs rapports au tabac (fumeur, non fumeur, tabagisme d'un conjoint ou de collègues) tout en acceptant de subir des examens pour évaluer leur capacité respiratoire. Et des résultats qui "montrent globalement que le tabagisme passif est associé à une augmentation de l'oppression respiratoire nocturne et de l'essoufflement à l'effort" sans qu'aucune association entre asthme et tabagisme passif n'ait toutefois pu être mise en évidence.

 ... et ceux du cannabis
Selon l'expertise collective de l'Inserm qui vient de faire la synthèse de quelques 1200 études scientifiques sur le cannabis, cette substance favoriserait la survenue des cancers des bronches, de la bouche, du pharynx, de l'œsophage et du larynx et ces risques s'expliqueraient notamment par le mode de consommation du cannabis souvent associé au tabac ou fumé pur sous forme de marijuana. Pour les toxicologues, le D9-THC, le plus abondant des canabinoïdes recensés à ce jour dans le chanvre indien, a des effets bronchodilatateurs qui "pourraient favoriser la rétention de goudrons au niveau de la bouche, du pharynx, de l'œsophage et du larynx". Pour les experts, les effets psychoactifs du cannabis dureraient en moyenne 2 à 10 heures et se caractériseraient par un état de somnolence, une euphorie et une sensation de bien-être qui s'accompagnent d'une détérioration de la perception temporelle et d'une incapacité à accomplir certaines tâches complexes.

Les bienfaits du Cabernet Sauvignon
Une étude parue dans la revue britannique Nature vient au secours de la théorie dite "du paradoxe français". Selon cette étude, réalisée par une équipe de L'Ecole de médecine de Londres, "les composés polyphénoliques contenus dans les vins rouges obtenus à partir des raisins du cépage Cabernet Sauvignon empêchent la production d'enthothéline-1, un peptide qui rétracte les vaisseaux sanguins" et qui est un "facteur reconnu de développement de maladies coronariennes".

L'"illusion" des cigarettes light
Un rapport de l'Institut américain du cancer dément l'inocuité des cigarettes light. Publié à Genève, ce rapport affirme que "les cigarettes à faible taux de goudron n'ont pas réduit les risques pour la santé des fumeurs". "Le consommateur lorsqu'il passe d'une cigarette ordinaire à une cigarette à faible taux de goudron, ajuste sa façon de fumer pour en retirer sa dose habituelle de nicotine, par un effet dit de "compensation"". Et le rapport de dénoncer la promotion par les cigarettiers de "l'illusion de réduction des risques".

Maryland : la fumée des voisins
Un Comté de l'Etat du Maryland vient de voter l'une des lois les plus strictes contre les fumeurs en instituant de lourdes amendes pour les personnes fumant chez elles et dont la fumée incommode les voisins. Si la fumée de cigarette pénètre chez les voisins par une porte, une fenêtre ou un système de ventilation, ceux-ci pourront se plaindre auprès de l'agence de protection de l'environnement.

L'OEDT au rapport
Selon l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), les drogues synthétiques et maladies infectieuses font l'objet d'une "attention particulière" en Europe. L'OEDT, qui fait état "d'augmentations possibles" de la transmission du VIH par les usagers de drogue par voie intraveineuse en Autriche, au Luxembourg, au Portugal et en Finlande, estime par ailleurs que le virus de l'hépatite C "continue de se propager de façon importante". D'après ce document, le nombre de décès par surdose reste stable, oscillant entre 7000 et 8000 dans l'Union européenne, mais les consommateurs d'opiacés ont toutefois, à tranche d'âge équivalente, un taux de mortalité plus de vingt fois plus élevé que l'ensemble de la population.
Le rapport s'interroge également sur les drogues synthétiques pour se demander si leur consommation peut à long terme engendrer des "effets irréversibles ou non sur le cerveau" indiquant que chez les grands consommateurs d'ecstasy "on relève de plus en plus de lésions des neurones sérotonergiques".